Porté disparu depuis le 3 juin, recherché pour de lourdes accusations de viols, de détournement de mineurs et d’actes contre nature, le guide religieux a été retrouvé sans vie dans un silo à Bambilor. Une découverte macabre qui, loin de clore le dossier, soulève une cascade de questions.
Une première autopsie a été réalisée à l’hôpital Idrissa Pouye de Grand-Yoff, mais elle n’a pas été suivie de communication officielle sur les causes du décès. Pis, selon Le Quotidien, la famille n’a reçu aucun rapport, laissant la voie libre aux soupçons, doutes et spéculations. Pourquoi ce silence ? Que cache-t-il ?
Face à l’opacité, une contre-autopsie a été ordonnée à l’hôpital Principal de Dakar, pendant que la Section de recherches et la police scientifique poursuivent leur enquête sur les lieux liés au défunt. Le corps, exhumé sur instruction du procureur de Rufisque, devait être restitué ce mardi à la famille. Mais la levée a été reportée sine die, prolongeant l’attente douloureuse des proches qui espéraient organiser les funérailles à Kelle, le village natal du défunt.
Entre douleur et colère, la famille de Serigne Issa Touré réclame la vérité. Elle rejette catégoriquement la thèse du suicide, avancée officieusement par certains, et exige que la lumière soit faite sur les circonstances exactes du drame. « Il faut lever toutes les zones d’ombre pour pouvoir faire le deuil dans la dignité », confient des proches au journal.
Dans une affaire aussi sensible, où se mêlent mysticisme, dérives présumées et pressions sociales, la transparence judiciaire est plus que jamais attendue. La vérité, si elle tarde, risque d’être étouffée sous le poids du silence institutionnel.