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Chasse aux « dissidents » : Pastef, un climat de loyauté sous tension

Chasse aux « dissidents » : Pastef, un climat de loyauté sous tension

Face aux premières secousses du pouvoir, Pastef révèle ses fissures internes. Selon L’Observateur, le parti au pouvoir est désormais traversé par des lignes de fracture de plus en plus visibles entre une base militante radicalement fidèle à Ousmane Sonko et un Président Bassirou Diomaye Faye accusé de modération excessive. Une situation explosive qui alimente un climat de loyauté conflictuelle et une chasse aux dissidents, notamment sur les réseaux sociaux.

Le journal rapporte que dès les premières semaines de gouvernance, les tensions sont montées d’un cran. Alors que Sonko et Diomaye Faye affichent une entente apparente au sommet, la base militante, elle, se crispe. « Diomaye n’a aucun pouvoir réel, c’est Sonko qui dirige », confie un militant cité par L’Obs.

Une publication jugée excessive sur Facebook a servi de déclencheur. D’un côté, les « radicaux » campent sur leur allégeance à Sonko, de l’autre, certains plaident pour une affirmation pleine de l’autorité présidentielle de Diomaye.

Cette dualité s’est cristallisée lors d’un live Facebook du ministre de l’Urbanisme Balla Moussa Fofana, appelant à « suivre le Président Diomaye Faye », perçu comme une atteinte au leadership de Sonko. Pour de nombreux militants, c’est une « lèse-majesté ».

Diomaye confronté à son héritage politique
Toujours selon L’Obs, Balla Moussa Fofana, actuel porte-parole de la Présidence, a été renvoyé à un ancien post Facebook de 2023 où il affirmait : « Si je devais choisir entre Diomaye et Sonko, je choisirais Sonko. » Cette déclaration, bien que datée, lui vaut aujourd’hui des accusations de manque de loyauté.

Dans l’entourage de Sonko, on relativise. Un cadre déclare au journal : « Diomaye est le Président, nous devons le respecter, mais Sonko reste notre boussole. » Pourtant, pour certains observateurs, cette ambiguïté est problématique.

Le politologue Kassé, interrogé par L’Obs, prévient : « Il est difficile de construire une base saine avec un double leadership. Cela devient instable. »

Le poids de Sonko, le dilemme de Pastef
Ousmane Sonko, Premier ministre et figure fondatrice du Pastef, continue d’incarner la ligne idéologique dure du mouvement. Son maintien au gouvernement, selon L’Obs, est interprété comme un aveu de faiblesse stratégique : « Sonko a tenu à rester dans l’appareil pour compenser le manque de stature de Diomaye. »

Le discours du Premier ministre lors du conseil interministériel du 10 juillet, dénonçant l’existence de « clans et factions » dans l’administration, est vu comme une mise en garde à certains éléments zélés du parti.

Une épreuve politique décisive
Le journaliste Mamadou Sy Albert estime dans L’Observateur que cette crise était prévisible : « Pastef a grandi trop vite, sans mécanisme d’harmonisation interne. Aujourd’hui, avec le pouvoir, la verticalité écrase les convictions. »

Les réseaux sociaux deviennent le théâtre de conflits larvés : accusations croisées, blocages, bannissements. La confusion règne sur la ligne politique officielle, tandis que les militants se divisent entre pro-Diomaye et inconditionnels de Sonko.

Pour nombre d’analystes, la survie du projet politique de Pastef dépend d’un arbitrage clair entre fonction institutionnelle et autorité militante.

Un responsable du parti, cité anonymement par L’Obs, tempère : « Il y a des débats, c’est sain. Ce n’est pas une crise. Mais Pastef est à un tournant : soit il devient un parti de gouvernement, soit il se replie dans l’agitation. »

Le politologue Assane Sy conclut dans les colonnes du journal : « Pastef doit construire une culture de gouvernement, et vite. Sinon, la fracture entre la base et l’État sera irréversible. »


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