Sept longues années d’attente, de promesses non tenues et de précarité. C’est le quotidien amer que vivent les commerçants du marché Tilène de Ziguinchor, toujours contraints d’exercer dans des conditions déplorables malgré la reconstruction achevée de leur lieu de travail. Aujourd’hui, ils lancent un cri de détresse et d’exaspération : ils réclament la réouverture immédiate de leur marché.
Tout a commencé par un incendie dévastateur qui, il y a sept ans, a réduit en cendres une grande partie du marché. En réponse, les autorités avaient promis une reconstruction financée par l’État. Depuis, les bâtiments ont été érigés, les étals installés, les allées aménagées. Mais les portes du marché restent désespérément closes.
En attendant l’ouverture officielle, les commerçants sont livrés à eux-mêmes. Privés d’un abri digne de ce nom, ils vendent tant bien que mal aux abords du marché, exposés aux intempéries et à l’insécurité.
« Depuis sept ans, nous sommes à la belle étoile. On vend sous le soleil, on court sous la pluie, on dort dans l’insécurité. Ce n’est plus tenable », déplore Ousmane Faye, président de l’Association des commerçants du marché Tilène.
Selon lui, plusieurs commerçants ont été victimes de vols nocturnes. Et malgré les efforts pour s’organiser, la situation devient de plus en plus insoutenable.
Ce qui révolte encore plus les commerçants, c’est le contraste flagrant entre des infrastructures prêtes à l’emploi et leur mise en attente prolongée.
« Comment comprendre que des installations modernes, achevées depuis des mois, restent inaccessibles pendant que les vendeurs galèrent dehors ? C’est incompréhensible ! », s’insurge encore Ousmane Faye.
Pour lui, seule une lourdeur administrative ou un manque de volonté politique pourrait expliquer ce retard inexpliqué. Face à cette situation, les commerçants lancent un appel urgent aux autorités locales, au gouverneur de région, à la mairie de Ziguinchor et au ministère du Commerce pour une ouverture immédiate du marché.
« Nous ne demandons pas de privilèges, seulement le droit d’exercer notre métier dans la dignité », plaide encore M. Faye.
Il rappelle l’importance stratégique du marché Tilène dans l’économie régionale :
« Le marché Tilène n’est pas seulement celui d’un quartier, ni même uniquement de Ziguinchor. C’est le marché de toute la Casamance, et même au-delà », insiste-t-il.
Au-delà des difficultés individuelles, c’est toute une dynamique économique qui est mise en pause. La réouverture du marché pourrait non seulement relancer les activités commerciales, mais aussi accroître les recettes fiscales locales, améliorer la sécurité sanitaire et offrir un cadre structuré aux milliers de clients et de vendeurs.
Tous les regards sont désormais tournés vers les autorités, sommées de lever les blocages et de poser les derniers jalons pour que ce marché symbolique retrouve enfin sa vocation : être un moteur du développement local et régional.