Mise en cause pour des propos jugés blasphématoires et diffamatoires contre plusieurs figures emblématiques de l’islam, l’étudiante Ndèye Ndakhata Dione a fait des aveux qui lui valent d’être déférée au parquet.
L’affaire a pris une ampleur inattendue. Initialement considérée comme une énième polémique sur les réseaux sociaux, l’interpellation de Ndèye Ndakhata Dione a viré, en l’espace de 48 heures, en un dossier explosif, avec de multiples plaintes émanant de figures religieuses sénégalaises. Placée en garde à vue ce 28 juillet par les éléments du commissariat central de Guédiawaye, l’étudiante de 28 ans, en Master 2 à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, n’a pas tardé à reconnaître une partie des faits qui lui sont reprochés.
Dans ses déclarations devant les enquêteurs, Ndèye Ndakhata Dione, sous le pseudo « madamefall0209 », a reconnu avoir publiquement insulté contre Baye Niass deux qualificatifs particulièrement violents qui ont provoqué l’ire de la famille nassène et d’autres figures religieuses. « J’ai compris que j’étais allée trop loin », a-t-elle déclaré chez l’Aumônière de Guédiawaye.
Elle a aussi affirmé que Cheikh Ahmed Tidiane n’avait rien reçu du Prophète et que le « Salatoul Fatiha » ne provenait pas de la Sunna, un discours perçu comme une négation directe des fondements de la Tijaniyya, l’une des confréries les plus influentes du pays. Célibataire et mère de deux enfants, l’étudiante avait été cueillie chez elle au quartier Doro Aw de Guédiawaye. Dans sa défense, elle a tenté de se distancer du projet organisé ou militant contre les autorités religieuses. « Je n’ai pas mesuré la gravité de mes propos, je fais mes prières seule, sans forcément suivre les écoles classiques. »
Son discours – à rebours de l’orthodoxie des confréries classiques – a été considéré comme dangereux, selon des sources sécuritaires, car en rupture avec les normes établies au Sénégal entre État et courants de la Sunna. Malgré ses justifications et tentatives d’apaisement, les plaignants ne décolèrent pas. Trois représentants de familles religieuses, Serigne Bara Mbacké, El Hadji Malick Sy et El Hadji Fallou Mbengue, ont tous saisi la justice pour diffamation, injures publiques, incitation à la haine et offense aux croyances. « Ces propos portent atteinte à l’honneur de nos guides et risquent de semer la division. Nous voulons que la justice fasse son travail, notamment sur les plaintes respectives. »
Au terme de sa garde à vue, Ndèye Ndakhata Dione a été déférée, hier mercredi, au parquet près le tribunal de Pikine-Guédiawaye, pour être entendue avant extraction à la maison d’arrêt des femmes.
L’Observateur