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À Bogota, plus de 30 États unissent leurs voix contre les crimes d’Israël à Gaza

À Bogota, plus de 30 États unissent leurs voix contre les crimes d’Israël à Gaza

À l’initiative du Groupe de La Haye, un sommet international d’urgence s’ouvre ce lundi 15 juillet à Bogota, en Colombie, pour tenter de mettre fin au conflit dévastateur qui ravage la bande de Gaza depuis octobre 2023. Une trentaine d’États issus des cinq continents se retrouvent autour d’un objectif central : adopter des mesures concrètes et coordonnées pour faire respecter le droit international et mettre un terme aux violences.

Alors que les négociations indirectes entre Israël et le Hamas stagnent, que les puissances occidentales se montrent réticentes à condamner les violations du droit humanitaire, et que la communauté internationale semble paralysée, cette rencontre se veut un tournant. « Ce sommet n’est pas une réunion pour exhorter ni pour condamner. Il s’agit d’appliquer, ensemble, le droit existant par des mesures politiques et juridiques concrètes », a expliqué Guillaume Long, conseiller principal du Groupe de La Haye.

La réunion, co-organisée par la Colombie et l’Afrique du Sud, se tient dans un contexte d’urgence extrême. Plus de 58 000 morts, majoritairement des femmes et des enfants, ont été recensés à Gaza. La dévastation du territoire palestinien met en lumière l’échec criant des mécanismes internationaux de protection des civils.

Une coalition née de l’indignation
Le Groupe de La Haye a été créé le 31 janvier 2025 à l’initiative de pays comme l’Afrique du Sud, la Malaisie, la Colombie, la Namibie et le Sénégal. Leur objectif : sortir de la passivité diplomatique face à ce que beaucoup qualifient désormais de génocide. « Si la Palestine meurt, l’humanité meurt », avait déclaré le président colombien Gustavo Petro en mai 2024, en annonçant la rupture de ses relations diplomatiques avec Tel-Aviv.

À ce jour, le groupe s’est engagé à soutenir les actions judiciaires engagées, notamment la procédure intentée par Pretoria contre Israël devant la Cour internationale de justice, et à bloquer toute livraison d’armes vers l’État hébreu. Le sommet de Bogota entend renforcer cette dynamique et étendre le cercle des États décidés à agir.

Objectif : peser collectivement sur le cours de la guerre
Ce sommet, qualifié d’événement historique, va au-delà des frontières du Sud global. Des États européens (Irlande, Slovénie, Norvège, Espagne, Portugal) et du Moyen-Orient (Liban, Oman, Irak, Qatar) seront présents, aux côtés du Chili, du Brésil, de l’Algérie et du Botswana. La France a été conviée, sans avoir donné de réponse officielle à ce jour.

Des représentants de l’ONU sont également attendus, notamment Philippe Lazzarini, directeur de l’UNRWA, et Francesca Albanese, rapporteuse spéciale pour la Palestine, aujourd’hui dans le collimateur des États-Unis. Washington a d’ailleurs annoncé des sanctions à son encontre, l’accusant d’incitation à des poursuites contre des responsables américains et israéliens.

Parmi les pistes discutées figurent : l’interdiction du transit maritime d’armes vers Israël, le soutien aux mandats d’arrêt délivrés par la CPI contre Benyamin Netanyahu et Yoav Gallant, et l’application de la résolution de l’ONU du 18 septembre 2024, qui exige la fin de l’occupation israélienne avant le 18 septembre 2025.

« Ce n’est pas une rencontre symbolique, mais une tentative coordonnée de faire respecter la Charte des Nations unies », insiste Guillaume Long. Le sommet veut relancer le multilatéralisme, dans l’esprit des campagnes internationales contre l’apartheid sud-africain dans les années 1970, qui avaient abouti à un embargo sur les armes décrété par le Conseil de sécurité.

Une alternative au silence des puissants
Alors que l’Union européenne débat à Bruxelles de l’article 2 de son accord d’association avec Israël, le sommet de Bogota offre une alternative aux lenteurs diplomatiques et au silence jugé complice des grandes puissances. « Le peuple palestinien mérite justice. L’histoire nous jugera sévèrement si nous ne répondons pas à son appel », a averti Gustavo Petro dans une tribune publiée dans The Guardian.

Après plus de 600 jours de guerre, alors que 2,3 millions de Palestiniens survivent dans des conditions humanitaires extrêmes, cette rencontre à Bogota apparaît pour beaucoup comme la dernière chance pour sauver l’universalité du droit international. Le monde entier observe.


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