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Crash d’Air India : l’enquête écarte l’hypothèse d’un problème technique majeur

Crash d’Air India : l’enquête écarte l’hypothèse d’un problème technique majeur


Ahmedabad, Inde – Un mois après le tragique accident du vol Air India ayant causé la mort de 260 personnes, les premiers éléments de l’enquête technique orientent vers une erreur humaine rarissime, selon les conclusions préliminaires rendues publiques cette semaine.

Le 12 juin dernier, un Boeing 787 Dreamliner s’est écrasé quelques instants après son décollage de l’aéroport d’Ahmedabad. Le choc a été immense en Inde comme à l’international. Dès les premières images, les analystes ont été surpris par l’absence d’explosion ou d’incendie moteur, éléments généralement observés lors d’un crash à cette phase du vol. L’analyse des boîtes noires vient aujourd’hui confirmer une hypothèse glaçante : les deux moteurs auraient été coupés manuellement depuis le cockpit, à quelques centaines de pieds seulement du sol.

Interrogé par RFI, Xavier Tytelman, consultant en aéronautique, juge cette hypothèse « étonnante » mais crédible. « Le rapport indique que les switchs d’alimentation moteur ont été placés en position coupée. Il ne s’agit pas d’un défaut automatique ou d’un impact extérieur, mais bien d’une action volontaire sur le tableau de bord », explique-t-il. Les échanges enregistrés dans le cockpit confirment la surprise des pilotes eux-mêmes : « C’est toi qui a coupé le moteur ? », interroge l’un. « Mais non, j’ai rien fait », répond l’autre.

Un acte involontaire, pas un sabotage
L’hypothèse d’un sabotage ou d’un suicide semble être écartée à ce stade. Selon Tytelman, un suicide supposerait un comportement affirmé et déterminé, ce que ne reflètent pas les enregistrements. En revanche, un acte involontaire, voire la conséquence d’un malaise ou d’une perte de conscience momentanée, reste plausible. « Il faut tirer une commande de sécurité avant de pouvoir couper un moteur. C’est une action manuelle consciente, impossible à réaliser accidentellement ou en accrochant sa manche », précise-t-il.

Un précédent cas est cité par l’expert : un pilote victime d’un accident vasculaire cérébral (AVC) avait, dans un réflexe incontrôlé, abaissé les commandes moteur au décollage. Le scénario reste cependant extrêmement rare. « Cela n’est arrivé qu’une seule fois dans l’histoire, à ma connaissance », note Tytelman, qui souligne l’importance des suivis médicaux stricts imposés aux pilotes commerciaux.

Une enquête jugée fiable
Les conclusions préliminaires ont été élaborées par les autorités indiennes en collaboration avec des représentants américains et le constructeur du moteur. « Il n’y a aucun doute sur la fiabilité de cette analyse », affirme Xavier Tytelman. Il écarte ainsi tout soupçon de falsification ou de pression politique : « L’Inde a sollicité la coopération internationale, ce qui renforce la transparence du processus. »

L’enquête finale prendra encore plusieurs mois, voire un an. Si un défaut technique majeur était identifié, des mesures correctives immédiates seraient exigées auprès de Boeing ou du motoriste. En l’absence de telles alertes dans les jours qui suivent, la thèse d’un facteur humain devrait être confirmée.
 
 


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