Le sommet entre cinq chefs d’États africains et le gouvernement Trump s’est terminé ce vendredi 11 juillet à Washington, après trois jours de discussions. À l’arrivée, pas d’accord majeur conclu, mais des échanges qui ont jeté les bases de nouveaux partenariats économiques, ainsi qu’une demande un peu particulière des États-Unis.
Pendant près de trois jours dans la capitaine américaine, l’accent aura été mis sur le commerce. Lors d’entretiens bilatéraux au département d’État, les cinq dirigeants africains conviés – le Gabonais Brice Oligui Nguema, le Bissau-Guinéen Umaro Sissoco Embalo, le Mauritanien Mohamed Ould Ghazouani, le Libérien Joseph Boakai et le Sénégalais Bassirou Diomaye Faye – auront pu discuter des futurs partenariats, rapporte notre envoyé spécial à Washington, Pierre Olivier.
Chacun a pu vanter les atouts de son pays pour les investisseurs américains : la stabilité politique pour le Sénégal, les ressources minières pour le Gabon, le Libéria et la Guinée-Bissau, le rôle et la place au sein du Sahel pour la Mauritanie… Autant d’atouts qui ont manifestement intéressé les États-Unis, qui ont également en tête de renforcer la lutte contre le terrorisme et le crime organisé dans toute l’Afrique de l’Ouest, y compris en mer, pour lutter plus efficacement contre la piraterie dans le golfe de Guinée.
Mais avec Donald Trump, qui a fait fortune dans les affaires, on n’obtient jamais rien sans contrepartie. Le Wall Street Journal a été le premier à révéler qu’avant même le déjeuner du mercredi 9 juillet à la Maison Blanche, l’administration Trump a demandé à ces cinq dirigeants d’accueillir dans leur pays des criminels faisant l’objet d’un ordre d’expulsion des États-Unis, mais que leur État d’origine refuse de reprendre. Le quotidien américain s’appuie sur un document envoyé aux ambassades américaines en Afrique.
Dans une interview accordée à la presse de son pays, jeudi 10 juillet, le président du Liberia Joseph Boakai a confirmé que la question des demandeurs d’asile a été abordée lors du déjeuner de mardi à la Maison Blanche. Il a toutefois démenti toute pression de la part de Donald Trump.
« Ils n’obligent personne, mais ils veulent que nous sachions que c’est une préoccupation pour eux et qu’ils nous demandent comment nous pouvons contribuer ou aider » a-t-il indiqué au média Front Page Africa. « Nous devons leur montrer que cette relation est une préoccupation commune (…) c’est une question à laquelle nous devons réfléchir », ajoute-t-il, sans préciser l’état d’avancement des discussions entre son pays et les États-Unis sur ce sujet. On ne connaît pas, pour l’instant, la réponse des cinq dirigeants africains.