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De l’alloco ou du yamba ? À Thiès, un chauffeur malien jure avoir confondu banane frite et chanvre indien

De l’alloco ou du yamba ? À Thiès, un chauffeur malien jure avoir confondu banane frite et chanvre indien

C’est une histoire à la frontière du burlesque et du drame judiciaire que la Chambre criminelle du Tribunal de grande instance de Thiès a entendue ce mercredi 25 juin 2025. Au cœur de cette affaire : D. Diarra, 39 ans, chauffeur malien, accusé de trafic international de chanvre indien et de contrebande. Sa défense ? Il croyait transporter… de l’aloco, ces bananes plantains frites très prisées en Afrique de l’Ouest.
 
Une course entre amis… et un aller simple vers la MAC
 
Les faits remontent à 2021. D. Diarra accompagnait un ami, Bouya, dans un voyage en camion depuis le Mali vers le Sénégal. Objectif : convoyer de la marchandise jusqu’à Sandiara, un village connu pour sa proximité avec les routes commerciales. C’est là, au cœur de la forêt, que tout bascule.
 
Bouya gare le camion, demande à son ami de rester sur place, le temps d’aller chercher un véhicule « clando » pour effectuer une livraison. Mais à peine son acolyte parti, les douaniers débarquent et fouillent le chargement. Verdict : 280 kg de chanvre indien soigneusement dissimulés dans les sacs.
 
Diarra est arrêté sur-le-champ et placé sous mandat de dépôt à la Maison d’arrêt et de correction de Thiès. Trois ans plus tard, il se retrouve devant les juges pour répondre de ces faits lourds de conséquences.
 
 « Je croyais que c’était de l’aloco »
 
À la barre, D. Diarra joue la carte de l’innocence totale. « Je ne savais pas que c’était de la drogue, je croyais que c’était de l’aloco », lance-t-il sans sourciller. Il précise que le camion appartenait à Bouya, et qu’il avait simplement accepté, moyennant 50 000 FCFA, de l’aider à convoyer la marchandise.
 
Il admet avoir été seul sur les lieux au moment de l’arrestation, mais nie toute implication volontaire : « J’ai juste attendu pendant qu’il allait chercher un véhicule pour livrer la marchandise ».
 
Le doute au cœur du réquisitoire
 
Le procureur de la République, conscient de la difficulté à prouver la connaissance réelle du contenu par l’accusé, a requis l’acquittement au bénéfice du doute. Un réquisitoire rare dans ce type de dossier, où les présomptions de complicité pèsent souvent lourd. Mais ici, l’absence de preuves tangibles sur l’intentionnalité a ouvert une brèche dans la procédure.
 
Verdict attendu le 29 juillet
 
La justice n’a pas encore tranché. Le verdict est attendu le 29 juillet 2025. D’ici là, D. Diarra reste détenu. Son sort dépendra de la capacité du tribunal à distinguer entre naïveté complice et ignorance sincère.


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