Après deux décennies d’interruption scolaire, Mane Faye a brillamment décroché son baccalauréat, défiant les attentes et les doutes. Mère de famille et employée dans le privé, elle illustre par son parcours la force de la détermination et la possibilité de reprendre ses rêves, quel que soit l’âge.
À 49 ans, Mane Faye a franchi une étape majeure de sa vie : décrocher enfin son premier diplôme académique majeur, le baccalauréat. Une performance rare, motivée par une volonté farouche de réussir et d’inspirer. « J’ai quitté l’école depuis plus de vingt ans pour des raisons personnelles. Mais j’ai toujours gardé l’ambition de reprendre les études », raconte-t-elle avec émotion.
Mère de deux enfants, Mane a dû jongler entre sa vie de famille, son emploi dans le privé et les révisions pour se préparer à l’examen. « Ce n’était pas facile, il fallait trouver du temps après le travail, la nuit parfois, ou pendant mes congés. Mais je voulais montrer à mes enfants qu’on peut réussir à tout âge », confie-t-elle.
Inscrite en candidate libre, elle a bénéficié du soutien de sa famille et de ses collègues. « Mon mari et mes enfants m’ont beaucoup encouragée. Ils ont compris que c’était important pour moi », ajoute-t-elle.
La réussite de Mane Faye n’est pas seulement un exploit personnel. Elle envoie un message fort à toutes les femmes, à tous les adultes qui ont un jour abandonné l’école et qui pensent qu’il est trop tard. « Ce diplôme, je le dédie à toutes les mères, à toutes les femmes qui doutent. Il faut croire en soi et persévérer », affirme-t-elle fièrement.
Elle a obtenu son bac dans la série STG (Sciences et Technologies de Gestion), avec mention.
« Qui aurait cru ? Terminale en 2025. Bac, 15 ans après.
On m’appelait Tata en classe.
Pas parce que j’étais vieille.
Mais parce que j’étais différente.
Parce que j’étais revenue.
En janvier, j’ai repris les cours.
Quatrième tentative du bac.
Et cette fois, j’y allais avec une décision ferme.
Pas de “on verra”.
Juste un “je vais jusqu’au bout”.
J’avais mon entreprise, une formation en marketing digital.
Et chaque soir, je reprenais mes cahiers.
De Mai à Juillet, plus de réseaux comme avant, plus de projets.
Juste apprendre. Comprendre. Avancer.
Le système est dur. Trop dur.
Trop de choses, pas assez de sens.
Trop de pression, pas assez d’écoute.
Les élèves retiennent sans comprendre.
Les familles comparent sans soutenir.
Il faut que ça change.
Le 7 juillet, un SMS.
ADMISE. Mention.
Silence. Fierté. Paix intérieure.
Je n’ai rien partagé avant.
C’était intime, c’était profond.
Mais aujourd’hui je vous le dis :
Il n’y a pas d’âge pour recommencer.
Il n’y a que le moment où l’on décide.
Et parfois, ce moment change une vie.
Eh oui, j’ai eu mon BAC à 40 ans Alhamdoulilah »