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Sénégal : Les vendeuses d’eau face aux prédateurs sexuels

En cette période de chaleur et de vacance, beaucoup d’élèves s’adonnent à de petits commerces pour préparer l’année scolaire. Majoritairement constituées de filles, leur présence est surtout remarquée dans les arrêts de bus et des transports en commun de la banlieue dakaroise et du centre ville. Dignes dans leur quête de revenus, ces filles et femmes font face à des prédateurs sexuels qui les côtoient au quotidien sous diverses manières.

«Quand tu vends de l’eau, certains hommes te considèrent comme une prostituée», révèle Fanta. Très en verve par le comportement de certains de ses clients, elle décide de dévoiler leur modus operandi. «Ils te proposent de l’argent et demandent de passer chez eux. Ils te disent beaucoup de choses», a-t-elle dit. Et d’ajouter : «c’est dangereux. Mais, c’est à la fille de montrer qu’elle n’est pas une prostituée qu’elle est là pour travailler et gagner sa vie sur la sueur de son front».
Sous l’anonymat, cette vendeuse d’eau de crème glacée narre comment un client voulait satisfaire son libido : « il m’a appelé pour que je lui vende de la crème. Une fois la vente faite, il m’a remis 500Frs et m’a proposé de coucher avec lui. Ce que j’ai catégoriques refusé. En sus, il m’a demandé mon numéro de téléphone, j’ai également rejeté sa requête. J’appelle toutes les autres filles dans la même situation que moi à rester fortes et courageuses sur le terrain. C’est-à-dire, à ne point céder à toute tentation venant des hommes». 
Une maman la soixantaine, vendeuse d’eau rencontrée à liberté 6 révèle que : «les filles sont exposées à des dangers et les invite à ne pas vendre en solo, plutôt en groupe. Du doigt, elle appelle une d’entre elles qui est suivie au quotidien par un inconnu. Et cette dernière de raconter : « ce gars me suit partout où je vais pour vendre de l’eau. Je ne le connais pas, mais il me fatigue trop. Quand je lui demande d’arrêter de me suivre, il refuse. Parfois, il me suit jusqu’à côté de chez moi».
Sous le sceau de l’anonymat, une autre vendeuse rencontrée à Sicap-Mbao se confesse : «nous ne pouvons pas dire tout ce que nous rencontrons sur le terrain. Nous vivons parfois des situations difficiles. Certains clients ne cessent de demander ton numéro ou ton domicile. Ils te parlent parfois de choses indécentes. On est là pour gagner notre vie et nous nous contentons de ce que nous recevons de la vente d’eau, même si c’est minime».
Et de raconter sa mésaventure avec un de ses clients : «récemment (elle a été interrogée le lundi 02 septembre) j’ai échappé à un viol. J’avais dit à un de mes clients de me faire signe s’il voit une chambre à louer. Il m’appelle pour me dire qu’il a trouvé une et qu’il veut me la montrer. Arrivée sur les lieux, il m’a retenu par le bras voulant me faire entrer dans la chambre. Je lui ai fait savoir que j’ai un mari et j’ai refusé en lui mordant pour m’échapper. Je n’ai aucun lien particulier avec lui. C’est juste un client».
Invitée à déposer une plainte à la police par une de ses camarades, elle n’a pas donné de suite favorable indiquant qu’elle a peur d’être victime d’un mauvais sort comme c’est le cas d’une de ses amies.

Jean Michel Coly



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