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Gestion des ressources naturelles : Le Congrès de la Renaissance Démocratique appelle à l’ouverture d’une enquête pour Haute Trahison.

GENESE ET EVOLUTION D’UN SCANDALE D’ETAT 

Mesdames et messieurs, de la presse, très chers compatriotes, hôtes étrangers qui vivez parmi nous,  

Ces derniers jours, une affaire qui depuis plusieurs années fait partie de  l’actualité au quotidien a connu des rebondissements dramatiques par les développements y consacrés par le Groupe britannique BBC. Elle apparaît déjà comme le plus gros scandale financier et politique du 21ème siècle, mêlant faux, corruption et trahison ayant permis la mise à disposition des ressources naturelles d’un pays parmi les plus pauvres de la planète entre les mains d’un groupe de voyous nationaux et internationaux.
De prime abord, il convient de rendre justice, et un vibrant hommage, à la Presse sénégalaise. Elle a fait un travail d’investigation et d’alerte fort remarquable, qui mérite respect et considération, dans un pays où en dépit des apparences, l’opacité est la règle et la reddition des comptes l’exception.  D’ailleurs, la plupart des faits que nous rappellerons à votre attention a été rendue publique par la Presse écrite, audiovisuelle et en ligne.
De larges extraits du fameux « rapport étouffé de l’Inspection Générale d’Etat (IGE) de 2012 relatif à l’enquête sur le dossier PetroTim / Timis, en mai 2017, sont disponibles en ligne, à travers des vidéos et des articles de la Presse.
Certains journalistes des médias audiovisuels privés y avaient consacré des analyses dont la seule différence avec les informations de la BBC, résident dans les  montants des paiements effectués à l’étranger et obtenus au Royaume uni, sans en rien atténuer la qualité du travail exceptionnel de la BBC.
Mesdames et messieurs,  
Nous allons procéder à un rappel des faits connus et vérifiables pour que désormais nul n’en ignore et pour que chacun, en ce qui le concerne, puisse en tirer toutes les conséquences qui s’imposeront.
Au demeurant, et dans la mesure où le rapport de l’IGE qui circule sur Internet a été déclaré par le Ministre de la justice comme n’étant pas encore parvenu au Président (sic !), dans la suite de la présente déclaration il y sera fait référence sous la désignation suivante : « le rapport étouffé de 2012 ». L’important reste que les faits décrits qu’il contient ont un caractère véridique et prouvé.
1 – en mars 2012, entre les deux tours de l’élection présidentielle, le Gouvernement du Président Abdoulaye Wade signe avec la Société Pétro-Tim Limited deux contrats de recherche et de partage de production (CRPP) portant sur les blocs Saint-Louis Offshore Profond (SOP) et Kayar Offshore Profond (SOP).
2 – ces contrats sont signés par :
– le Directeur Général de Pétrosen et le mandataire de Pétro-Tim ;
– le Ministre d’Etat Karim Wade, Ministre de la coopération internationale, des transports aériens, des Infrastructures et de l’Energie ;
– le Président Abdoulaye Wade (en approbation).
3 –  les deux décrets d’approbation de ces contrats sont signés mais non numérotés, ce qui les rend de nul effet et suspend ainsi l’entrée en vigueur des deux contrats CRPP ; l’omission de cette numérotation ainsi que la fuite des informations sur cette opération double qui parviennent au candidat Macky Sall procèdent certainement de fonctionnaires patriotes s’opposant à ces coups fourrés de fin de règne.
4 – Or, au moment où ces deux blocs étaient ainsi illicitement attribués à Pétro-Tim la Société Tullow Oil était en négociation avancée avec le Ministère en charges des hydrocarbures, négociations officielles et documentées conformément aux dispositions de la loi 98-05 portant Code Pétrolier et son décret d’application. Par contre, l’attribution à Pétro-Tim violait toutes les dispositions pertinentes des deux textes cités précédemment :
– Pétro-Tim a été créée le 19 janvier 2012 tandis que PétroAsia l’a été le 6 mars 2012 ; Pétro-Tim ainsi que sa supposée maison mère PétroAsia ont été créées ad hoc, pour les besoins des contrats et n’avaient, ni directement ni à travers aucun autre mécanisme pertinent, les capacités techniques et financières requises par la loi et la réglementation sénégalaises en vigueur ;
 
– l’avis conforme du Ministre en charge des finances n’avait pas été requis conformément à la procédure en vigueur ;
 
– la commission d’évaluation de Pétrosen n’avait pas été saisie pour statuer sur un dossier qui au demeurant n’existait pas ; pour masquer ce marchandage informel intervenant à quelques heures du second tour de l’élection présidentielle de 2012, entre le ministère en charge de l’énergie et Frank Timis assistés des inévitables intermédiaires introduits dans le « milieu », la date de signature a été délibérément avancée au 17 janvier 2012 par le Ministre en charge de l’énergie Karim Wade. Un crime n’étant jamais parfait, cette date est, de deux jours, antérieure à celle de création de la Société Pétro-Tim, le 19 janvier 2012 ;
 
– en raison de sa réputation internationale plus que sulfureuse, Frank Timis n’aurait jamais dû contracter avec le Sénégal, au regard des textes régissant le secteur au Sénégal; PetroTim était une coquille vide dont les promoteurs n’étaient animés que par l’appât du gain par la spéculation consistant à revendre leurs droits au moment propice, n’ayant ni les capacités techniques, ni les capacités financières, encore moins une expérience avérée dans le secteur des hydrocarbures.
5 – le candidat Macky Sall alerté de ces tractations sordides ainsi que d’autres qui s’opéraient entre les deux tours de l’élection présidentielle s’était solennellement engagé à les annuler une fois au pouvoir.
6 – Aussi, dès le 30 mai 2012, le Directeur de cabinet du Président nouvellement installé a signé  l’ordre de mission N°35/PR/CAB/IGE chargeant deux inspecteurs d’Etat d’une enquête auprès de la Société des Pétroles du Sénégal Pétrosen, avec un dossier de base comprenant entre autres pièces, une lettre du 2 mai 2012 signée par Madame Awa Ndongo , représentante de Tullow Oil Sénégal Limited.
7- L’empressement du Président Macky Sall à faire la lumière sur les conditions de d’établissement de ces contrats était aussi motivé par les soupçons d’implication de Karim Wade dans ce dossier et le désir de constituer le maximum de charges contre lui.
8 –  le 19 juin 2012, contre toute attente, Aly Ngouille Ndiaye, Ministre de l’Energie et des Mines, présente au conseil des Ministres, deux projets de décrets accompagnés de pièces justificatives a priori revêtues d’informations pertinentes, visant à approuver les contrats tels que signés par le Régime précédent du Président Abdoulaye Wade.
9- le Conseil des Ministres n’ayant pas soulevé des objections les décrets N°2012-596 et 2012-597 sont signés ; Pétro-Tim s’est engagée pour des dépenses d’exploration de 24 milliards sur chaque bloc soit 48 milliards au total.
10- Toutefois, ce que l’ensemble du Conseil des ministres ignorait, à l’exception certainement de quelques initiés au premier rang desquels Macky Sall, Président de la République, Abdoul Aziz Mbaye, ministre Directeur de Cabinet du Président, Aly Ngouille Ndiaye, Ministre de l’énergie, c’est qu’une enquête de l’inspection générale d’Etat IGE était en cours relative au dossier.
11- de plus, le Président Macky Sall était indubitablement régulièrement tenu informé des développements de la Mission de l’IGE conformément à la pratique sur des dossiers aussi sensibles, impliquant un ancien chef d’Etat et un ancien Ministre d’Etat contre lequel se préparait une mise en accusation ; en conséquence, le Président Macky Sall, Aly Ngouille Ndiaye et Abdoul Aziz Mbaye savaient que les informations mentionnées sur le rapport de présentation étaient fabriquées de toutes pièces pour faire approuver des contrats :
– le rappor…


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