Pour avoir aidé au financement d’une maternité à Mbour: un Dg français condamné à payer 500 euros

Philippe Calmette ! Ce fonctionnaire français dont le nom ne dit certainement rien au commun des Sénégalais, a été pourtant condamné par un tribunal de son pays, «à cause» du Sénégal. En effet, l’ancien Directeur général de l’Agence régionale de santé (Ars) du Limousin a été épinglé pour avoir financé une maternité au Sénégal : la construction d’un Pôle mère-enfant au niveau de l’hôpital départemental de Mbour… avec des fonds régionaux. Il a été condamné à une amende symbolique de… 500 euros.

La Cour de discipline budgétaire et financière siégeant à la Cour des comptes, en audience publique, a condamné en avril dernier, le haut fonctionnaire français Philippe Calmette. Il est reproché à M. Calmette d’avoir utilisé l’argent des Français pour financer la construction d’un Pôle mère-enfant à l’hôpital de Mbour.

La décision est contenue dans le Journal officiel de la République française numéro 105 de l’année 2019, rendu public le 5 mai dernier. S’il en est ainsi, c’est qu’en matière d’utilisation du Fonds d’intervention régional (Fir), il y a certaines règles à respecter. L’ancien Directeur de l’Agence régionale de santé (Ars) Limousin – désormais intégrée à celle de Nouvelle-Aquitaine –, l’a appris à ses dépens.

Il a été condamné fin avril, au titre de l’arrêt n° 233-808 du 23 avril 2019, à une amende symbolique de 500 euros (environ 325.000 FCfa), pour avoir alloué des financements «Fir» à des projets de construction au Sénégal et au Maroc, par la Cour de discipline budgétaire et financière, dont l’arrêt a été publié le 5 mai au Journal officiel. Cette dernière avait été informée par la Cour des comptes de la gestion administrative et financière de l’Ars.

Le financement était d’environ 200 millions FCfa

L’ex-directeur a financé, à hauteur de 325.000 euros (environ 211 millions de FCfa), la construction d’un Pôle mère-enfant à l’hôpital de Mbour au Sénégal, et la construction d’une unité Alzheimer au centre hospitalier de Rabat, au Maroc. Ces investissements avaient été justifiés par le patron de l’Ars, car ils contribuaient à ses yeux «aux échanges de bonnes pratiques et à la formation continue des professionnels de santé du Limousin, compte tenu des stages ou missions qu’ils pouvaient accomplir auprès de ces établissements étrangers».

Sur les circonstances qui ont motivé son arrêt, la Cour de discipline budgétaire et financière siégeant à la Cour des comptes, a indiqué que «M. Calmette, après sa nomination en qualité de directeur de l’Ars du Limousin, a mis en place un processus plus efficace et mieux contrôlé pour l’utilisation du Fir ainsi qu’un dispositif coordonné et sélectif des actions de coopération internationale dans le domaine de la santé ; qu’il a régulièrement tenu sa tutelle informée des investissements réalisés au Sénégal et au Maroc ; que ces faits sont de nature à constituer des circonstances atténuantes de responsabilité».

Pour mémoire, c’est le lundi 20 octobre 2014 que l’hôpital départemental de Mbour a procédé à la réception de la tranche complémentaire de sa maternité et à la pose de la première pierre du service de pédiatrie qui sera un Pôle mère-enfant, qui a pour vocation d’accroître la lutte contre la mortalité maternelle et néonatale.

Au total, 170 millions de FCfa ont été injectés dans ce projet qui vise à améliorer considérablement l’offre de soins en matière de santé maternelle et néonatale dans cette structure de santé, dont le rayon de couverture dépasse largement les limites du département.

Le projet, en lui-même, consiste en des locaux rénovés à la maternité, une salle de réanimation néonatale, un bloc opératoire rénové, en mesure d’accueillir les interventions en césarienne, gynécologiques d’une manière générale, un nouveau bureau des entrées, en plus d’une unité de pédiatrie dont la capacité d’accueil sera accrue.

Cet hôpital est le fruit d’une coopération tripartite entre le centre hospitalier Esquirol de Limoges, l’Agence régionale de santé du Limousin, l’Association des professionnels de la santé et de la formation de Mulhouse et l’hôpital départemental de Mbour. Une coopération nouée depuis mars 2012 et qui a permis à l’Etablissement public de santé 1 de Mbour, de disposer de containers de matériel médical et hospitalier notamment, sans compter des stages d’observation à l’intention du personnel de l’hôpital de Mbour, une formation diplômante en maintenance hospitalière pour une durée d’une année, entre autres bienfaits.

C’est dire qu’avec cette décision, c’est la coopération Nord Sud, pourtant saluée et magnifiée par les autorités des deux bords, qui prend un sacré coup.

Sidy Djimby NDAO jotaay.com



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