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223 ESPECES D’OISEAUX RECENSEES AU TECHNOPOLE

Le site du technopôle, devenu Réserve naturelle urbaine de la Grande Niayes, abrite un potentiel ornithologique. 223 espèces d’oiseaux y sont recensées, selon le Directeur des Parcs nationaux, le Colonel Abdoulaye Diop.

Le site du technopôle, devenu Réserve naturelle urbaine de la Grande Niayes, abrite un potentiel ornithologique. 223 espèces d’oiseaux y sont recensées, selon le Directeur des Parcs nationaux, le Colonel Abdoulaye Diop. Une grande partie est constituée d’oiseaux migrateurs qu’il faut protéger

A l’intérieur du magnifique site du Technopôle, les colonies d’arbustes entourent, par endroits, les plans d’eau de ce lac naturel en plein cœur de Dakar. Plus on avance, plus ces cours d’eau cohabitent avec des formations de mangrove que les spécialistes de la direction des Parcs nationaux rêvent de développer davantage dans cette réserve urbaine de la Grande Niayes de Pikine. Cet environnement, au-delà de sa diversité végétale, offre aussi un cadre adéquat pour les milliers d’oiseaux qui y trouvent refuge. Ils sont composés de plusieurs espèces locales et de migrateurs qui offrent un spectacle rustique sur les berges des différents lacs du Technopôle. Dans ce coin de verdure, la nature crée un cadre agréable et rafraichissant pour les «amis des oiseaux» (Birdlife international, Nature communauté et développement (Ncd)… qui s’y sont retrouvés, samedi, dans le cadre de la journée internationale des oiseaux pour une séance d’observation et de protection de ces espèces. Même si le site n’est pas une réserve ornithologique, il a toutes les caractéristiques pour servir de «paradis aux oiseaux». Avant son classement par décret présidentiel en réserve urbaine protégée en mars dernier, des centaines d’espèces d’oiseaux y ont été dénombrées. «Depuis 2011, on suit régulièrement la dynamique aviaire au niveau du Technopôle grâce à l’Ong Ncd. Ceci a permis de recenser 223 espèces d’oiseaux », informe le Colonel Abdoulaye Diop, directeur des Parcs nationaux. Son prédécesseur, Seydina Issa Sylla, un autre passionné des oiseaux, a les yeux rivés sur ses jumelles d’observation.

Protéger le site

Il connaît le nom des espèces par cœur, rien qu’à la vue de leur pelage ou à l’écoute de leur gazouillement. Actuellement, chef de mission Afrique de l’Ouest de la structure Oiseaux migrateurs du paléarctique occidental (Ompo), M. Sylla estime que « le cadre du Technopôle est extraordinaire et on n’a pas le droit de le détruire. On y retrouve deux populations d’oiseaux sédentaires et migratrices qui sont dans d’excellentes conditions. Il nous révèle que les oiseaux au pelage noir et blanc sont dits résidents et vivent toute l’année sur le site. Il s’agit d’oiseux piscivores qui vivent de poissons ». Il est confirmé par l’ambassadeur des Pays-Bas au Sénégal, Theo Peters, séduit aussi par cet environnement. Il confie que l’oiseau appelé « barjaco noir », symbole du drapeau néerlandais, vit dans le Technopôle et migre vers l’Europe. Ce qui constitue à ses yeux un lien fort entre le Sénégal et son pays. Cela s’explique, d’après le colonel Abdoulaye Diop, par le fait que, pendant l’hiver, plusieurs espèces d’oiseaux quittent l’Europe du fait des conditions difficiles d’existence pour venir en Afrique, notamment dans les réserves ornithologiques du Sénégal dont le Technopôle. Dès que le printemps s’annonce en Europe, vers le mois de mai, ces oiseaux font le voyage inverse pour se préparer à la reproduction et revenir vers le mois d’octobre. Tout cela explique l’importance du Technopôle, vital pour ces espèces. Dans le domaine de la protection, le directeur des Parcs nationaux constate une bonne évolution. Au titre des nouvelles mesures pour la préservation du site, le colonel Abdoulaye Diop souligne que, depuis le 2 mai, un conservateur de la Réserve urbaine du Technopôle a été nommé. Il a à sa disposition une équipe de trente gardes basés en permanence sur le site.

Vers la révocation des baux et des titres fonciers accordés

Le Technopôle est aussi menacé par l’occupation anarchique avec des spéculateurs fonciers qui avaient commencé à s’installer autour du site. Pour le directeur des Parcs nationaux, cette zone étant non aedificandi, tous «les baux qui étaient accordés à titre précaire et révocable seront retirés». 4 du décret classant le Technopôle réserve naturelle urbaine protégée a précisé cela et avait demandé que les baux accordés, à titre précaire, soient révoqués de même que les titres fonciers accordés sur le site. «Pour les titres fonciers, il y a des procédures qui permettent de les révoquer et les autorités sont en train de prendre les mesures nécessaires dans ce sens», assure le Colonel Abdoulaye Diop

 

Le Soleil


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