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LES INSULTEURS DU NET JUGÉS HIER : Pape Mamadou Seck et Mamadou Moustapha Diakhaté qui insultaient les khalifes de Touba et Tivaouane, risquent 6 mois de prison ferme

Sur les réseaux sociaux, à travers des profils Facebook différents, Pape Mamadou Seck et Mamadou Moustapha Diakhaté insultaient les guides religieux Serigne Touba, Serigne Saliou Mbacké, Serigne Mbaye Sy Mansour, avec leurs photos à l’appui et des messages injurieux. Inculpés pour outrage à un ministère du culte et insultes commises par le biais d’un système informatique envers un groupe de personnes, ils ont comparu, hier, devant le tribunal correctionnel de Dakar où ils encourent 6 mois de prison ferme. Ils seront fixés sur leur sort le 9 mai prochain.

Le 4 juillet 2018, Serigne Saliou Guèye et Abdou Khadre Guèye dénonçaient à la Division des investigations criminelles des faits d’outrage à un ministère du culte et d’insultes commises par le biais d’un système informatique envers un groupe de personnes. Entendus, ces derniers ont accusé le nommé Pape Mamadou Seck comme auteur des faits.

Ainsi, ils précisaient qu’à la date du 30 juin 2018, le sieur Seck, utilisant le profil Facebook «Serigne Bass Fall», publiait des photos de Serigne Touba, Serigne Saliou et Serigne Mountakha Mbacké, accompagnées de messages injurieux et diffamatoires à l’encontre de ces guides religieux et de la communauté mouride.

Interpellé et interrogé, le tailleur Pape Mamadou Seck, né en 1982 et domicilié à Pikine, a reconnu avoir agi ainsi pour répliquer aux propos injurieux de Mamadou Moustapha Diakhaté tenus à l’endroit de Serigne Mbaye Sy Mansour. Par ailleurs, Mamadou Moustapha Diakhaté (détenteur du compte Facebook au nom de Sopey Maodo), arrêté à Touba, a confirmé avoir tenu de tels propos en réponse à une sortie du Khalife général des Tidianes sur l’allégeance de Idrissa Seck. Ce maître coranique, né en 1972 à Mbacké, avait posté, par le biais de son frère, une vidéo de 6 minutes.

Placés sous mandat de dépôt, le 19 juillet 2018, ces prévenus ont été renvoyés, hier, devant le juge correctionnel de Dakar, où ils ont maintenu leurs déclarations faites à l’enquête.

Mamadou Moustapha Diakhaté : «J’ai voulu répondre à Serigne Mbaye Sy Mansour…»

Pour sa part, Pape Mamadou Seck a soutenu que tout ceci n’était qu’une erreur. «La preuve, nous nous sommes rapprochés en prison. Et durant le Magal, c’est lui qui animait la causerie et moi je chantais», explique-t-il. Mamadou Moustapha Diakhaté de soutenir : «nous avons agi par excès de foi. J’ai voulu répondre à Serigne Mbaye Sy Mansour par une vidéo», ajoute-t-il. Le juge Maguette Diop les a vivement rabroués. «Vous pensez être les seuls Mouride et Tidiane ? Vous n’êtes pas plus croyants que les autres. Serigne Touba et Seydi El Hadji Malick ne se seraient jamais comportés ainsi. On ne saurait tolérer certains comportements qui menacent la stabilité du pays», leur dit-il.

Avant de leur demander la leçon qu’ils ont tirée de cette histoire. Diakhaté révèle qu’il a perdu la plupart de ses talibés. De 250, il n’en reste que 40, dit-il. En réponse au juge, les prévenus, qui ont profondément regretté leurs actes, ont reconnu que leurs marabouts ne leur ont pas demandé d’insulter. Toutefois, le président ne leur a pas laissé de répit. «Pour nous prouver la sincérité de vos regrets, à votre sortie, allez à Touba et à Tivaouane pour vous excuser», leur conseille Maguette Diop. «Nous sommes dans cette dynamique, car en prison, nous avons décidé d’être des ambassadeurs pour sensibiliser les jeunes sur les dangers des réseaux sociaux», renchérit le sieur Seck.

Me Fatou Ndiaye Touré : «la confrérie n’est pas une religion»

Le représentant du ministère public, qui estime que les faits sont constants, a requis 2 ans dont 6 mois de prison ferme contre les prévenus. Cependant, le conseil de Pape Mamadou Seck, qui souligne la gravité de cette affaire, a souhaité une application bienveillante de la loi. Pour le compte de Mamadou Moustapha Diakhaté, Me Fatou Ndiaye Touré a confié à la Chambre, que l’insulte par le biais de l’informatique n’est pas établie. Ainsi, elle a précisé que ce délit parle d’appartenance qui se caractérise par la religion, la race et que la confrérie n’est pas une religion. La robe noire de conclure : «ils ont commis une erreur. Personne ne peut dissocier Bamba et El Hadji Malick. J’implore votre magnanimité».

Au terme des débats, le juge a rejeté la demande de mise en liberté provisoire que les avocats de la défense avaient formulée pour le compte des mis en cause, avant de fixer le délibéré pour le 9 mai 2019.

Fatou D. DIONE
(Avec Les Échos)



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