Prise de position politique des rappeurs : Démarrage de la campagne «electorap»

Quel candidat pour le mouvement hip-hop ? C’est à cette question que Mass, soutien de Sonko,

Fou Malade de Y’en a marre, Baydi de Bidew Bu Bess, qui a apprécié positivement le bilan de

Macky, Daddy Bibson, supporter de Idy, et Babou Kane, qui avait des ambitions présidentielles,

devaient répondre lors de la 13ème édition du «Jotayu hip-hop». Naturellement, la vision

idéologique a été la chose la mieux partagée hier au Goethe institut. Entre soutien déclaré et

appréciation du bilan de Macky Sall, c’est la campagne «electorap».

3 000 groupes de rap pour 15 millions de personnes, c’est un groupe pour 5 mille habitants. Par

conséquent, ces acteurs se sont interrogés sur le candidat à la Présidentielle le plus à même de

les défendre. Si Baydi, Mass, Fou Malade, Daddy Bibson et Babou Kane n’ont pas trouvé un

consensus sur le nom du candidat idéal lors de la 13ème édition du «Jotayu hip-hop», chacun a

défendu sa position «politique». En effet, pour Fou Malade, le candidat idéal ne peut pas être

Macky Sall pour la simple et bonne raison qu’il n’a pas respecté ses engagements. «D’une

promesse de 25 ministres, on est à plus de 40 aujourd’hui. Les secteurs de la santé et de

l’éducation sont minés par des grèves alors que les jeunes attendent du travail. On constate une

justice manipulée. Les mêmes pratiques reviennent et on a le même système. L’argent du

contrôlable est utilisé n’importe comment. Si on devait donner une note à Macky, il n’allait pas

passer», a dit le membre de Y’en a marre. Pour autant, Baydi de Bidew Bu Bess, qui a «fait le

Sénégal des profondeurs», demeure convaincu du contraire. Même s’il n’appelle pas «à voter

Macky Sall», les réalisations de celui-ci ont poussé sa formation musicale à lui rendre hommage.

Une position que Mass et Babou Kane, qui avait une ambition présidentielle, ne partagent pas.

Pour le premier nommé et soutien de Sonko, Macky et ses prédécesseurs ont plus travaillé pour

les intérêts de la France que ceux du Sénégal. C’est pourquoi il propose une alternance

générationnelle tout en se disant que «même si Sonko est élu, il ne pourra pas sortir le Sénégal

de la pauvreté». Moins diplomate que les autres intervenants, Babou Kane a qualifié l’actuel

président de la République de «nègre de maison». M. Kane a théorisé une rupture avec la France pour espérer sortir le pays de la pauvreté. Connu pour ses positions socialistes, Daddy Bibson, qui

soutient Idrissa Seck, a tout bonnement déclaré que «Macky Sall n’a pas le droit de se présenter

à la Présidentielle parce qu’il a fait un mandat de 5 ans plus un de 2 ans. Et la Constitution est

claire sur ce point». Sur le bilan du candidat sortant, Daddy Bibson estime qu’il «ne faudrait pas

nous emmerder avec les termes creux comme Der, Ter (…) Le zircon, le pétrole et l’économie sont

gérés par les Blancs. Si on ne s’engage pas, le Blanc va nous recoloniser».

Si pour le moment la division idéologique semble être la chose la mieux partagée dans le hip-hop,

l’option d’une candidature issue du rap galsen commence à germer. Pour autant, il faudrait

d’abord parler d’une seule et unique voix, a précisé Baydi. Qui note «un manque de sincérité

entre rappeurs. La position politique d’un artiste en 2019 ne devrait pas poser de problème. Il

faut un minimum de sincérité avant de prétendre à autre chose».

Quotidien

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