L’Ecole des Sables de Germaine Acogny, la tête dans le sable

L’Ecole des Sables a vu passer les plus grands chorégraphes et formé des générations de danseurs depuis 20 ans qu’elle existe. Aujourd’hui, la mobilisation est de taille pour sauver cette institution qui fait face à des problèmes financiers depuis un moment et risque de fermer ses portes.

UNE INSTITUTION OUVERTE DEPUIS 1998

La prestigieuse institution de Toubab Dialo, un village situé au sud de Dakar, offre depuis 1998 des formations gratuites aux étudiants du continent, une fois acquittés les 270 000 francs CFA (411 euros) de pension dans l’école où ils séjournent. Au total, « entre 600 et 700 danseurs africains, essentiellement subsahariens, ont été formés chez nous », explique Patrick Acogny, son directeur artistique. A l’Ecole des Sables, le programme faisait aussi une place belle aux cultures locales avec des enseignements comme la technique Acogny, technique de danse africaine créée par la chorégraphe, ou encore les cours de danses traditionnelles d’Afrique.

Sous forme de stages intensifs de trois mois, l’établissement prépare depuis vingt ans ses étudiants avec des professeurs de renom. « L’admission y est difficile et, une fois à l’intérieur, c’est l’armée, confie Jeanne-d’Arc Niando, qui a accompli son rêve en intégrant la première année ce printemps. Je suis devenue quelqu’un d’autre dans ma danse. Et l’école est connue à l’international, un atout dans mon CV.  » Il faut dire que l’académie ouvre ses portes aux danseurs du monde entier. Chaque année, a même lieu, un stage des cinq continents, où étudiants internationaux et africains partagent leurs techniques et mêlent leur expérience.

Prestation sur la plage-Ecole des sables-Toubab Dialaw-Sénégal

Prestation sur la plage-Ecole des sables-Toubab Dialaw-Sénégal

UNE ÉPÉE DE DAMOCLÈS AU DESSUS DE LA TÊTE

Ce beau rêve risque aujourd’hui de partir en fumée si rien n’est fait pour sortir l’Ecole de ce goulot financier qui l’étrangle. Chaque année, c’est 200 000 euros de budget qui sont nécessaires pour le fonctionnement de cet établissement créé sous le statut d’association et qui tient depuis vingt ans en grande partie, grâce aux subventions étrangères.

Après le retrait de son principal bienfaiteur en 2017, les finances de la structures sont dans le rouge malgré la subvention du Ministère de la Culture, les collectes de fonds et les marques de générosités individuelles.

Une situation alarmante, mais qui ne décourage pas Germaine Acogny dans son combat pour garder le cap. Elle estime que : «  Sauver l’école, c’est sauver la jeunesse africaine et leur donner l’espoir de vivre dignement dans leur pays  ».

Une aubaine pour les danseurs africains-Ecole des sables-Toubab Dialaw-Sénégal

Une aubaine pour les danseurs africains-Ecole des sables-Toubab Dialaw-Sénégal

Helmut Vogt, le cofondateur, aimerait y croire encore lui aussi. Mais lui craint tout bonnement de devoir mettre la clé sous la porte à la fin de cette année, si les fonds ne sont pas trouvés avant. Les 10 millions de francs CFA (15 000 euros) récemment offerts par le ministère de la Culture du Sénégal n’y suffiront pas. La contribution est trop faible. « C’est dur pour nous d’accepter, mais on peut comprendre ce geste parce que le budget du ministère est faible. En fait, c’est la culture qui n’a pas vraiment de place en Afrique », déplore M. Vogt.

Une mobilisation de tous est nécessaire pour sauver cette école unique en son genre et qui concourt à préserver la culture de la danse africaine.

Source Le Monde


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