OIF – Progression de la langue française dans le monde: L’Afrique continue de faire grossir les rangs de la planète francophone

La Francophonie doit la progression du nombre de personnes parlant le français dans le monde au continent africain. Dans un rapport sur la situation de la langue, l’Oif informe qu’avec 59% de locuteurs quotidiens du français, « le centre de gravité de la Francophonie continue de se déplacer vers le Sud». La langue française est en nette progression dans le monde.

Le document de synthèse de l’Organisation internationale de la Francophonie consacré à la situation de la langue dans le monde, renseigne qu’avec 300 millions de francophones en 2018, «la langue française connaît une progression de 9,6% du nombre de ses locuteurs depuis la dernière mesure réalisée en 2014». Selon les études réalisées par l’organisation, la langue française doit cette progression au continent africain avec 59 % de locuteurs quotidiens.

D’après les auteurs de ce document, «le centre de gravité de la Francophonie continue de se déplacer vers le Sud, prolongeant une tendance mesurée depuis 2010, où l’on voit que sur les 22,7 millions de francophones qui sont venus grossir les rangs de cette planète, 68 % se trouvent en Afrique subsaharienne et 22 % résident en Afrique du Nord, tandis que l’Europe et l’Amérique se répartissent les 10% supplémentaires restants (respectivement 3 % et 7 %)».

Il est précisé aussi que «sur la période la plus récente, les francophones d’usage quotidien ont vu leurs effectifs s’accroître de 11% (sensiblement au même rythme que celui constaté entre 2010 et 2014), mais de 17 % sur le continent africain (soit 2 points de plus qu’entre 2010 et 2014)». Expliquant cette dynamique africaine, l’Oif informe qu’elle «trouve ses origines au croisement de la vitalité démographique et des progrès de la scolarisation sur ce continent».

De même, elle souligne qu’elle «devrait continuer à faire sentir positivement ses effets sur la progression de la langue française dans les 11/10/2018 OIF – Progression de la langue française dans le monde : L’Afrique continue de faire grossir les rangs de la planète francophone | … https://www.lequotidien.sn/oif-progression-de-la-langue-francaise-dans-le-monde-lafrique-continue-de-faire-grossir-les-rangs-de-la-planete-franco… 2/2 années qui viennent».

Relevant que les principales conditions de la progression de l’usage du français sur ces territoires relèvent de la démographie et de la scolarisation, les auteurs de ce rapport ont analysé ces sujets. L’analyse a montré que malgré «les progrès considérables accomplis ces dernières années, les défis liés à la scolarisation dans de bonnes conditions et en français seront très difficiles à relever». Cela du fait que «d’une part, sur la seule région Afrique subsaharienne, plus de 30 millions d’enfants ne sont pas encore scolarisés et, d’autre part, les enquêtes révèlent que 71% des enfants en deuxième année du primaire n’ont pas un niveau de français suffisant pour leur permettre de comprendre une information claire donnée oralement ou le sens d’une série de mots écrits».

«Les générations les plus jeunes ont intensifié leur usage du français»

En outre, on note que d’autres conditions liées aux «pratiques des locuteurs, relèvent plutôt du degré d’appropriation de la langue française». Un degré d’appropriation qui dépend de plusieurs facteurs : «Utilité du français, coexistence avec les langues nationales, sphères d’usage, transmission intergénérationnelle.» Toutefois, les auteurs du document assurent que les enquêtes «menées en Afrique subsaharienne, au Maghreb et au Liban et les analyses présentées permettent de dégager des tendances, plutôt favorables».

Ainsi, il est expliqué dans le rapport de l’Oif que «partout, parfois avant même les langues nationales, la place du français est incomparable à n’importe qu’elle autre langue étrangère car il arrive toujours au moins en 2ème position, quel que soit le contexte (à la maison, à l’école, au travail, dans les loisirs…) ». Une réalité qui, si on en croit l’Oif, se renforce.

«En effet, les générations les plus jeunes ont intensifié leur usage du français en comparaison avec celles qui les ont précédées. Parallèlement se développent et s’emploient des formes variées issues de la langue française ou la combinant avec d’autres langues (nouchi en Côte d’Ivoire, toli bangando au Gabon, par exemple) dont la reconnaissance et la prise en compte font partie des clés de l’avenir de la Francophonie», a-t-on expliqué.

Bien que l’image de la langue française « peine à s’émanciper du passé colonial tout en étant confortablement installée dans la tête de ses locuteurs comme une langue de l’école, moderne, utile pour travailler et même, parfois, pour faire des affaires», il est souligné qu’ elle « n’est, quoi qu’il en soit, jamais considérée comme étant en recul, ni compliquée, ni réservée aux intellectuels ».

D’ailleurs, les enquêtes menées montrent qu’entre « 80 % et 100 % des francophones d’Afrique et du monde arabe souhaitent que la langue française soit apprise par leur descendance ». De même, les statistiques estiment « entre 40 % et plus de 80% » ceux qui ont exprimé « la volonté de transmettre directement le français à leurs enfants (ou à leurs futurs enfants pour les plus jeunes) ».

dkane@lequotidien.sn 


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