Khalifa Sall devant la barre : “En 2012, Macky Sall m’avait sollicité pour de l’aide sur ces fonds…”

Il l’avait juré avant de le réitérer ce mardi. Khalifa Sall a déclaré qu’il ne faut pas compter sur lui pour donner les noms de ceux qui ont bénéficié des fonds de la Caisse d’avance. Seulement, il n’a pas manqué de confier au tribunal, au début son interrogatoire que Macky Sall l’aurait sollicité… Détail.

Après Mbaye Touré, Fatou Traoré, Yatma Diaw, Yaya Bodian et Amadou Mactar Diop, c’est au tour de Khalifa Sall de passer devant la barre. La voix cassée et parfois inaudible, le maire de Dakar a commencé par répondre aux questions par un discours fleuve, au cours duquel il a «contesté énergiquement » les accusations portées contre lui. « Elles sont gênantes et infamantes », évacue-t-il.

Ancien professeur d’histoire et de géographie, Khalifa Sall n’a rien perdu de sa pédagogie. Pour déconstruire l’accusation, le maire de Dakar a convoqué la période d’avant l’indépendance pour parler de l’existence de ces « fonds politiques ». «Certes on nous reproche toujours de se référer à l’histoire mais c’est ce qui nous permet d’élucider cette affaire. Le président Léopold Sédar Senghor à la demande des premières autorités locales post-indépendance, remettait les fonds à l’administrateur de la commune, et ce dernier rendait directement compte auprès de lui. Quand le maire est devenu par la suite l’ordonnateur, il rendait compte à la tutelle. L’année1996 a été un tournant révolutionnaire pour les collectivités locales car il n’y avait plus de tutelle, ni de contrôle des fonds. Le maire n’est responsable que devant son conseil municipal», a-t-il expliqué.

«En 2012, Macky Sall m’avait sollicité pour de l’aide sur ces fonds… »

Khalifa Sall avait juré qu’il ne faut pas compter sur lui pour donner les noms ceux qui ont bénéficié des fonds de la Caisse d’avance. Seulement, il révélera dans son discours déclaration que le président Macky Sall au même titre que d’autres personnalités, l’avait sollicité de l’aide qu’il a pris dans ces fonds. «J’ai occupé la fonction de Conseil municipal depuis 1984 et je connais la ville. En 2009, lorsque j’ai été élu maire de la ville de Dakar nous avons convenus avec le Conseil municipal, d’aider les populations avec les fonds.

Et les sollicitations venaient de tous bords : de l’administration décentralisée, de l’administration de sûreté, des autorités coutumières, religieuses, des populations malades, des personnalités politiques, entres autres. Ces fonds ont toujours servi à ça et nous nous sommes inscrits dans cette veine. Sans compter les autres sollicitations qui provenaient de l’Etat, quand il s’agissait de fêter l’indépendance ou de préparer la visite d’un chef d’Etat. Je l’avais même dit au cours de l’enquête, car je ne vais jamais me renier. Et chaque maire partait avec ses archives du fait du caractère secret des fonds », a-t-il expliqué.

Avant d’ajouter : « Aujourd’hui, le débat qui se pose, c’est pourquoi on ne donne pas les noms des personnes qui ont eu à bénéficier des fonds ? C’est compréhensible parce qu’on prenait en charge les grands malades atteints du cancer, de la cardiaque des prostates… et de grandes autorités de ce pays ont eu à bénéficier de ces fonds, pour aller se soigner à l’étranger. Les fonds sont remis aux dakarois et nous ne sommes pas dans l’obligation de les justifier. La gestion des fonds a été très transparente (…) Tous les Sénégalais et la classe politique ont connaissance de l’existence de ces fonds. En 2012, Macky Sall m’avait sollicité pour de l’aide sur ces fonds », révèle-t-il.

Kady FATY ET Lamine DIEDHIOU Leral.net


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