Sénégal: Une cinquantaine de filles initiées aux techniques de codage

Une cinquantaine de filles issues de différentes écoles du Sénégal ont, au terme de deux jours, acquises des techniques en codage. La qualité des projets présentés par cette première cohorte de jeunes écolières et les leçons apprises ont fait de ce projet pilote d’un large programme consistant à initier les filles africaines sur les techniques de codage, une réussite. L’ONU FEMMES et l’organisation IamTheCode qui sont à l’origine de cette initiative ont toutes les raisons d’espérer pour 17 autres « GIRLS HACKATHON » prévus en 2017 à travers l’Afrique. L’objectif final est d’arriver à former un million de filles codeuses à l’horizon des Objectifs de Développement Durable (ODD) en 2030.

Dakar a arbitré, les 26 et 27 novembre, le premier « GIRLS HACKATHON IN SENEGAL » qui consistait à apprendre à des filles comment coder qui est conçu comme étant le langage de demain. Ce qui veut dire rentrer dans le domaine technologique, comprendre les nouvelles solutions. Cet événement auquel ont participé une cinquantaine de filles issues des d’écoles sénégalaises, était rempli d’enseignements et mais surtout d’émotion avec des témoignages poignants. Les bénéficiaires en sont sorties ragaillardies et plein d’enthousiasme avec l’ambition de relever tous les défis futurs en rapport avec les 17 Objectifs de Développement Durable (ODD) qui, depuis 2015, constituent le nouveau agenda mondial défini par les Nations Unies.

Au terme des deux jours d’initiation, assurée par des mentors en provenance d’Afrique du Sud, sur les techniques de codage à l’aide d’ordinateurs KANO dotés d’applications technologiques ayant permis de réfléchir et développer le « langage du futur », les filles ont pu décoder les messages divulgués à travers les 17 ODD. Réparties en six groupes d’une dizaine, les participantes dont la moyenne d’âge était de 16 ans, ont présenté des projets d’applications mobiles et web sur l’eau et les énergies renouvelables, sur l’agriculture et la technologie, la lutte contre les trafics humains notamment celui des filles, la promotion de la paix et justice sociale pour les femmes, les changements climatiques…

La fibre entrepreneuriale qui s’est dégagée au terme de cette formation a permis à Mme Oulimata Sarr de dire : « Un mouvement est lancé ». Cette conseillère régionale d’ONU FEMMES, chargée des questions économiques de préciser que ces écolières ayant participé à ce projet pilote ont un mandat de représenter la jeune fille sénégalaise. « C’était un atelier qui répond à notre désir et notre engagement à aider les filles et les femmes et surtout ce qui va nous permettre d’atteindre les ODD ».

S’adressant aux jeunes filles, Mme Sarr à fait un focus sur l’objectif numéro cinq des ODD qui parle d’égalité des genres mais aussi d’éducation. « A travers ce projet pilote que nous organisons en partenariat avec iamtheCODE, nous essayons de voir comment intéresser les filles aux nouvelles technologies, au digital ».

Une option qu’elle justifie par l’importance de la technologie qui, à son avis, permet aux filles de devenir des entrepreneurs. « En apprenant à faire du coding elles seront en mesure de créer des applications qui sont des solutions à des problèmes de ce monde. Mais aussi, ça leur permet d’acquérir des compétences qui leur permettront, si elles le désirent de trouver du travail ».

Marieme Jamme, initiatrice du mouvement mondial IamtheCODE qui mobilise gouvernements, secteur privé et investisseurs autour de l’investissent sur la science, la technologie, l’ingénierie et les nouveaux arts, abonde dans le même sens. Elle rapporte que les filles ont appris à compter et écrire mais aussi décoder les ODD en rentrant dans les indicateurs que les Nations Unies ont mis en place pour qu’elles comprennent qu’en 2025 comment il faut faire évoluer l’éducation et le genre au Sénégal et dans le monde. « Le public a le droit de savoir dans 15 ans ce que le gouvernement a fait sur le genre, l’éducation. Les filles qui sont les principales bénéficiaires de ces politiques doivent savoir comment ça se passe ».

C’est ainsi qu’elle lance avec un ton guerrier aux filles bénéficiaires de cette première formation : « On besoin d’actions et non des promesses. On a besoin d’un plan concret pour le Sénégal à l’image du Népal. On a besoin d’un nouveau code qui donne le pouvoir aux filles et aux femmes ».

Sur cette même dynamique, Aboubacar Sadikh Ndiaye blogueur et activiste sénégalais invite les filles à libérer leur énorme potentiel pour mieux s’exprimer dans le domaine technologique. Pour lui, ces futurs entrepreneurs doivent déjà travailler à apporter des solutions de rupture par rapport à leur environnement.

Pour M. Oumar Niang, du ministère de l’enseignement supérieur du Sénégal, il s’agira de développer des filières courtes en sciences et technologie pour aboutir à des applications qui vont contribuer à des chaines de valeurs.

Mme Ndèye Aminata Sall, coordonnatrice du bureau Afrique de l’Ouest de AllAfrica Global Media, partenaire de ce premier « Girls Hackathon in Senegal», quant à elle, a indiqué aux filles la citation de Nelson Mandela qui dit : « La plus grande gloire dans la vie ne réside pas dans le fait de ne jamais tomber, mais dans celui de se relever à chaque fois que nous tombons ».

Objectif : former un million de filles codeuses d’ici 2030

Un mouvement est certes lancé mais le défi reste encore énorme vu l’ambition du mouvement iamtheCODE de former un million de filles d’ici à 2030 en alignement avec les Objectifs de Développement Durable. Devant cet état de fait, Marième Jamme et son équipe ne comptent pas se limiter là. Déjà, en 2017, elles prévoient d’organiser IamtheCODE Académie à Dakar, pendant laquelle les filles vont approfondir leurs connaissances dans le langage technologique.

Selon Marieme Jamme, « si on n’arrive pas aujourd’hui à donner une formation digitale à une fille ou un garçon, il ne servira à pas grand-chose dans 15 ans ». A l’en croire, l’académie qui se tiendra l’année prochaine à Dakar va permettre aux initiées d’avoir des outils et puis une connaissance digitale qui leur permettre demain d’avoir du travail mais aussi prétendre travailler pour leur propre compte dans le secteur de leur choix.

Au terme de ce coup d’essai réussi à Dakar, iamtheCODE qui est le premier mouvement reconnu en la matière par l’ONU, va démultiplier cette formation à travers l’Afrique. C’est ainsi qu’une série de 17 « GIRLS HACKATHON » va se tenir au cours de l’année 2017 dans le continent.

 

Allafrica.com

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