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Suppression de l’allemand dans l’enseignement moyen : Les germanistes contre la décision du chef de l’Etat

La suppression de l’enseignement de l’allemand au collège a amené les germanistes et professeurs d’enseignement supérieur d’allemand a organisé, hier au sein de l’Université Cheikh Anta Diop, une journée d’études pour réfléchir sur cette décision du chef de l’Etat. Entrée en vigueur en 2016, cette suppression a provoqué déjà, en à croire les germanistes, des conséquences à plusieurs échelles.

Sans compter ces professeurs d’allemand, qui se retrouvent sans boulot qu’au niveau des collèges où «tous les élèves inscrits en classe de 4ème ont été reversés en espagnol, arabe ou portugais après un mois voire deux mois de cours». Au niveau du supérieur, cela occasionne au fur et à mesure un désintérêt de cette discipline, constate Maguèye Kassé, inspecteur général de l’éducation nationale et responsable du Collège allemand. «Si nous avons de moins en moins d’apprenants au niveau du cycle moyen il est à craindre que nous ayons de moins en moins d’apprenants pour le cycle supérieur», analyse-t-il.

Initiateur de cette journée de réflexion, M. Kassé ne cache pas son inquiétude face à une telle décision. De son point de vu, elle est «précipitée», d’autant que les autorités ne prennent pas en considération les incidences qu’elle peut avoir sur le plan diplomatique. «Ces pays peuvent s’étonner que le gouvernement ait pris cette décision, alors qu’ils font énormément d’efforts pour la promotion non seulement de la langue allemande mais au delà ils investissent dans beaucoup de secteurs». Selon lui, la coopération allemande, en plus d’être efficace, est également porteuse. «Elle est excellente et couvre beaucoup de domaines : économique et financier… Comment peut-on faire fi d’une coopération aussi porteuse ?», s’interroge-t-il.

L’Allemagne étant la locomotive économique de l’Europe, le professeur Djibril Samb s’étonne lui aussi de cette décision de Macky Sall. Venu prêter main forte à ces collègues «allemands», le philosophe remarque que choix ne pouvait être plus «déraisonnable». «Pourquoi le Sénégal, qui aspire à l’émergence, tourne le dos à l’Allemagne, première puissance économique de l’Union européenne et 4ème puissance économique mondiale ?… Ce choix n’est pas raisonnable, parce qu’il n’est pas un choix de raison ni celui de la raison… Ce choix est d’autant plus déraisonnable que les motifs qui le fondent son impertinents», dit-il.

Prenant part aux discussions, le conseiller culturel du président de la République, Hamidou Dia, abonde dans le même sens que son prédécesseur. Il prône le maintien et promet de faire le plaidoyer des germanistes auprès du chef de l’Etat. Ces derniers ont décidé eux d’adresser une correspondance au président pour faire revenir le gouvernement sur sa décision.

 

lequotidien.sn

 

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