Le débat sur la peine de mort divise élus et autorités

La mort atroce de la 5e vice-présidente du Conseil économique, social et environnemental (Cese), Fatimata Moctar Ndiaye, continue de défrayer la chronique. Le débat sur la peine de mort a refait surface. Ceux qui sont pour que notre pays déterre cette loi abrogée par l’ancien président de la République, Me Abdoulaye Wade, ont commencé un bras de fer avec «les droit-de-l’hommistes».

«Ce qui est arrivé avec ce drame s’est du jamais vu au Sénégal. Cette dame qu’il vient d’égorger n’est pas n’importe qui dans ce pays. C’est pourquoi il faut que l’Etat Sénégal prenne ses responsabilités pour que la peine de mort soit appliquée au plus vite», dénonce le député Seydina Fall Bougazéli.

«L’histoire me donne raison. Car j’ai déposé une proposition de loi à l’Assemblée nationale, il y a deux ans. Maintenant qu’est-ce qui se passe ? C’est que la criminalité augmente de manière galopante», a-t-il assène, hier, à Pikine, lors de la cérémonie de levée du corps de la conseillère économique, avec d’autres élus responsables étatiques qui se sont prononcés aussi sur le sujet.

Ainsi, le député Moustapha Cissé Lo, lui a emboîté le pas. «Je pense que la peine capitale est nécessaire pour cet acte barbare. C’est le lieu pour le Législateur de revoir certaines lois. Il y a beaucoup de meurtres, beaucoup d’agressions. Je suis pour la peine de mort, car c’est l’islam qui nous le demande», insiste-t-il.

Cissé Lo d’ajouter que «la peine de mort doit exister. Pourquoi suivre ces gens qui disent se battre pour les droits de l’homme. Mais droit de l’homme par rapport à quoi ? Tu tues quelqu’un, on te tue pas. Il faut poser la question sur la table en discuter sans passion».

Un combat que l’Ong islamique Jamra porte depuis des années. Elle veut faire revenir la peine de mort au Sénégal. Faisant cas de «11 crimes crapuleux en moins de deux mois» dans le pays, Jamra propose tout simplement au chef de l’Etat un référendum sur la peine capital.

Mais de l’autre côté, Benoît Sambou, membre de l’Apr, estime: «La peine de mort n’est pas une solution pour lutter contre la criminalité galopante. Je prends l’exemple des Etats-Unis et d’autres pays où la peine de mort est appliquée, ce n’est pour autant que la criminalité a baissé. Il faut faire de sorte que notre justice fonctionne et les lois soient appliquées».

Pour le ministre-conseiller, Mor Ngom, «notre démocratie a atteint un niveau que beaucoup de peuple nous envie. Maintenant, il appartient à l’Assemblée nationale de prendre des dispositions et de juger utile toute loi nécessaire pour la marche de notre démocratie».

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.