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ASSASSINAT DE FATOUMATA MACTAR NDIAYE : Une dot de 300 mille à l’origine du crime

C’est en voulant collecter une dot de 300 mille Frs Cfa, pour les préparatifs de son mariage prévu samedi prochain, que le chauffeur de Fatoumata Mactar Ndiaye, a tenté de voler l’argent destiné au financement des femmes de Pikine. Mais, pris en flagrant délit de vol par sa patronne le mis en cause va commettre l’irréparable.

Des pleurs et des larmes fusent de partout, en cette matinée du samedi 19 novembre 2016, au quartier Khourounar de Pikine-Ouest. C’est la maison mortuaire où Fatoumata Mactar Ndiaye, 63 ans, vice-présidente du Conseil économique, social et environnemental (CESE), est morte. Laquelle survient deux mois après le décès de son mari, Doro Sy. Les traces de sang encore visibles sur le sol renseigne sur ce qui vient de se passer. Il est 11 heures 37. Sur place, des proches de la défunte arrivent en nombre. Ils ont du mal à pénétrer à l’intérieur de la maison. Inconsolables, certains tombent en transe, d’autres cachent leurs visages en versant des larmes. Pour ne rien rater, des curieux regardent la scène du haut des terrasses des maisons environnantes. Assistés par la Police scientifique et les sapeurs-pompiers, les limiers du commissariat de Pikine bouclent le secteur. Un périmètre de sécurité est érigé, pour les besoins de l’enquête. Après constat, le corps sans vie de la défunte est évacué à la morgue de l’hôpital de Pikine, vers12 heures 37.

Entendu par les limiers, le suspect, Samba Sékou Sow  dit «Bathie» récuse toute responsabilité dans la mort de sa patronne dont il est le chauffeur, avant de passer aux aveux. «Il reconnait avoir tué sa patronne pour des besoins financiers dont un projet de mariage prévu le 26 novembre prochain. On lui a réclamé une dot de 300 mille francs et que pour les préparatifs dudit mariage, il lui fallait des sous pour bien satisfaire ses invités», confie une source proche de l’enquête. C’est sur ces entrefaites, qu’il est placé en garde à vue, en attendant d’être présenté au procureur.

Seulement, il faut remonter le temps pour avoir trace de l’étincelle qui a mis le feu aux poudres. A la veille du Magal de Touba, «Bathie» demande la permission à sa patronne, selon des témoignages recueillis sur place. Cette dernière donne un avis favorable, avant de lui remettre 50 mille Frs Cfa. Le chauffeur revient le lendemain, aux environs de 7 heures 30. Bathie s’introduit dans la maison de sa patronne au moment où celle-ci effectue ses prières. Sur ce, la dame entend des bruits provenant de sa chambre. Elle s’approche pour s’enquérir de la situation.  C’est ainsi qu’elle surprend son chauffeur en train de voler l’argent destiné au financement des femmes de Pikine, octroyé par le ministre de la Microfinance, Moustapha Diop. Sur le feu de l’action, Fatoumata interpelle Bathie sur les raisons de sa présence suspecte dans sa chambre. «La victime faisait confiance au chauffeur car elle le considérait comme son propre fils», confie un témoin.

Cette interpellation sera perçue comme une provocation par Bathie qui, furieux, se rue sur la dame pour lui assener quatre coups de couteau. Fatoumata s’écroule et son bourreau l’achève en l’égorgeant. Son fils, Adama Sy, qui tente de venir en aide à sa maman va, à son tour, passer un sale quart d’heure. Il reçoit deux coups de couteau au cou et dans la région du cœur. Blessé, il sera évacué à l’hôpital Principal de Dakar où il lutte contre la mort. «Où est l’homme en boubou blanc ?», s’écrie Bathie qui coure vers la porte de la maison avec ses habits tâchés de sang, histoire de jouer au voleur qui crie au voleur. Puis, il se réfugie dans une maison non loin du lieu du crime.  Mais les traces de sang trouvées par terre vont aider les riverains à le trouver sur la terrasse d’une maison où il tente de se suicider. Coincé, Bathie tente de détourner la piste de ses voisins en s’interrogeant : «Où est Adama ? Il est mort ou pas, je veux savoir ?». Une interrogation qu’il réitère à plusieurs reprises, selon les habitants du quartier. Blessé à la main, il sera maitrisé par la foule et acheminé au commissariat de Pikine, après un bref passage aux postes de santé de Khourounar et de Baye Talla Diop (ex-Dominique) de Pikine-Ouest.

Théodore SEMEDO

 

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