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Magal 2016: histoire de la grande mosquée de Touba (part 2)

Peu de temps après, il y aura beaucoup de dysfonctionnements, notamment sur le comportement de TALLERIE qui s’est proposé pour gérer, avec des desseins inavoués, le chantier. Il était dans une logique d’arnaquer la communauté mouride. Ses agissements vont vite êtres découverts après 11 mois de travail, sous l’œil alerte de Mame Thierno. C’est ainsi, comme l’a si bien dit un journal de l’époque la « France d’Outre Mer » la communauté mouride a attaqué en procès TAILLERIE et a gagné le procès, grâce à l’entremise de Blaise Diagne, de Me Lamine Gueye et de El Hadji Massourang Sourang. Ils ont joué un rôle déterminant dans cette affaire. Il faut noter qu’à cette époque, après les démêlés avec la justice, le gouverneur avait publiquement déclaré que quiconque lui parlera de Mosquée sera immédiatement exécuté.

Devenu khalife, Cheikh Modou Moustapha décida de relancer les démarches pour l’obtention d’une nouvelle autorisation de construire. Apres de multiples échanges avec le Gouverneur, qui lui demanda un jour ce qu’il voulait. « Être exécuté » répondit cheikh Moustapha. Le Gouverneur en resta stupéfait et perplexe. Serigne Modou lui signifiera : « puisque vous avez décidé de tuer tous ceux qui voudraient une mosquée, eh bien moi je suis venu pour être exécuté ». C’est alors que la seconde rédaction de la lettre de demande fut confiée à Amadou Fall Bity, fils de Diery Dior Ndella, qui avec ses deux frères, Amadou Fall Boury et Ibrahima Fall Madior, assisteront jusqu’ à la fin Serigne Modou Moustapha MBACKE. Il faut préciser que cette demande a été rédigée par Serigne Mbacke Bousso.

La lettre fut remise au Gouverneur de Saint Louis par Serigne Modou Moustapha en personne. Elle sera ensuite remise au Gouverneur général de l’AOF qui la transmet à ses supérieurs en France. C’est ainsi que le ministre des colonies fut saisi pour octroyer à la communauté Mouride « sa mosquée ». Dans un contexte historique particulièrement difficile, car de 1929 a 1932 il y a eu un besoin financier intense de la métropole. La France occupée, suite à la première guerre mondiale, payait des droits à l’Allemagne. La France ne pouvait pas rater cette occasion pour un peu fructifier son économie car tous les matériaux de construction ont été vendus à la communauté. Il s’est alors posé le problème du convoiement de la marchandise.

Le chemin de fer Dakar–Niger passait par Diourbel. Le matériel lourd ne pouvant pas se porter à tête d’homme ni à dos d’animaux, la construction du chemin de fer était devenue un impératif à la communauté Mouride.

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