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Entretien avec Me Babacar Ndiaye Pdt de la FSBB : “Entre la FSBB et Junior NBA, les raisons d’un obstacle”

Le tournoi de basket-ball des jeunes prévu au mois de décembre risque de se tenir mais sans partenariat avec Junior NBA. C’est la révélation faite par le président de la Fédération sénégalaise de basket-ball, Me Babacar Ndiaye, au cours d’un entretien qu’il a accordé à  pour faire le point sur le Basketball sénégalais. Avec en point de mire l’Afrobasket 2017 et les éliminatoires de la coupe du monde prévus en 2019. Me Babacar Ndiaye a affirmé qu’il y a un problème de date qui se pose entre la fédération sénégalaise de Basketball et Junior NBA pour l’organisation de ce tournoi de jeunes.


 : La saison 2016 va démarrer en novembre, justement quel est le bilan que vous tirez de la saison écoulée ?

Me Babacar Ndiaye : C’est vraiment un bilan positif, notre première mission consiste à organiser les compétitions, et je crois qu’on a rempli cette mission avec le championnat tant chez les filles que les garçons avec une deuxième division qui regroupent 60 équipes. On a joué sur 12 régions parmi les 14 que compte le Sénégal. Cette année nous allons essayer de faire jouer les régions de Kédougou et de Matam. C’est dans l’optique de développer le basket de masse. Concernant le tournoi de monté de première division, on a vu une équipe comme Kolda qui a failli élimine la JA. Il a fallu les prolongations pour les départager. Vu les performances de cette Koldoise, on voit que le Basketball se développe à l’intérieur du pays. Les équipes de Sédhiou et de Fatick ont décroché leur ticket pour la monté. C’est de bons augures pour le Basketball Sénégalais. Sur le plan national, Dieu merci, nous avons terminé tous les championnats (masculin et féminin), ainsi que la coupe du Sénégal. En gros, on peut dire que notre mission a été remplie royalement.

 Une ligue de 60 équipes est-elle appropriée si bien qu’elle est divisée en zone ?

C’est une deuxième division en deux phases. Il y a la phase de poule qui regroupe 60 équipes, divisées en zone. Il y’a la zone sud, la zone centre, nord et la zone de Dakar. A la limite c’est une deuxième division zonale. Maintenant, après la phase de la poule, il y a une deuxième division nationale qui regroupe les équipes qui sont qualifiées de leur zone respective. Par la suite nous avons organisé pour les qualifiés un tournoi national qui a regroupé 18 équipes chez les garçons et 10 chez les filles. Ces deux tournois ont eu lieu à Thiès et se sont déroulés dans d’excellentes conditions, qui ont permis la qualification de Bouloc et Don Bosco de Thiès (chez les filles), de la JA et de Mboro.

Etes-vous satisfait de ce bilan ?

Oui je suis très satisfait de ce bilan, parce qu’au-de là de la deuxième division, on a réussi à organiser le tournoi de monté qui a regroupé 18 équipes. On a élargi le champ et c’est important. Je vais vous dire une chose, lors de ses tournois, on a vu que ce sont des jeunes qui ont joué cette compétition. Le directeur technique national a fait aussi la même remarque. Et ça nous permet vraiment de faire de la détection du moment que les joueurs étaient encore des juniors. Donc il y avait 18 équipes pour une première, chez les filles 10 équipes avaient validé leur ticket, mais 9 ont participé à ce tournoi. Parallèlement à la deuxième division qui a été organisé dans tout le territoire de la république, on peut aussi dire que la première division a connu un succès.  Nous avons organisé une saison correcte avec la coupe du Sénégal et le couronnement du « Roi » et de la « Reine ». A côté de cette mission classique d’organisation des compéttiions, la fédération sénégalaise de Basketball s’est également investie dans la formation technique. Dans ce sens, Nous avons organisé un séminaire de formation des entraîneurs en première et deuxième degré. Au total, 75 entraîneurs ont validé leur formation. Nous avons aussi organisé un séminaire de formation des commissaires et à l’issue de la formation 19 commissaires ont été déclaré admis à exercer leur fonction. On a également subventionné les entraîneurs nationaux qui faisaient l’examen pour être instructeur de FiBA à savoir Cheikh Sarr, Parfait Adjivon et Pape Moussa Touré. Sur le plan logistique, la fédération a aussi distribué 500 ballons à toutes les équipes du Sénégal.

Vous avez voulu innover l’année dernière en organisant les finales en semi-nocturne. Seulement il y a eu beaucoup de couacs et même de la violence. Pensez-vous changer de formule la saison prochaine ?

Je pense que les finales en semi-nocturne font partie des grandes innovations de la saison. On a organisé les matchs la nuit parce que tout d’abord c’était le mois de ramadan. Mais on voulait également faire ce qu’on appelle des sons et lumières. On ne pouvait le faire que la nuit, et comme vous l’avez constaté c’était magnifique. Maintenant il y a une finale, où il y a eu de la violence. Ce n’était pas une finale de la Fédération sénégalaise de basket mais de la ligue de Dakar. Même si nous partageons tout ce qui est bon et mauvais avec les ligues. Nous assumons leur bilan, car elles sont le démembrement de l’Etat. C’est ce seul problème qui s’est posé et nous le regrettons. L’année prochaine on fera le tout pour qu’un tel événement ne se reproduise plus. Mais en dehors de cela tout a été parfait.il y a eu une finale qui s’est terminée tardivement à cause de la pluie. On avait tôt démarré malheureusement il y a eu de la pluie et le terrain était devenu impraticable. On a attendu, mais la pluie n’a pas cessé. Compte tenu de ce facteur, nous avons reporté la finale. C’est lié à des intempéries et du fait qu’effectivement le terrain était impraticable.

Pour cette année, quel sera l’innovation majeure ?

D’abord, cette année on a innové avec le retour du couronnement du « Roi » et de la « Reine ». Cela fait partie du patrimoine du Basketball. Nous n’avons pas récompensé le Roi et la Reine plus que l’équipe championne du Sénégal. C’est une aberration. Nous gérons un sport collectif. Les récompenses collectives doivent primer sur celles individuelles. On ne va pas récompenser le Roi et la Reine à coup de millions et rester devoir de l’argent à des clubs. Ça aussi, c’est une aberration. Il y a un montant (5 millions) qui est payé à l’équipe championne du Sénégal, aussi bien chez les filles que chez les garçons. On a donc  trouvé une fourchette raisonnable dans ce montant pour récompenser le Roi et la Reine. Pour cette année on va encore innover, pour le démarrage de la saison le samedi 26 novembre 2016, il y a une journée non-stop de basket. On va jouer au basket de 12h à 00h. Toutes les équipes de Dakar vont recevoir et le public aura donc l’occasion de suivre toutes ses équipes jouer sur le parquet du Stadium Marius Ndiaye.

L’année dernière vous avez  tablé sur un budget 200 millions, qu’es ce qu’on peut s’attendre pour cette année ?

On a déjà fait un projet de budget qui a été adopté par le comité directeur. Il n’y aura pas assez de changement. Mais pour cette année le budget va tourner au tour de plus de 200 millions. Je pense que cela va suffire pour qu’on puisse organiser les compétions dans de bonnes conditions. Déjà, il y a des revenus fixe qu’on aura au courant de l’année, parce qu’il y a des contrats qu’on a déjà scellé et le reste on verra avec nos sponsors.

Et où en êtes-vous avec les licences numérisées ?

C’est un projet que nous avons légué le CNBS (Comité nationale de Basketball sénégalais) et nous allons poursuivre dans la mesure du possible. Nous allons demander à la fédération Marocaine un logiciel de numérisation des licences. Pour le moment, le projet est en cour  Nous sommes en train de voir pour nouer un partenariat dans ce sens. C’est important pour nous de numériser les licences. D’ici à l’année prochaine on verra, c’est un projet qui nous tient à cœur. Nous souhaitons avoir des licences numérisées avant de boucler notre mandant.

Quelles sont les grandes difficultés que vous avez rencontrées tout au long de la saison dernière?

Bon, il n’y a pas assez de difficultés majeures, Nous avons connu des difficultés certes mais en vérité qui n’ont pas pesé dans le déroulement de la saison. Nous avons parfois des soucis financiers, parce qu’un championnat coute cher, il faut le dire, mais quand même on parvient à s’en sortir. Au basket, c’est la fédération qui prend en charge presque toutes les équipes du championnat. Chaque semaine, il ne faut décaisser 1 millions pour les primes de transport autrement dit les subventions de transports. En plus de cela, on prend en charge les frais des arbitres et des commissaires. Donc, cela veut dire que chaque semaine, il nous faut 1 millions pour pouvoir organiser les matchs du championnat national. Mais, dieu l’année dernière on n’a pas eu trop de difficultés dans ce soucis.

Et en petite catégorie, la finale de la coupe du Sénégal cadette n’a pas eu lieu, qu’es ce qui est prévu pour la remplacer ?

Il faut d’abord préciser qu’on n’a pas participé à l’Afrobasket des moins de 18 ans, parce qu’on n’avait pas une équipe digne de ce nom pour cette compétition. Pour la petite catégorie, il faut d’emblée former une équipe compétitive pour ensuite penser jouer une compétition du genre. On a vu ce qui passé avec nos U18, notamment les cas de fraudes qui ont été notés. C’est la raison pour laquelle on a pris notre temps pour bien étudier les choses et donc naturellement mettre en place une équipe des moins de 18 ans. Pour revenir à la question, je dirai qu’effectivement on a supprimé la coupe du Sénégal cadette, pour la petite catégorie, il reste une compétition que nous voulons faire revenir, c’est le tournoi des jeunes pour faire de la détection. On prévoit de l’organiser au mois de décembre pendant la fête de noël. Donc chaque région aura une équipe de jeune et puis les  entraîneurs vont mettre en place des sélections de petite catégorie et entre temps des équipes régionales de petites catégories vont être mises en place par les directeurs techniques régionaux. Partant de là on pourra faire une détection pour créer des équipes U16, U18 et U20.

Lors de votre dernière sortie, vous aviez dit que le bureau fédéral va discuter pour prendre une décision pour le tournoi des jeunes qui se profile à l’horizon. Qu’en est-il au juste ?

Effectivement, on avait prévu une réunion pour en parler, mais on l’avait reporté jusqu’ à ce soir (mercredi 16 novembre 2016). Il y avait des pourparlers entre la fédération et junior NBA. Seed Academy est en avance dans ce domaine avec la Junior NBA. Nous sommes en discussion parce que le projet est très intéressant. Nous allons essayer de voir avec le bureau fédéral. Mais il y’a quelque chose de nouveau dans ce dossier, je viens juste d’en parler avec le directeur technique nationale. Pour le moment, il faut dire qu’il y a un problème de date qui se pose. Junior NBA ET Seed Academy veulent organiser le tournoi avant les fêtes de noël autrement dit pendant l’année scolaire. Mais durant cette période, cela va s’en dire que les enfants n’auront pas assez de temps, la plus sont des élèves. Donc, évidemment ça sera compliqué pour nous d’organiser ce tournoi national durant l’année scolaire, de leur côté aussi, il y a des américains de Junior NBA qui veulent profiter des vacances de noël pour être avec leur famille. C’est pour le moment l’obstacle qui se pose entre Junior NBA et la fédération sénégalaise de Basketball. Maintenant, si on peut trouver une solution pour résoudre ce problème tant mieux.

Dans ce cas est ce que ce tournoi aura bel et bien lieu même sans l’apport de Junior NBA ?

Quel que soit alpha, on va organiser ce tournoi pendant la période des fêtes de noël, c’est une période où les enfants seront disponibles. En plus, ce n’est pas un apport comme vous le dites. C’est un projet commun entre la fédération et Junior NBA. On a voulu organiser ce tournoi ensemble, il faut préciser que la fédération sénégalaise de Basketball avait déjà un projet concernant ce tournoi de jeune. On avait déjà programmé la tenue de ce tournoi. Que nous ayons des partenaires ou pas, c’est une obligation de la fédération d’organiser ce tournoi de jeune. On avait juste envie d’organiser ce tournoi en compagnie de Seed Academy et Junior NBA, maintenant comme je vous l’ai dit, nous avons un problème de date, on a souvent l’habitude de dire qu’à l’impossible nul n’est tenu. Mais ce qui est sûr est que le tournoi de jeune se tiendra au mois de décembre prochain.

Le Sénégal devra passer par le tournoi de la Zone 2 pour se qualifier à l’Afrobasket 2017. Avec quel entraîneur l’équipe fera ce tournoi ?

Nous sommes en train de voir cette question-là. J’ai d’abord sensibilisé les joueurs sur l’importance du tournoi qualificatif à l’Afrobasket 2017. Avec le nouveau système de la Fiba, pour pouvoir jouer les qualifications pour la Coupe du monde, il faut nécessairement être présent à Brazzaville. Certains joueurs m’ont donné leur accord de principe. Ils demandent simplement à être convoqués dans les délais raisonnables. On va tout faire pour que le match éliminatoire soit joué dans les meilleures conditions. On va s’y atteler. Moi-même j’ai une idée de mettre en place un comité pour la reconquête du titre chez les garçons et la conservation du titre chez les filles que je vais piloter. Dès ce mois de novembre on établira une fiche technique de préparation des deux Afrobasket en rapport avec les entraîneurs. On va aussi faire une innovation cette année pour mettre tout en place avant la venue des joueurs en regroupement

Où en êtes-vous avec le coach espagnol ,  Porfirio F. Diego et comptez-vous le garder pour la suite des compétitions ?

Le principe qui est retenu c’est de le garder. On a déjà un accord de principe avec lui. récemment j’ai discuté avec ce coach espagnol et il a dit en tout cas il va coacher les lions du basket lors de ce tournoi. On s’est mis d’accord  et peut-être à partir de ce moment on va signer un autre contrat qui va lui permettre de conduire l’équipe à Brazzaville.

Après un an à la tête de la Fédération sénégalaise de Basketball, êtes-vous satisfait de votre parcours ?

Oui très satisfait du parcours réalisé par l’équipe fédérale. J’ai toujours dit que moi seul je ne peux rien faire, j’ai une équipe fédérale qui a atteint ses objectifs. On a réussi à gagner l’Afrobasket en moins de trois mois après notre venue. On a qualifié l’équipe pour les Jo. C’est la deuxième fois dans l’histoire du basket que l’équipe féminine se qualifie aux Jo. Les garçons n’ont pas été ridicules. Ils ont perdu la demi-finale après prolongation et vous avez vu leur comportement après le tournoi préolympique. Sur le plan national, les compétitions ont été tenues, la cérémonie du roi et de la reine a été fêtée dans la plus grande ferveur. Donc vraiment il y a eu des retrouvailles de la famille du basket

Entretien réalisé par Madiagne Niang

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