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REPORTAGE : Profession éboueur, dans l’antre des techniciens de surface

Ils sont nombreux à exercer le métier de ramassage des ordures dans la capitale, Dakar. Ces éboueurs sont visibles au niveau des routes principales, les artères et les ruelles des quartiers. Malgré toutes les difficultés qu’ils rencontrent, ces infatigables rendent chaque jour la ville propre. Ils bravent le chaud soleil, la pluie et le vent pour remplir leur mission.

 Pelle et balai à la main, vêtu d’une blouse verte de l’entreprise de l’Unité de coordination de la gestion des déchets toxiques (Ucg), Rokhaya Faye, la quarantaine passée fait partie de ces femmes et hommes qui se lèvent très tôt le matin pour servir les citoyens. Mère de famille, elle passe toute la journée à ramasser des ordures au Rond-point du quartier Médina. S’activant aux alentours de l’hôpital polyclinique de Dakar, Rokhaya Faye n’a pas honte de son travail. En sueur, elle affirme qu’elle est fière d’exercer ce métier qu’elle considère comme tout autre métier.

 Cependant, elle déplore le comportement de certains citoyens à leur égard. «Les gens ne nous respectent pas. Malgré, les efforts consentis. Il suffit qu’on tourne le dos pour qu’ils salissent la surface qui est déjà propre», dénonce-t-elle avec la dernière énergie. En plus de cette indiscipline, elle dit être victime d’injures de la part de certains passants. «Nous ne demandons que le respect. Parce que nous exerçons un métier comme tout autre», plaide-t-elle. Quant à son collègue Abou Bass, il déplore l’insuffisance des salaires par rapport au travail fourni qui est énorme et aussi des matériels adéquats pour mener à bien leur travail.

Abdrahamane Mané qui s’active dans le secteur des ordures depuis plus de 10 ans ne cache pas son amour pour son métier. Selon lui, il se sent aussi bien dans sa peau qu’un médecin qui se sent à l’aise dans un hôpital. Mieux encore, il se dit à l’aise dans son travail qu’un ministre de la République dans son bureau. «Je ne me plains pas. Parce que je perçois convenablement mon salaire. Et je gagne bien ma vie», justifie-t-il. En effet, il révèle que les travailleurs de ce secteur bénéficient des mêmes avantages que les autres. Car ils sont inscrits dans les banques, l’Ipres est versé, et ils ont aussi une prise en charge médicale assurée en cas de maladie. Comme tous les autres travailleurs, la principale préoccupation des techniciens de surface est de parvenir à subvenir aux besoins de leurs familles. Pour exercer le métier de ramasseur, ils fournissent des pièces justificatives pour postuler. Ainsi, le métier reste accessible à toute personne intéressée. Comme c’est le cas de Cheikh Diop, étudiant en licence 2 à la Faculté des sciences juridiques et politiques de l’Université cheikh Anta Diop de Dakar. Il est employé dans ce secteur depuis 3 ans. Grâce à cet emploi, il finance ses études sans l’aide de personne. L’étudiant soutient qu’il est préférable d’être dans ce métier que de tendre la main. Interpellé sur le sujet, Omar Diallo, entrepreneur de son état, affirme que le métier de ramassage est noble comme tout autre métier. Avant d’ajouter que ces techniciens de surface exercent un travail très difficile. Car, argue-t-il, ils sont confrontés à de nombreuses difficultés. Ils sont également exposés à de nombreux risques.

 Partant de ce constat, il estime que ces travailleurs méritent une attention particulière de tous les citoyens. «Ces éboueurs jouent un rôle très important. Parce qu’il n’est pas facile de s’occuper des déchets des autres», dit-il.

 Parlant des risques dans le métier du ramassage des ordures, Zeynab Seck, médecin généraliste à l’hôpital Abbas Ndao, détachée au service des urgences, explique que dans tous les métiers du monde il y a des risques. Cependant, elle souligne que les risques liés au métier de ramassage d’ordures sont énormes. Selon elle, parmi ces risques, il y a l’infection des voies respiratoires, à cause du gaz dégagés par les véhicules. Il y a aussi l’odeur que dégagent ces ordures. A l’en croire, il existe aussi des risques biologiques à cause des seringues (Vih, hépatite B, etc.). Malgré des difficultés et des risques liés à l’exercice du métier, ces techniciens de surface assurent leur tâche et jouent un rôle très important pour la propreté de la capitale sénégalaise.

Baya TRAORE

(Stagiaire/Walf quotidien)

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