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PIKINE : 3 600 cas de viols enregistrés, en huit mois

Dans une étude rendue public par l’Ong Alphadev, 3 600 cas de viols sont répertoriés dans le département de Pikine, de janvier à septembre 2016. Le développement exponentiel de ce phénomène, qui ne connait pas de recul malgré la lourde sanction infligée aux auteurs, repose le vieux débat sur la criminalisation des violences sexuelles.

Pas de moins 3 600 cas de viols sont enregistrés dans le département de Pikine, entre janvier et septembre 2016. C’est ce que révèle une étude menée par des acteurs non-étatiques et des défenseurs des droits des enfants, membres de l’Ong Alphabétiser pour un développement durable  (Alphadev). Il ressort de cette même étude rendue publique, ce week-end dans la banlieue de Dakar, que sur les 3 600 cas de viols répertoriés durant la période concernée, les 2 880 impliquent des victimes issues de l’arrondissement des Niayes, qui polarise les communes de Keur Massar, Malika, Yeumbeul-Nord et de Yeumbeul-Sud. Ces chiffres représentent 80 % de l’effectif global. Une situation jugée alarmante qui préoccupe ces protecteurs des enfants et certaines autorités locales qui plaident pour la dénonciation. C’est pourquoi ils prônent le désenclavement de la banlieue et la lutte contre la pauvreté, seul gage pour remédier à ce phénomène qui prend de l’ampleur. «Ces viols proviennent souvent au niveau de l’espace familial, avec des cas d’inceste. C’est un phénomène qu’il faut combattre par la dénonciation et par la lutte contre la pauvreté», a déclaré  Mor Diakhaté, président de l’Ong Alphadev.

Sur les raisons de la recrudescence des violences exercées sur les enfants, M. Diakhaté explique qu’«il y a d’abord la pauvreté, la promiscuité, l’absence de revenus pour les familles, le manque d’éducation, l’analphabétisme ainsi que le comportement irresponsable de certains adultes qui profitent de la vulnérabilité de certaines familles pour exercer leurs sales besognes sur les enfants». Pour sa part, le maire de Keur Massar, Moustapha Mbengue, a précisé qu’«hormis la pauvreté, il y a l’enclavement, le manque d’éclairage public et d’infrastructures et l’inaccessibilité de certains quartiers surtout en période hivernale où les maisons inondées deviennent le refuge de certains malfrats». Ce qui, selon lui, expose les populations à la merci des prédateurs. «L’Etat doit appuyer la banlieue en procédant à son désenclavement», a appelé le maire de Keur Massar. Ces acteurs non-étatiques qui plaident également pour la sensibilisation ont organisé, auparavant, un forum communautaire sur les violences basées sur le genre, dans la banlieue dakaroise. Cette activité qui a été suivie d’une marche dans les rues de plusieurs communes de la banlieue a pris fin à la sous-préfecture des Niayes, où un mémorandum a été remis à l’autorité administrative.

Théodore SEMEDO (Walf Quotidien)

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