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Le taux de bancarisation est passé de 16,98 % en 2015 à 17,94 % cette année

Après une baisse en 2015, le taux de bancarisation strict a connu une hausse en juin 2016 en s’établissant à 17,94 %. Malgré une remontée de près d’un point en 2016 par rapport à 2015, le taux de bancarisation strict au Sénégal (poste, établissements de crédit et Trésor) peine encore à franchir la barre des 20 %.

La Direction nationale de la Bceao pour le Sénégal a révélé, hier, au cours d’une conférence de presse sanctionnant sa troisième rencontre avec l’Association professionnelle des banques et établissements financiers (Apbef), que le taux de bancarisation est de 17,94 % au mois de juin 2016 contre 16,98 % en 2015. Cependant, ce taux n’a pas encore atteint celui de 2014 qui s’était établi à 18,34 %. Les causes de la baisse observée entre 2014 et 2015, sont à lier principalement au travail d’assainissement intervenu dans le système bancaire et qui a permis d’apurer le fichier des comptes et de supprimer tous les comptes qui n’étaient plus actifs notamment ceux de certains étudiants qui n’avaient plus droit à la bourse d’études octroyées par l’Etat, a expliqué le Directeur national de la Bceao. « Cela a conduit à cette légère inflexion », a dit Mamadou Camara. La même tendance a été notée pour le taux de bancarisation élargi qui a connu une baisse entre 2014 et 2015 passant de 45,1 % à 43,35 % avant de remonter en 2016 pour s’établir à 45,51 %.

28 milliards de bénéfices en 2015 pour les banques

Relativement à la rentabilité, les banques ont réalisé, au titre de l’année 2015, un résultat net bénéficiaire de 28 milliards de FCfa contre une perte de 2 milliards de FCfa en 2014. Ce bon résultat s’explique par les performances enregistrées dans l’exploitation bancaire dans un souci de maîtrise des charges. « L’année 2015 a été marquée par d’importes provisions qu’une grande banque de la place avait constitué dans la couverture de ses créances en souffrance et elle s’en était sortie très largement bénéficiaire. Cela a permis d’avoir des résultats nets excédentaires de manière globale. Mais cela ne veut pas dire que les banques prises individuellement ont affiché des bénéfices. En effet, 8 ou 9 d’entre elles sont ressorties déficitaires durant l’exercice 2015 », a expliqué M. Camara.

Le système bancaire sénégalais demeure marqué par une diversité du paysage bancaire et une hausse de l’offre de services financiers. Dans ce contexte, les crédits des établissements de crédits accordés à la clientèle se sont accrus en relation avec la hausse des ressources collectées et la consolidation des fonds propres, a fait savoir M. Camara. En décembre 2015, le Sénégal comptait 27 établissements de crédit dont 23 banques en activité et trois établissements financiers. La succursale de Coris Bank n’ayant pas encore démarré ses activités. S’agissant de l’inclusion financière, 383 systèmes financiers décentralisés renforcent le réseau financier à travers 1.168 guichets permanents. Ces institutions cumulent, selon la Direction nationale de la Bceao, 2.417.384 comptes ouverts avec 164.789 comptes-groupement.

Lors de cette réunion, la Direction nationale de la Bceao a fait part de l’entrée en vigueur de textes réglementaires portant sur les nouvelles dispositions régissant les transferts hors Uemoa, de l’avis de la Banque centrale sur le commerce tripartite dans l’Uemoa et de l’instruction n°13-11 2015 relative aux modalités d’exercice de l’activité de transfert rapide d’argent en qualité de sous-agent.

 

Elhadji Ibrahima THIAM

 

Plaidoyer pour le renforcement des conditions d’accès au crédit

Relevant la baisse constatée du taux de base bancaire moyen qui est passé de 8,62 % en 2014 à 8,57 % en 2015, le Directeur national a encouragé le renforcement des conditions d’accès aux crédits. Les taux débiteurs minimums se sont situés entre 7 et 9 % pour les banques et 6,5 % et 18 % pour les établissements financiers. Alors que les taux débiteurs maximums, pour leur part, se sont établis entre 11 et 15 % pour les banques et varient entre 17 et 22 % pour les établissements financiers. Par ailleurs, Mamadou Camara a recommandé la poursuite de l’assainissement des portefeuilles bancaires en vue d’un financement adéquat de l’économie. En effet, sur la base des données arrêtées à fin décembre 2015, les établissements de crédit en activité affichait un total bilan de 5.401 milliards de FCfa, soit une hausse de 18 % par rapport à 2014. Les ressources collectées par le système bancaire ont augmenté de 18 % pour s’établir à 4.482 milliards de FCfa à fin décembre 2015. Ces ressources sont constituées à hauteur de 83 % de dépôts et emprunts de la clientèle.

Elhadji Ibrahima THIAM

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