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Gestion des tensions sociales : Le sermon de Al Amine

Une délégation du Haut conseil du dialogue social (Hcds), dirigée par sa présidente Innocence Ntap Ndiaye, a rencontré ce vendredi le porte-parole de la famille Sy, Serigne Abdou Aziz Sy «Al Amine». La rencontre a essentiellement porté sur l’apaisement du climat social de façon générale dans tous les secteurs, mais sur l’éducation en particulier. Une occasion pour le marabout d’appeler à un dialogue permanent pour résoudre la crise sociale au Sénégal.

C’est la thérapie de choc préconisée par Serigne Abdou Aziz Sy «Al Amine» pour résoudre la tension sociale au Sénégal avec les grèves des syndicats d’enseignants, de santé et de justice : Anticiper pour désamorcer les conflits sociaux. «Il faut prévenir les malentendus au lieu d’attendre que ça brûle pour venir en sapeur-pompier», a demandé le porte-parole de la famille Sy. «Il faut toujours s’asseoir ensemble pour discuter jusqu’à avoir un consensus», dit-il, car pour lui, «un pays doit vivre dans un dialogue permanent». Ainsi, invite-t-il l’Etat et les enseignants à continuer sur la voie rationnelle du langage de vérité pour une année scolaire apaisée car, a rappelé le marabout, «l’éducation des enfants est la base pour forger une société juste». L’Etat doit donc, selon lui, «dire ce qu’il peut faire et respecter cet engagement, mais aussi les enseignants ne doivent pas demander ce que l’Etat n’a pas», a-t-il ajouté. A l’attention de ces derniers, le religieux de demander : «Le Sénégal est notre pays. Il nous appartient à tous. Et si l’enseignement ne marche pas, le pays ne marchera pas», a-t-il dit avant de faire noter : «Quand je regarde un étudiant s’exprimer, j’ai peur pour notre jeunesse parce qu’ils font tellement de fautes. Cela est dû à l’instabilité du système éducatif.»

Année scolaire apaisée
Par ailleurs, il a suggéré aux enseignants de mettre l’accent sur l’éducation des enfants : «Il faut qu’on éduque également les enfants à l’école. La formation seulement ne suffit pas. Parce que l’enseignement sans l’éducation c’est du gâchis.» Au-delà, le marabout est revenu sur le dénouement de la crise scolaire de l’année dernière : «Nous ne sommes pas des politiciens, mais des citoyens. Nous n’allons jamais regarder ce qui peut détruire le Sénégal. C’est pourquoi nous avons rencontré l’année dernière les enseignants. Mais au Sénégal, quand tu fais un geste on dit : ‘’le marabout fait de la politique’’.» Il conclut par féliciter et encourager le Hcds à continuer sur le chemin du dialogue parce que sans lui «le pays n’avancera pas». «Je magnifie le travail abattu par le Hcds qui joue un rôle de facilitation des relations entre les parties.» Cela est d’autant important que «le Sénégal est un pays de dialogue et de concertation». A sa suite, Innocence Ntap Ndiaye est revenue sur la visite de la délégation du Hcds qu’elle dirige pour dire que «c’est une visite de courtoisie qui a pour objet d’abord de faire un ziar parce que depuis notre installation, nous avons inscrit dans notre agenda une visite aux chefs religieux». Ensuite, «vu l’intervention de ‘’Al Amine’’ dans la crise qui s’est survenue l’année dernière dans le milieu scolaire, nous avons estimé qu’il fallait venir lui rendre visite et lui rendre compte des conclusions du conclave tenu à Saly Portudal par les acteurs de l’école puisque nous sommes à la veille de la rentrée scolaire». Egalement, «pour qu’il prie pour un Sénégal de paix, mais surtout pour une année scolaire apaisée», a expliqué la présidente du Hcds avant de revenir sur la rencontre, tenue à Saly, avec les enseignants et qui s’inscrit, selon elle, dans la pré-rentrée scolaire. «Nous avons organisé cette rencontre à la veille de la rentrée scolaire comme nous l’avions fait l’année dernière. Une rencontre organisée en deux phases. La première a consisté pour le ministre de l’éducation de rencontrer la communauté éducative. Ce que nous appelons, une sorte de ‘’ndeup’’ en interne avec les acteurs de l’école. Et dans une seconde phase, nous avons rencontré les syndicats avec les représentants des départements qui sont en charge de l’exécution des différents engagements pris par l’Etat. Nous avons donc, avec eux, procédé à la revue et de façon objective.» Et l’innovation cette année, selon In­nocence Ntap Ndiaye, «c’est le fait qu’on ait mis en place depuis presque deux mois un comité technique composé de représentants du gouvernement, de syndicats d’enseignants et de membres du Haut conseil. Nous avons, à la suite de ces travaux, élaboré un document consensuel sur les minima de revendications que le gouvernement pourrait vraiment exécuter et qui peuvent nous conduire vers une année scolaire apaisée. Parce que tous les parents étaient en attente justement de savoir, est-ce que c’est pour cette année le ‘’Ouby tay diang tay’’. Heu­reusement dans un échange fructueux, mais empreint de sincérité, nous avons essayé de renouer la confiance entre les différents acteurs. Nous avons clôturé nos travaux ce vendredi et nous pensons que cela augure de jours meilleurs».
En somme, conclut Mme Ndia­ye, «les acteurs de l’éducation se sont engagés pour une année scolaire sans grève. Des dispositions sont aujourd’hui prises par l’Etat et les syndicats d’enseignants afin que l’année scolaire 2016-2017 se déroule avec zéro grève et dans un climat apaisé. Un consensus fort a été trouvé par les deux parties pour sauver l’école sénégalaise des crises récurrentes. Et les syndicats ont affiché une attitude responsable pour une pacification de l’espace scolaire en direction de la rentrée scolaire sans perturbation», a-t-elle annoncé.

nfniang@lequotidien.sn

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