Senejournal - Toute l'actualité du Sénégal

A l’heure de l’émergence… Quand le clown fustige l’éducateur !

Il arrive des moments où le silence s’invite et répand toute la splendeur de sa beauté et de sa richesse partout dans notre être. Et c’est parti pour de longues journées suivies de nuits interminables où l’on médite, l’on rumine et l’on s’émeut d’une scène politicosociale aussi teintée de scandales et d’ignominies comme le nôtre.

Seulement, les délices de ce silence parlant ne sont jamais pérennes, et nous sommes souvent contraints à laisser les mots traduire l’amertume qui nous grignote le cœur chaque fois que l’actualité quotidienne porte à notre connaissance un cas d’atrophie morale exceptionnel. C’est le cas de cette insulte longtemps contenue et proférée par un clown à l’endroit des enseignants du Sénégal ou plutôt toute une corporation, du moniteur de la case des toutpetits au professeur titulaire de chaire qui parachève l’esprit et l’âme des héritiers de la République.

Dieu tout puissant ! Combien de fois avionsnous tenté, par le passé, d’annoncer, dans un sujet semblable, que quand, dans un peuple, faire état de ses carences intellectuelles tous les soirs sur un plateau télévisé donne droit à un salaire très alléchant? c’est qu’à ce niveau la comédie suscite forcément la critique. Qui, plus est, lorsque des soidisant concepteur de programmes guettent impatiemment le mois appelé « béni » du ramadan pour faire de la télé une foire de courtsmétrages fades, malsains et blasphématoires, c’est que le mal est profond. Et se taire est presque synonyme de crime.

Mais là n’est pas le but de nos propos… Nous avons seulement été choqués par la lâcheté avec laquelle les très braves enseignants du Sénégal ont été encore une fois insultés sur le même plateau et traités de «nullards» par un soidisant débatteur à l’émission « Jakaarlo » diffusée sur la Tfm ce vendredi du 22 juillet 2016. Un monsieur dont l’argument passepartout, toujours en bandoulière, est « 90% des… ». Mais que ces insanités proviennent de la bouche « d’un frère de…» qui, las de squatter les ghettos de Harlem, à la recherche de billets estampillés «In god we trust», est revenu gagner enfin sa vie à la sueur du front de son frère, serait peut être pardonnable.

Qu’il appartienne à une lignée méconnue du palimpseste historique de l’intelligentsia sénégalaise, ce n’est pas aussi une raison pour qu’il s’acharne sur d’honnêtes citoyens, travailleurs infatigables de l’ombre qui, dès le bas âge, ont nourri leurs esprits aux lettres et à la connaissance. Ce qui leur a valu le très noble statut d’enseignant qu’on leur accole au sein de leur société. Jalousie extrême ou haine viscérale ?

Nous comprenons pourquoi jamais les caméras ne quitteront nos boîtes à images nationales pour un reportage sur le terrain dans les artères arides de Keur Madiabel ou sous le soleil ardent de Maka Koulibantan pour un reportage instructif comme «une journée à l’école». Le bon journalisteinvestigateur devrait accompagner et filmer l’enseignant, de son dortoir où il prend en grosplan les punaises sur son lit, jusque dans son inflammable abri provisoire où il consume ses journées à désherber l’esprit fertile de ses mômes.

Hélas ! Une pensée qui ne trouve pas son mot est à l’état de fermentation et nous laisse autonome, mais dès qu’elle trouve son mot et se profère, sans maturité, nous devenons son esclave. Monsieur le «clowndirecteur» s’est sans doute accommodé de cette évidence quand, cinq jours après son show, il a reçu le ministre de l’éducation nationale venu étaler toute sa denture à l’écran pour se glorifier du taux convenable des résultats du bac et magnifier son espoir pour l’école publique sénégalaise colorée par une décennie de turbulences à causes multiples. Et loin de nous l’idée de nous ériger en porteparole de quiconque, c’est juste que monsieur le «directeur des clowns» et «de ses caprices» n’a pas pris le soin d’ajuster sa communication. En vérité, à défaut de maîtriser l’essence de cette émission à laquelle il est convié, il s’attèle aisément à la décrédibiliser à petit feu, par ses arguments fallacieux et comiques dignes d’un potache en classe de CM2 qui s’initie à la cohérence du raisonnement!

El Bachir THIAM

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.