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PÊCHE : Le poulpe sénégalais veut reconquérir les marchés extérieurs

La détérioration de la qualité du poulpe a entrainé une forte baisse des exportations au Sénégal. L’Union patronale des mareyeurs exportateurs du Sénégal (Upames) a tiré ce jeudi sur la sonnette d’alarme pour permettre de redorer le blason du label sénégalais.

Le marché du poulpe constitue un important enjeu financier pour le Sénégal. Mais depuis quelques années, la crise secoue l’exportation de ce produit. Face à la gravité de la situation, l’Union patronale des mareyeurs exportateurs du Sénégal (Upames) a tiré sur la sonnette d’alarme pour permettre au Sénégal de jouer à nouveau son rôle dans le concert des nations exportant le poisson. En collaboration avec les services déconcentrés du ministère des Pêches et de l’Economie maritime, elle a réuni ce jeudi les acteurs concernés du département de Mbour, pour les sensibiliser sur la situation. Selon Makhtar Thiam, secrétaire général de l’Upames, le poulpe sénégalais a perdu toute crédibilité sur le marché extérieur ces dernières années du fait de pratiques malsaines comme le trempage avec de l’eau. « Ce procédé qui consiste à mettre de la glace et de l’eau pour gonfler artificiellement le poids des produits nuit considérablement à la qualité et à l’image du poulpe sénégalais et de notre pêche », a-t-il indiqué. Selon M. Thiam, l’administration est là pour réguler le secteur, mais le manque de moyens humains et financiers fait que le Code de la pêche n’est pas appliqué sur les plages. « Aujourd’hui, nous voulons lutter contre ces pratiques malsaines mais malheureusement nous n’avons pas de moyens légaux contre ces  pratiques », a-t-il noté M. Thiam en insistant sur la nécessité de mettre en place une filière poulpe dans les zones de Mbour et Joal-Fadiouth afin de pouvoir identifier et responsabiliser tous les acteurs concernés avec un cahier de charge et des engagements bien précis. « Pour ce faire, il faut un cadre législatif et réglementaire pour que la police, la gendarmerie et l’administration des pêches puissent jouer pleinement leur rôle », a-t-il relevé.
Le poulpe fait rentrer beaucoup de devises au Sénégal. Les enjeux financiers sont donc très importants. Sur les 12.000 tonnes de produits exportés en frais, les poulpes constituent environ 30 à 40 % et 60 % de ces exportations vont sur les marchés comme l’Italie et l’Espagne qui sont les plus grands acheteurs de produits céphalopodes. Le Sénégal qui a perdu sa crédibilité sur les marchés extérieurs veut ainsi redorer le blason de son label pour faire face à la rude concurrence imposée par des pays comme le Maroc et la Mauritanie, mais aussi préserver ces parts de marché.
A.DIEYE
 


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