Senejournal - Toute l'actualité du Sénégal

Suspension de Ousmane Sonko: La République s’érige en boucliers

Les responsables du parti politique, Patriote du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (Fastef) s’érigent en bouclier contre la suspension de leur leader, Ousmane Sonko de sa fonction d’inspecteur des impôts. En conférence de presse hier, mercredi 27 juillet, les patriotes ont accusé directement le ministre des Finances, Amadou Bâ d’être derrière cette décision politique qui selon eux, est nulle et non avenue.

Vingt-quatre heure après la suspension de leur leader de sa fonction d’inspecteur des impôts par voie d’huissier, le parti politique, Patriote du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (Pastef) rompt le silence. En conférence de presse hier, mercredi 27 juillet, les camarades d’Ousmane Sonko, leur porte-parole du jour, l’inspecteur des impôts, Birame Souley Diop, par ailleurs administrateur de Pastef, ont notamment fustigé cette suspension prise dans le but d’intimider leur leader. En effet, selon eux, Ousmane Sonko, contrairement à ce que disent les partisans du pouvoir, n’a jamais outrepassé ses obligations de fonctionnaire d’État notamment, encore moins violé le fameux droit de réserve auquel, il est assujetti comme tout fonctionnaire de son rang. «Ousmane Sonko n’a jamais fait de révélation. Il n’a fait que commenter des informations déjà sur la place publique. Depuis qu’il a déclaré que les députés devaient des impôts au trésor public, les sorties se multiplient pour demander qu’il soit démis de ses fonctions. Alors qu’il n’a fait que commenter un texte publié dans le site du ministère des Finances», a fustigé Birame Souley Diop dans un ton combatif. 

Précisant, par ailleurs, qu’«Ousmane Sonko est un fonctionnaire, soumis à toutes les obligations, notamment le droit de réserve, le droit de discrétion, mais aussi que c’est tout à fait normal pour lui de recevoir une notification », le porte-parole du jour de Pastef a toutefois jugé illégale l’acte suspensoir envoyé à leur leader. En effet, selon lui, il ne relève des compétences de Cheikh Tidiane Ba, Directeur général des Impôts et Domaines, bras armé dans cette affaire du ministre Bâ, d’apposer sa signature. Par conséquent, il a annoncé qu’Ousmane Sonko qui avait déjà introduit une demande pour un détachement depuis bientôt 9 mois, ne va pas se plier à cette «forfaiture» et continuera à fréquenter son bureau. Mieux, il a indiqué que Pastef va assumer son droit de veille, d’alerte et de dénonciation de toute forme de mal gouvernance, de gabegie, de pillage des ressources et de la gestion clanique du pouvoir. «Aucune intimidation, aucune menace ne nous dévira de cette trajectoire que nous nous sommes tracés et sou tendue par la devise : le don de soi pour la patrie», conclu-t-il. 

 


MADIEYE MBODJ (YONOU ASKAN WI)

«ON NE DOIT PAS LUI CHERCHER DES POUX»

 

Quand une institution nationale comme l’Assemblée Nationale se permet de faire l’incivisme fiscal, que quelqu’un le dénonce, on doit lui dire bravo. On ne doit pas lui chercher des poux dans sa tête. Ils ont fait cela pour l’intimider, en pensant, avec des mesures de coercition, étouffer la voix des patriotes de ce pays. Mais c’est peine perdue, nous avons lutté depuis de longues décennies pour faire avancer la démocratie dans ce pays. Ce n’est pas aujourd’hui qu’on va accepter que quelqu’un vienne remettre en cause ces acquis là et nous faire reculer. Ça, c’est impardonnable, c’est inacceptable. Vous savez le devoir  de réserve, il est toujours mis en relation avec le droit à l’information du citoyen. 

Dans notre conception, le droit à l’information du citoyen est un droit constitutionnel. Le devoir de réserve effectivement est une obligation qui pèse sur le fonctionnaire. Mais qu’on nous démontre que Monsieur Sonko a violé le droit de réserve. Jusqu’à présent, ils ne nous ont pas dit en quoi il a violé le droit de réserve parce que les informations qu’il a présentées sont publiques. La loi rectificative qui lui permet de dire aujourd’hui, au lieu de trois (3) milliards annoncés, on a dépensé dix (10) milliards dans l’organisation du référendum. Ce n’est pas quelque chose qu’il a inventé. Il l’a trouvé dans la loi de finances rectificative qui a été présentée à l’Assemblée nationale votée par les députés. 

Où est le droit de réserve dans cela, quand il dit que l’Assemblée n’a pas reversé les impôts ? Parce que simplement bien avant lui la presse avait fait écho de cette information. Donc, jusqu’au moment où je vous parle, il n’a jamais été démontré que Monsieur Sonko a commis une faute professionnelle. Si Monsieur sonko est coupable d’une faute professionnelle, mais qu’on le démontre et qu’on le punisse en connaissance de cause. Mais on ne peut pas se permettre de faire des suppositions, des aprioris pour noyer le poisson comme on  dit et puis donner l’impression aux Sénégalais que cette décision est justifiée par le statut de haut fonctionnaire de Monsieur Sonko, ce n’est pas vrai. Ce que Monsieur Sonko a dit encore une fois relève du domaine public, ce n’est pas une révélation d’un secret professionnel. Il n’a pas diffusé de secret professionnel, ce qu’il a dit se trouve dans le site du ministère de l’économie et des finances. C’est la loi des finances rectificative de l’Assemblée, c’est les rapports de l’Ige, de l’Ofnac ; mais tout cela c’est des documents publics, on ne peut pas lui reprocher de faire un devoir citoyen et c’est exactement ce que Monsieur Sonko a fait .    


Le M23 s’indigne et condamne
 

La polémique sur la suspension de l’inspecteur général des impôts et domaines, Ousmane Sonko, tout comme le remplacement de Nafissatou Ngom Keita à la tête de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac), est loin de s’estomper. Cette fois-ci, c’est le Mouvement des forces vives de la Nation/M23 qui est monté au créneau pour fustiger le sort réservé aux deux personnalités citées ci-dessus. 
Son coordonateur national est d’avis qu’il faut regretter la décision prise par les autorités pour sanctionner le fonctionnaire des impôts et domaines. Pour Mamadou Mbodj, qui réagissait sur les ondes de la Radio Sud Fm hier, mercredi 27 juillet, «il faut certainement regretter cette décision dans la mesure où elle viole les textes de l’administration». Cela, poursuit-il, «dans la mesure où elle (décision) porte sur un homme dont le seul tort a été d’alerter». En effet, M. Mbodj reste convaincu que rien n’est confidentiel lorsqu’il s’agit de l’intérêt de la Nation. Pour lui, «lorsqu’il s’agit de dire ce qui se passe dans la gestion des biens publics, dans ce que le contribuable a confié à des hommes politiques, il n’y a pas de confidence, ni de secret». 

Par conséquent, il trouve que la suspension de M. Sonko est une «violation de la loi».  Il pense qu’il faut que, «quand c’est mal géré, quand c’est contraire à l’éthique, que les fonctionnaires aient le courage de dénoncer». Parce qu’à son avis, «c’est à ce rythme là qu’on pourra rectifier les erreurs, corriger les fautes qui sont de plus en plus nombreuses dans le cadre de la gestion du pays». 

Revenant par ailleurs, sur le remplacement de Nafissatou Ngom Keita à la tête de l’Ofnac, M. Mbodj dit être «choqué» par cette décision, non sans la condamner de la manière la plus ferme. Pour cause, «au lieu de sanctionner les autorités qui ont la gestion calamiteuse des structures de l’Etat, on est en train au contraire de porter la sanction sur ceux qui veillent à la bonne gestion du pays», déplore-t-il. 

D’ailleurs, s’offusquant de la gestion de l’actuel régime, il a fait savoir que les autorités violent de plus en plus les lois. Pour lui, «on se rend compte que de plus en plus, les autorités politiques non seulement ne respectent pas la loi, mais observent sa violation par décret».    





DIALO DIOP, S.G DU RND : «Nous considérons cette décision comme une tentative d’intimidation»

« Nous apportons notre soutien total à Ousmane Sonko et à son Parti dans cette épreuve inutile et vaine que nous impose le nouveau jeune despote qui s’est retrouvé à la tête de notre pays pour qu’il sache que les forces qui ont dégagé Abdou Diouf, dégagé Abdoulaye Wade, s’il suit les traces de ces deux prédécesseurs là, sont encore là pour le dégager lui-aussi. Et s’il a le moindre doute sur ce fait avéré, qu’il continue sur la lancée du soi-disant lion qui dormait et qui est en train de se réveiller. Nous considérons cette décision comme une tentative d’intimidation dirigée contre le Secrétaire Général de Pastef, qui montre tout simplement, qu’il a mis le doigt là où ça fait mal. Il les dénonce dans les forfaits quotidiens auxquels ils se livrent tous. Tous partis confondus au sein de cette fausse coalition qui est Benno Bok Yakaar et c’est une manœuvre vaine, parce que ça ne peut pas intimider Sonko, les patriotes et démocrates de ce pays, les forces de l’espoir que nous représentons, le peuple Sénégalais qui en a vu d’autres ». 

SUD QUOTIDIEN


Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.