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Seydi Gassama sur les contours du remplacement de Nafy Ngom: “Un mauvais signal pour Seynabou Ndiaye Diakhaté”

La manière dont est survenu le remplacement de Nafissatou Ngom Keita à la tête de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac) «est un mauvais signal pour son remplaçant», Seynabou Ndiaye Diakhaté. C’est du moins la conviction du président de la section sénégalaise d’Amnesty international. Seydi Gassama pense, en effet, que le départ de Mme Ngom, qui n’avait pas bénéficié du soutien politique du chef de l’Etat, sans occulter la volte-face du procureur de la République sur le «protocole de Rebeuss», sonnent, en réalité, comme une fin de la lutte contre la corruption.

La nomination de Seynabou Ndiaye Diakhaté à la tête de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption en remplacement de Nafissatou Ngom Keita en fin de mandat (?) pousse certains observateurs à s’interroger sur des dossiers ouverts par l’ex-présidente de l’Ofnac, en l’occurrence l’affaire Pétro Tim, tout comme le «protocole de Rebeuss», sans oublier le rapport 2014-2015 ? 

Interpellé par la rédaction de Sud Quotidien au lendemain de la destitution de Mme Ngom, le président de la section sénégalaise d’Amnesty international affiche ses inquiétudes. 

En effet, Seydi Gassama dit être inquiet sur le «sort qui sera réservé à la lutte contre la corruption». Selon lui,  l’Ofnac est une institution qui doit bénéficier de toute la détermination, de tous les moyens, sans oublier le soutien politique de l’Etat, pour mener à bien son travail de lutte contre la corruption. 

Hélas, se désole-t-il, «pour ce qui concerne Nafy Ngom Keita, nous savons très bien qu’elle n’a pas eu le soutien politique qu’il fallait pour faire son travail». La preuve reste incontestablement, selon lui, le lynchage médiatique dont a fait l’objet la désormais ex-présidente de l’Ofnac, venant de la part de hauts responsables du gouvernement. 
Pis, à son avis, «certaines personnes mises en cause, au lieu de se défendre devant la justice, se sont rués dans les médias pour l’attaquer».      

Le «droit de l’hommiste» s’est en outre inquiété de la tournure prise par l’affaire dite «protocole de Rebeuss», portant sur 74 milliards. De l’avis de Seydi Gassama, le départ de Nafissatou Ngom Keita, lié à la volte-face du procureur dans l’affaire citée ci-dessus, poussent à se poser un certain nombre de questions. Ainsi, il se demande «est-ce que la volonté du président de la République de lutter contre la corruption, contre l’enrichissement illicite, existe toujours ? Est-ce que nous ne sommes pas en train d’assister à un rétropédalage ?». Mieux, M. Gassama s’interroge aussi en se posant les questions suivantes : «est-ce que celle qui a remplacé Nafy aura le même courage qu’elle ? Est-ce qu’elle ne connaitra pas le même sort à la fin de son mandat ?». 

Répondant lui même à son propre questionnement, il trouve qu’il y a de quoi s’inquiéter. Pis, selon lui, si on se fie aux propos du chef de l’Etat, ainsi que ceux de son entourage, qui estime qu’il vaut mieux une stabilité sociale qu’une lumière sur le protocole de Rebeuss, «on se rend compte que ce n’est plus une priorité». «Tout cela montre que la lutte contre la corruption, toutes ces institutions qu’on a mis en place, c’est fini, c’est terminé», se désole-t-il.    

Par conséquent, partant du fait que «la personne qui était à la tête de l’Ofnac n’a pas eu tout le soutien de la part du chef de l’Etat, pour faire son travail», Seydi Gassama en a déduit que «c’est un mauvais signal pour son remplaçant». A son avis, Seynabou Ndiaye Diakhaté risque de connaitre le même sort à la fin de son mandat, si toutefois elle empruntait la même voie que son prédécesseur.  

SUD QUOTIDIEN


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