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COUD, Perspective d’un 2ème rapport sur Pétrotim, Affaire Diack…: e qui a fait couler Nafi Ngom

Le rapport de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC) publié le 24 mai dernier, et qui avait épinglé les proches de Macky Sall dont le directeur général du Centre des oeuvres universitaires de Dakar (COUD), Cheikh Oumar Hann, de même celui (rapport) en perspective (dont la publication est attendue entre novembre et décembre 2016)dans lequel devrait figurer l’affaire Pétro Tim où Aliou Sall, le frère du Président, est cité, seraient les principales causes du départ avant terme de Mme Nafi Ngom Keïta. Nos sources sont formelles : «Nafi Ngom Keïta commençait sérieusement à gêner le Palais». Résultat des courses, le Président Sall lui aurait demandé, en novembre 2015, de quitter l’OfnFNAC, en échange de nomination aux fonctions de Ministre, Ambassadeur, Commissaire de l’UEMOA, Vice-gouverneur de la Banque centrale. Ce qu’elle a refusé. En plus nos sources indiquent que le décret décidant de mettre fin aux fonctions de Mme Nafi Ngom Keïta est «illégal» puisque le mandat court jusqu’à mars 2017.

Le Palais n’a jamais souhaité que le nom du Directeur du Centre des oeuvres universitaires de Dakar (Coud), Cheikh Oumar Hann, figure dans le rapport de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac) concernant la période 2014-2015 et publié le 24 mai 2016, informent nos sources. Tout a été fait, disent-elles, pour amener la présidente Mme Nafi Ngom Keïta à revoir sa copie. Ce qu’elle a refusé, tenant à faire, en toute conscience et transparence, un rapport exhaustif basé sur des faits réels. Cette détermination de la patronne de l’Ofnac n’était pas du goût du palais qui tenait à protéger le Dg du Coud, expliquent nos sources qui ajoutent que Mme Nafi Ngom Keïta est présentée dans l’entourage du Président Macky Sall et celui de l’Alliance pour la République (Apr) comme quelqu’un qui n’est pas «gérable».

En effet, depuis plus d’une dizaine de jours, des informateurs ont mis la puce à l’oreille à certains membres de l’Ofnac qui ont appris le départ imminent de Nafi Ngom Keïta. Parmi les lobbies, il y a un ministre et un membre du cabinet du Président Sall qui ont beaucoup travaillé à ce départ avant terme de Mme Nafi Ngom Keïta.

LA PERSPECTIVE D’UN 2EME RAPPORT DERANGE

Nos sources soutiennent que l’autre raison du départ précipité de Mme Nafi Ngom Keïta, est liée à la perspective d’un deuxième rapport de l’Ofnac qui est attendu entre novembre et décembre 2016. Dans lequel rapport figureront, entre autres dossiers, l’affaire Petro Tim et Diack. D’ailleurs, Aliou Sall, le jeune frère du Président Sall, a été entendu par les services compétents de l’Ofnac dans le dossier Petro Tim. Quant à M. Ousmane Tanor Dieng, il n’a pas encore déféré à la convocation de l’Ofnac dans l’affaire Diack, précisent nos sources.

NAFI NGOM SNOBEE PAR LE PALAIS ?

En outre, nos sources ont fait remarquer que le président de la République, en plus du draft du rapport qu’il a reçu sous version électronique (après avoir demandé qu’on le lui envoie par mail pour le lire dans l’avion), l’Ofnac lui a envoyé des exemplaires du rapport contre décharge du service courrier de la présidence. Mais depuis que le Chef de l’Etat a reçu le rapport, il n’a établi aucun contact avec la Présidente de l’Ofnac, notent nos sources qui indiquent que le palais a tout fait pour que Mme Nafi Ngom Keïta et son équipe ne communiquent sur le rapport. C’est le lendemain de la publication du rapport de l’Ofnac, que le Président a reçu, le 25 mai, au cours d’une cérémonie officielle au Palais, celui du Haut conseil pour le dialogue social.

MACKY VOULAIT LE DEPART DE NAFI NGOM DEPUIS NOVEMBRE 2015

Mme Nafi Ngom Keïta était-elle devenue encombrante pour le Président Macky Sall ? Pour sûr, le chef de l’Etat avait voulu se débarrasser de la Présidente de l’Ofnac, en lui proposant, le 24 et 28 novembre 2015, et le 10 mai 2016, une nomination aux fonctions de Ministre, Ambassadeur, Commissaire de l’UEMOA, Vice-gouverneur de la Banque centrale, en échange de son départ. Offre qu’elle a respectueusement déclinée, au nom de l’importance de la mission de l’Ofnac, informent nos sources.

AUCUNE FAUTE PROFESSIONNELLE

A l’Ofnac, l’on s’interroge sur cette mesure précipitant le départ de Mme Nafi Ngom Keïta et de son équipe. D’autant que pour nos sources, aucune faute professionnelle n’a été commise, et Mme Nafi Ngom Keïta n’a failli à son obligation de loyauté envers les institutions de la République.

LE MANDAT COURT JUSQU’EN MARS 2017

Mais la décision du Président Sall est-elle légale ? En tout cas, en application de l’article 6 de la loi n° 2012-30 du 28 décembre 2012, il ne peut être mis fin, avant leur terme, aux fonctions des membres de l’OFNAC, sauf dans les cas expressément énumérés dans ce texte, soulignent nos sources. Ces dernières précisent que le mandat du Président, Vice-président et des autres membres prend fin le 26 mars 2017, correspondant à la date de leur prestation de serment.

POURQUOI NAFI NGOM KEÏTA NE SAISIRA PAS LA COUR SUPREME…

Malgré le fait que la loi lui donne la  possibilité de saisir la Cour Suprêmepour excès de pouvoir, nos  sources nous informent que Mme Nafi Ngom Keïta a décidé de ne pas exercer ce droit. La raison, le premier président de la Cour Suprême qui est sensé recevoir son recours, serait en désaccord avec l’Ofnac parce qu’il s’abstient de faire sa déclaration de patrimoine comme du reste les ministres et conseillers de Macky Sall. Ce dernier mis au courant, a demandé à la présidente de l’Ofnac de le laisser tranquille, soulignent nos sources, qui notent dans le même sillage que le premier  président de la Cour est assujetti à la déclaration de patrimoine en sa qualité d’ordonnateur, dont les opérations annuelles dépassent le montant d’un milliard de F.CFA fixé par la loi n° 2014-17 du 02 avril 2014 relative à la déclaration de patrimoine. 

ELLE VEUT RETOURNER A L’INSPECTION GENERALE D’ETAT 

Que le Président Macky Sall ne compte pas sur Mme Nafi Ngom Keïta pour accepter d’autres fonctions. La désormais ex Présidente de l’Ofnac a pris, selon nos sources, la décision de décliner toute autre proposition de collaboration. Elle demanderait en lieu et place que le Chef de l’Etat signe le  décret lui remettant à la disposition de son corps d’origine, à savoir l’Inspection générale d’Etat, pour y terminer sa carrière en 2022.

SUD QUOTIDIEN


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