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Le Haut Conseil des Collectivités Locales est un mouroir pour Tanor Dieng

Tanor Dieng doit déserter le podium du Haut Conseil des Collectivités Locales (HCCL) pour ne pas valider les allégations de bradage du Parti Socialiste aux seules fins d’une carrière personnelle. Pas question d’entériner la thèse cynique selon laquelle Macky Sall fascine par son fric et ses faveurs en affiche. La bataille de l’opinion commande au patron du Parti Socialiste (PS) de renoncer au titre de président, cette fois-ci. Il y va d’une issue favorable dans la guéguerre de leadership qui l’oppose à Khalifa Sall, le prétendant masqué, et consorts. Somme toute, le HCCL est encore aux yeux de l’opinion une institution budgétivore et inutile.
Ce serait un suicide politique de la part du sieur Tanor que de céder si facilement aux pronostics qui le désignent vulgaire intéressé des sinécures et privilèges. S’il valide les soupçons de bradage du parti au prix d’un poste de président d’institution, si prestigieuse soit-il, il signera son arrêt de mort politique. En renonçant au poste, il lancera un signal fort qui viendra démentir les accusations de fourberie et de forfaiture. De toute façon, un tel geste d’abnégation et la possibilité ainsi offerte à Macky Sall de pourvoir le poste dans sa propre famille politique ne reporteront que la rétribution attendue par un allié de taille.
Dans les conflits actuels qui minent l’efficacité dans le fonctionnement du PS, c’est le chef de l’État qui s’en sort confortable. Il se passe de la peine fatidique qui consiste à négocier fréquemment et à convaincre à chaque fois de la pertinence du compagnonnage. Défié et acculé par ses propres camarades de parti, Tanor Dieng se justifie plus qu’il ne revendique. La menace latente de dépouillement de la chefferie cantonne le patron de PS à briser coûte que coûte les reins encore solides du maire de Dakar et de ses souteneurs, quitte à abandonner quelques agios et avantages du Mackyland.
Khalifa Sall fait mal, mais pas suffisamment pour renverser la tendance de son chef à se comporter en condamné secouru et en repêché in extremis. Jusque-là, les dissidents socialistes ne signalent, en guise de reproche, que les concessions et la faiblesse de leur chef. Pour le déposséder des rênes de la formation politique, il aurait fallu que le débat soit posé dans une perspective de visions d’avenir distinctes et d’identité à conserver. De cette manière, Tanor Dieng n’aurait pas le choix que de s’opposer clairement au renouveau et d’incarner le passé à sa perte. D’une pierre deux coups, le maire de Dakar se rapprocherait de la « jeunesse malsaine » et, du coup, acculerait les caciques à céder la place.
Le reproche fait à M. Dieng est son orientation presque inconditionnelle à accompagner le parti au pouvoir par commodité. Il a encore la main mise sur l’appareil du parti, forte et ferme, parce que, jusque-là, jamais il n’a été question d’idée et de projet, mais d’appétit ou d’orgueil. Pouvoir pour pouvoir, il parvient tant bien que mal à s’activer et à actionner des militants au sommet de l’État. Et si Khalifa Sall lui opposait, non pas son goût légitime du pouvoir, mais rien que son immobilisme et ses craintes paralysantes? Ça changerait tout. Ça ferait passer l’idylle de la capitale du Sénégal pour porteur de changements prometteurs et d’un renouveau triomphant, à tout le moins.
Birame Waltako Ndiaye
waltacko@gmail.com

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