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Résultats catastrophiques du BAC : l’Etat et les enseignants pointés du doigt

Les résultats du baccalauréat 2016 ont presque été donnés par l’ensemble des jurys répartis dans les 14 régions du Sénégal. Tout le monde s’accorde à dire qu’ils sont «catastrophiques» après ce premier tour de l’examen. De Dakar à Matam en passant par Fatick, Louga et Diourbel, les chiffres publiés par les différents jurys renseignent sur le faible  taux de réussite.

Avec cette hécatombe, force est de constater que de tels résultats étaient prévisibles du fait d’une année scolaire agitée. Les perturbations à répétition provoquées par les enseignants et le dilatoire du gouvernement à satisfaire leurs doléances, ont donné un sacré coup aux élèves. A la lecture de ces résultats alarmistes à mi-parcours, ce sont eux qui ont déjà payé les pots cassés. Le différend entre les deux parties a plongé le système éducatif dans une léthargie profonde. Les programmes n’arrivent plus à leurs termes. Les enseignements sont bâclés. Le quantum horaire est agressé. Le Sénégal ne respecte plus le temps d’apprentissage, conformément aux normes internationales. Par conséquent, les résultats des examens de fin d’année ne peuvent être que catastrophiques. Et si on devrait identifier les causes et les responsabilités de cet échec, il ne faut pas chercher loin : ce sont les enseignants et l’Etat. Les potaches ne sont que des victimes de cette dualité, voire désamour entre le gouvernement et les syndicats d’enseignants.

Cette année, l’école sénégalaise a très tôt connu des perturbations. C’est au début du mois de février que les hostilités ont commencé. Le grand cadre et le Cadre unitaire syndical des enseignants du moyen secondaire  (Cusems), après un mois du dépôt de leur préavis de grèves, ont déroulé leur premier plan d’actions avec des débrayages, sit-in et grèves générales. Chaque mois, c’est le même rituel, jusqu’à la fin de l’année. Les enseignants reprochaient, entre autres, au gouvernement de Macky Sall, le «non-respect du protocole d’accords», l’«absence de dialogue», les «recrutements et les affectations de complaisance».

Les manifestations des enseignants laissaient de marbre l’Etat. Exacerbés par l’attitude du gouvernement, les syndicats ont opté la radicalisation en procédant à la rétention des notes des élèves. Et aussi en appelant leurs camarades au boycott des examens de fin d’année. Des mesures qui ont fait sortir le gouvernement de ses gonds en leur envoyant des réquisitions  pour qu’ils rendent les notes. Frustré par la méprise des enseignants vis-à-vis de ses injonctions, l’Etat sortira la cravache. Il a brandi une «menace de radiation collective» aux enseignants qui refusent de se conformer à la règle des réquisitions. C’est l’impasse dans l’école. Il a fallu que les religieux en l’occurrence, les porte-paroles respectifs des Khalifes généraux de Touba et de Tivaoune, fassent une médiation pour que la crise scolaire connaisse un dénouement heureux.

WALFnet

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