Senejournal - Toute l'actualité du Sénégal

Drapeau chef de L’Etat : Et de quatre pour la région de Fatick

 

L’équipe de Fatick a remporté la 17ème édition du drapeau du chef de l’Etat de lutte, hier au stade de Kaffrine. Les champions en titre ont battu l’équipe de Kaffrine (4-1) à l’issue de la finale.

Kaffrine : La confrontation finale de la 17ème édition du Drapeau du chef de l’Etat de lutte entre Kaffrine et Fatick n’a pas été facile hier, lors de la dernière journée. Pour cause, les deux équipes s’étaient rencontrées l’année dernière en finale au stade Mbasséne Séne de Fatick. Battus par les Fatickois (5-0), les Kaffrinois voulaient laver l’affront à domicile ; alors le face-à-face a tenu toutes ses promesses. Déjà mis à rude épreuve vendredi par l’équipe de Thiès, en demi-finales, les champions en titre savaient à quoi s’en tenir face aux dangereux challengers kaffrinois. Cheikh Ndiaye (66 kg) de Fatick appelé à disputer la première affiche a été méconnaissable face à Mbar Diouf (66 kg) qui l’a harcelé dès le coup de sifflet de l’arbitre pour tenter de le déstabiliser.

Le champion d’Afrique essaie de contenir les attaques au dépourvu, mais son adversaire finit par le ceinturer avant de clouer au sol. La chute est limpide, et dans les tribunes, c’est l’hystérie totale. Mbar Diouf offre à Kaffrine sa première victoire. Mais la contre-performance d’Ousseynou Tine (76 kg) de Kaffrine devant Omar Diouané de Fatick a vite relancé la course au sacre et réinstallé le suspense.

Le champion d’Afrique Cheikh Tidiane Niang (86 kg) de Fatick redonne l’avantage à ses coéquipiers, en prenant le dessus sur Salmone Faye. Cette victoire permet d’ailleurs à l’équipe de Fatick de remporter la finale car le lutteur de la catégorie des 120 kg de Kaffrine a été éliminé lors de la séance de pesée pour avoir dépassé de 2 kg le poids autorisé. D’ailleurs, pas très en forme, Mamadi Ndiaye (100 kg) de Kaffrine a laissé son adversaire de Fatick, Moussa Diop, le battre facilement. Avec cette victoire, les Fatickois conservent leur titre de vainqueurs du drapeau du chef de l’Etat et confirment plus que jamais leur suprématie dans cette épreuve.

On notera toutefois que les régions de Thiès (3ème) et de Diourbel (4ème) ont créé la surprise et bouté des premières loges Kaolack et Tamba, respectivement troisième et quatrième l’année dernière.Individuel : Reug-Reug sur le trône des 120 kg !

Phénoménal Reug-Reug ! Le représentant de la région de Dakar dans la catégorie des 120 kg a raflé tout sur son passage en individuel avant de s’imposer lors de la finale où il a battu Emile François Gomis de Diourbel, un autre lutteur populaire et respecté dans le milieu de la lutte sans frappe.

Mais, ce dernier, cependant, n’a pas pu contenir les assauts d’Omar Kane allias Reug-Reug, qui d’une prise, l’a contraint à se mettre sur ses quatre appuis. Les amateurs de lutte de la région de Kaffrine ont d’ailleurs jubilé après cette belle victoire du phénomène de la lutte traditionnelle. A noter que Reug-Reug n’a enregistré aucun revers durant les compétitions.

Dans les autres catégories, chez les 66 kg, Abdou Mbaye de Tamba a battu Cheikh Ndiaye de Fatick lors de la finale en individuel. Abdoulaye Ngning de la région de Thiès a remporté la médaille d’or devant Ibrahima Diarra de Louga en 76 kg. Pour les 86 kg, Mamadou Sarr Diop de Diourbel s’est imposé devant le très expérimenté Adama Diouf de Kaolack et remporté la médaille d’or.

Alioune Badara Diop alias Zambla de Dakar a difficilement remporté sa finale contre Mamadou Moustapha Sène de la région de Thiès.

Il s’en, en effet, tiré sur décision arbitrale.

Abdoulaye Wilane, maire de Kaffrine : « Nous avons montré aux autres régions que c’est possible ! »

Abdoulaye Willane MaireLe maire de Kaffrine, Abdoulaye Wilane, est très enthousiaste d’accueillir la 17ème édition du drapeau du chef de l’Etat de lutte dans sa localité. Ancien pratiquant et amateur de lutte, il a suivi de près les compétitions et les équipes venues des 14 régions. M. Wilane, par ailleurs porte-parole du Parti socialiste, soutient que Kaffrine a montré aux autres régions que c’est possible d’organiser cette grande compétition nationale de lutte.

« Qu’est-ce que cela vous fait, en tant que maire de Kaffrine, de voir votre ville abriter la 17ème édition du drapeau du chef de l’Etat ?

La 17ème édition à Kaffrine se tient un peu plus d’un an après le Conseil des ministres délocalisé qui avait eu pour cadre l’hôtel de ville que j’ai réalisé en tant que maire. Et cette édition a lieu dans ce stade, malgré son âge, avec le lustre que lui a donné la mairie. J’ai pu abriter cette 17ème édition parce que les habitants de Kaffrine m’ont fait confiance.

Parce qu’également le président de la République a décidé de continuer, chaque année, à accompagner la lutte traditionnelle à travers ce drapeau. Mais Macky Sall a simplement une volonté politique et des moyens qu’il met à la disposition des organisateurs. Il a fallu le dynamisme, l’engagement, le professionnalisme du président Alioune Sarr et du Cng qui encadrent la lutte traditionnelle, préservent les principes et les valeurs de la lutte gréco-romaine, encouragent, développent et modernisent la lutte avec frappe en y mettant une dose de professionnalisme et d’éthique.

Le tout sans délaisser ce qui fait le charme de la lutte à savoir son aspect socioculturel et mystique. Il fallait relever les défis de l’organisation, de la mobilisation, de l’hébergement des invités, des acteurs et de la participation. Car en matière de sport, ce qui est important, c’est la participation et l’esprit fair-play.

Cette année-ci encore nous nous sommes retrouvés avec Fatick en finale d’équipes. En plus, nous avons montré aux autres régions que c’est possible, parce que nous l’avons voulu. Il revient aux autres de nous donner une note mais nous, nous leur avons donné ce que nous avions de très fort, c’est-à-dire notre volonté, l’engagement et le plaisir de leur servir avec le cœur. Nous avons fait ce qui était humainement possible.

En définitive, êtes-vous satisfait de l’organisation et de la mobilisation ?

Jusqu’à ce que les participants rentrent chez eux, et nous appellent pour nous dire ce fut bien, beau et sportif, nous ne nous voyons pas satisfaits. Je peux vous dire que durant la semaine qui a précédé la compétition, je n’ai pas assez dormi, parce que j’avais envie que ceux qui viennent à Kaffrine soient dans les conditions meilleures même si je sais qu’il y a un déficit infrastructurel. Pour une jeune région comme la nôtre, il n’y a pas beaucoup d’hôtels. On a recensé plus d’une dizaine de maisons pour y abriter les délégations.

Nous avons mis à contribution l’association du Sine pour qu’elle accueille les lutteurs de Fatick. Nous avons demandé à celles du Fouta, de Thiès, Saint-Louis, Tamba, Ziguinchor d’accueillir les gens de chez eux. Nous avons fait ce que nous avons pu et, loin de moi, de penser que les choses sont bonnes. La lutte est avant tout une école d’humilité et d’effort. En plus d’être un art et une école, c’est un levier économique. C’est également un facteur de cohésion, de communion.

Vous êtes maire mais également amateur de lutte…

(Il coupe) Je suis pratiquant de lutte à mes heures perdues. Car d’abord dans le « daara » puis dans les quartiers ici, à la fin de chaque campagne hivernale, lorsque nous goûtions à la première moisson de mil, nous organisions des « mbappates ». On allait de village à village pour lutter. Evidemment, les plus jeunes, chétifs comme moi, amusaient la galerie avant les compétitions sérieuses. On m’appelait d’ailleurs « danma ndank » parce que je demandais toujours à mes adversaires de me terrasser doucement (rire).

Concernant les infrastructures sportives à Kaffrine, quels sont vos réalisations et projets ?

Bien qu’artiste, je n’aime pas danser plus vite que la musique. Je sais que le chef de l’Etat a inscrit dans le budget de cette année, et acquis un financement pour cela, la réalisation d’un deuxième stade dans la commune de Kaffrine, qu’on appellera Stade régional. Certains voulaient que le stade municipal soit rénové avec l’argent prévu, mais je n’étais pas de cet avis.

Le nouveau stade régional, avec l’apport des Chinois, sera un stade multifonctionnel. On y pratiquera du basket, du hand-ball, il peut même y avoir une piscine olympique et une salle de spectacles, plus maintenant le terrain de football. Ainsi, nous aurons deux stades. Si plus tard, le Sénégal devra abriter une Can, je pense que ce sera une bonne chose d’avoir un deuxième stade ici à Kaffrine.

source.soleil

 

 

 

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.