Standard & Poor’s maintient la note souveraine du Sénégal

L’agence américaine a maintenu la note souveraine ‘’B+/B” du Sénégal avec des perspectives stables, en ligne avec la note attribuée en juin 2015. Cette note — encore dans la catégorie hautement spéculative — reste, toutefois, limitée par la faiblesse du revenu par tête et une faible marge de manoeuvre en matière de politique monétaire, a estimé l’agence.

L’agence de notation financière américaine Standard & Poor’s a maintenu la note souveraine ‘’B+/B’’ du Sénégal avec des perspectives stables. Un maintien que l’agence justifie par un niveau d’investissements soutenus et la stabilité politique sénégalaise. Une note que l’agence n’imagine pas revoir à la baisse du fait d’une croissance économique soutenue et d’une amélioration graduelle des indicateurs extérieurs et budgétaires du pays sur les 12 prochains mois, a-t-elle fait savoir dans une notation rendue publique le 17 juin.

Conjoncture favorable

Cette dernière prévoit un taux de croissance moyen de +6,6% sur la période 2016-2019, un taux deux fois supérieur aux +3,5% de la période 2011-2014. Le plan de développement économique, PSE, combiné à la chute des cours du baril, va porter, sur le moyen terme, la croissance à travers des avancées dans la fourniture d’électricité, les travaux publics et les investissements agricoles.

Déjà en 2015, rappelle Standard & Poor’s, le PIB réel a atteint +6,5%, son plus haut depuis douze ans, notamment dû aux investissements en cours ainsi qu’à une forte demande provenant du secteur privé. Autre éléments de cette conjoncture favorable rappelé par S&P pour justifier de sa notation, « le secteur agricole a bénéficié de conditions climatiques favorables et d’une meilleure productivité grâce aux investissements publics. Le secteur industriel a profité des bonnes performances des activités de construction et des industries chimiques et minières », écrit l’agence.

Par ailleurs, les récentes découvertes de gaz au large du Sénégal et de la Mauritanie pourront stimuler la croissance et les recettes d’exportation, mais pas durant la période sous revue, « du fait de la durée moyenne de mise en œuvre de ces industries ».

PIB par habitant encore faible

En dépit de toutes ces avancées, l’agence de notation fait observer que le PIB par tête d’habitant, estimé à environ 1 000 dollars en 2016, reste encore faible. En cause une croissance démographique forte qui cantonne le taux de croissance du PIB réel per capita à +2,8% par an, ce que S&P juge « modeste » dans cette catégorie de revenu.

Comme prévu, le déficit public est ressorti à 4,8% du PIB en 2015 comparé à la moyenne de 5,8% entre 2011 et 2014. Une réduction qui va se poursuivre, anticipe S&P, qui table sur une baisse progressive de ce déficit, susceptible d’atteindre, entre 2016 et 2019, une moyenne de 3% du PIB. De même du déficit du compte courant qu’il escompte en moyenne à 6,9% sur la période 2016-2019, en baisse par rapport aux 9,5% de moyenne entre 2011 et 2014.

Un ratio d’exportations et d’importations qui s’améliorera à mesure que le pays accélérera ses ventes à l’étranger, notamment d’or, de produits dérivés du phosphate, de ciment, ou de produits agricoles et halieutiques. Ce qu’entraînera l’amélioration des capacités productives du pays (routes, voies ferroviaires, logistique portuaire et aéroportuaire), et la fourniture d’électricité.

« Si le programme d’investissement du gouvernement et les mesures visant à accroître la croissance (…) arrivaient à stimuler les activités économiques plus significativement que nous le prévoyons, nous pourrions envisager le relèvement des notations du Sénégal. Si, à l’inverse, le gouvernement ne réussissait pas la mise en œuvre des réformes favorisant la croissance (…), nous pourrions alors envisager la dégradation de la note souveraine du pays », conclut S&P.

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