Lutte contre la malnutrition : L’Oms recale le Sénégal

Malgré une nouvelle politique de développement nutritionnel, le Sénégal connaît peu d’avancées dans la réalisation des objectifs assignés par l’Organisation mondiale de la santé dans ce domaine. Un fait qui le classe dans la catégorie des pays «en mauvaise voie» avec «aucun progrès».

Malgré les efforts des pouvoirs publics, les Sénégalais sont toujours exposés à la problématique de la malnutrition. En jetant un coup d’œil dans le rapport 2015 de l’Organisation mondiale de la santé consacré à la malnutrition, l’on se rend compte que le pays traîne encore quelques défis à relever. La situation nutritionnelle du Sénégal se présente comme suit : 19% des enfants de moins de 5 ans souffrent du retard de croissance, 6% sont atteints de malnutrition aiguë et 13% sont frappés d’insuffisance pondérale. Une situation qui, d’après le rapport, serait l’une des causes principales de cette mortalité maternelle et infanto-juvénile. En effet, l’enquête nationale sur la démographie et la santé réalisée en 2014, l’anémie touche 54% des femmes en âge de reproduction et 60% des enfants de moins de 5 ans. S’agissant du suivi de l’allaitement, le Sénégal figure dans le rouge.

Selon le rapport 2015 sur la nutrition, cet Etat de l’Afrique de l’Ouest est logé dans la catégorie des 30 pays en «mauvaise voie» avec «aucun progrès». Au même moment, souligne le rapport, d’autres Etats de la sous-région ouest africaine comme la Côte d’ivoire ou le Nigeria font partie de la catégorie des pays «en mauvaise voie», mais avec «quelques progrès». «Si on regarde le taux de réduction annuelle, on constate malheureusement que le Sénégal n’a pas fait beaucoup de progrès», reconnaît Marie Noël Zagré, conseiller régional de l’Unicef sur la malnutrition. «Malgré les efforts de l’Etat avec le soutien des partenaires techniques et financiers, la majorité des Sénégalais n’ont pas encore le statut nutritionnel optimal», souligne Abdoulaye Kâ, coordonnateur de la Cellule de lutte contre la malnutrition.

Cependant, il faut dire que globalement les pays de l’Afrique de l’Ouest et du Centre ne sont pas en bonne voie. «C’est une alerte parce que le Sénégal a les moyens de revenir et de s’assurer un taux de réduction moyenne annuelle positive», relativise M. Zagré, exhortant les autorités à investir dans des secteurs comme l’agriculture. En attendant, le gouvernement du Sénégal a élaboré une nouvelle politique nationale de développement de la nutrition à l’horizon 2025 dont les axes majeurs tournent autour du renforcement et de l’institutionnalisation de la nutrition à travers une approche multisectorielle.

bgdiop@lequotidien.sn

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.