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Prévalence de l’asthme : le Sénégal compte 7000 asthmatiques

Le Sénégal va célébrer, à l’instar de la communauté internationale, la Journée mondiale de l’asthme jeudi 5 mai. En prélude à cet événement, le ministère de la Santé a animé un point de presse, hier, pour revenir sur cette maladie qui touche pas moins de 7 000 personnes au Sénégal, selon les chiffres officiels.

Nafissatou Oumar Touré, chef du Service de pneumologie de l’hôpital Fann, a, en effet, indiqué : «L’asthme est un véritable problème de santé publique, aussi bien au niveau mondial qu’au niveau local. Si on regarde les données du Service de l’informatique du ministère de la Santé, avec toutes les données des centres de santé qui ont été répertoriés en 2011, il y avait environ 3500 cas de patients suspects de faire un asthme. Et en 2014, il y avait plus de 7000 asthmatiques au Sénégal».

«L’asthme ne guérit pas, mais il peut être contrôlé»

D’après elle, «c’est une croissance assez importante, quasiment un doublement de la population de personnes asthmatiques», qui est constaté. «C’est lié à plusieurs facteurs. Il y a certes des facteurs génétiques, mais il y a un facteur important qui est le facteur environnemental, avec la pollution atmosphérique, la pollution de l’air extérieur, mais également la pollution de l’air intérieur. Et parmi cette pollution de l’air intérieur, il y a la notion de tabagisme, il y a également la notion d’utilisation d’encense que les femmes aiment bien faire dans les maisons. C’est un des problèmes des gens que nous recevons dans des états qui peuvent être difficiles à gérer. Mais ce sont des problèmes que nous pouvons contrôler. L’asthme ne guérit pas, mais il peut être contrôlé», a-t-elle précisé.

Toutefois, elle a souligné: «La base du contrôle de l’asthme, c’est essentiellement l’éducation thérapeutique. Dans cette éducation, c’est apprendre aux patients à connaître leur maladie, à savoir ce qui déclenche leur crise d’asthme, comment l’éviter. Et également, l’éducation par rapport au traitement qu’ils doivent prendre pour essayer d’espacer leur crise et de réduire la gravité de ces crises. Dans cette éducation thérapeutique, ce n’est pas seulement le personnel médical qui joue son rôle. Nous avons les asthmatiques aussi qui jouent leur rôle et qui maîtrisent les médicaments».

250 000 décès dans le monde, dont 80% dans les pays en voie de développement

«Cette approche est importante dans la mesure où il y a des décès aussi bien sur le plan mondial qu’au niveau local. L’asthme peut tuer, il tue si on ne le prend pas en charge et si on ne se fait pas suivre correctement. Dans le monde, en 2012-2013, il y avait environ 250 000 décès répertoriés et la majorité, soit près de 80%, sont survenus dans les pays en développement. Vous voyez les soucis que ça apporte pour ces pays qui ont besoin de sujets jeunes. Parce que ça touche beaucoup de sujets jeunes», a informé la pneumologue.

Aussi, le médecin spécialiste prévient: «Le patient asthmatique, c’est la pompe qui peut lui sauver quand il fait une crise d’asthme. Les médicaments qu’on donne à l’hôpital, ce sont les mêmes produits qu’on met dans la pompe. C’est vrai que ça a un coût. Mais le fait de ne pas se traiter coûte plus cher encore que d’acheter les médicaments qui sont chers. Le diagnostic coûte entre 15 et 30 000 francs Cfa».

«Le patient asthmatique, c’est la pompe qui peut lui sauver quand il fait une crise»

Abondant dans le même sens, Yacine Dia, présidente l’Association sénégalaise de la société de pneumologie, a soutenu: «La lutte est ardue, mais faudrait-il d’ailleurs qu’on estime le nombre de patients asthmatiques réels. De réels efforts ont été faits au Sénégal dans le dépistage et la prise en charge. Cependant, bon nombre d’asthmatiques ignorent ces journées. Elles devraient donc être multipliées dans le temps et l’espace, nous permettant ainsi de nous tourner vers nos populations en leur délivrant le message suivant : l’asthme ne se guérit pas, mais se contrôle. Seul un contrôle acceptable et optimal permet d’éviter les complications liées à cette maladie».

Quant au président de l’Association nationale de soutien aux asthmatiques du Sénégal (Ansas), Khar Mbaye, il a lancé un appel de soutien aux autorités pour la subvention de leur traitement. «Les pompes et les médicaments sont chers. Nous achetions la pompe à 30 000 francs Cfa. Tout le monde n’a pas les moyens pour l’acheter. Il faut que l’Etat nous aide et nous assiste dans la prise en charge», a-t-il souhaité.

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