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Double meurtre : Les co-accusés de Cheikh Béthio THIOUNE réclament leur procès

Détenus à la Maison d’arrêt et de correction de Thiès depuis quatre ans, les 17 talibés de Cheikh Béthio Thioune semblent avoir atteint les limites de l’endurance. Arrêtés depuis le 23 avril 2012, suite au double meurtre de Bara Sow et Ababacar Diagne survenu à Keur Samba Laobé (département de Mbour), ils n’en peuvent plus d’attendre un jugement dont la tenue reste incertaine.

Quand certains d’entre eux évoquent leur cas, on lit sur leurs visages la soif d’un procès qui tarde à intervenir. L’impatience au goût de la gorge, l’un d’entre eux, sous le couvert de l’anonymat, regrette : «Nous avons suivi avec beaucoup d’intérêt le dossier de Walf Quotidien consacré à l’affaire Madinatoul Salam. Et à juste titre d’ailleurs puisque depuis toutes ces années, nous sommes confinés à un sort incertain». Son codétenu, plus ou moins corpulent, renchérit : «Cela fait longtemps que le dossier est bouclé, mais on ne nous a rien dit à propos de la date de la tenue du procès», regrette-t-il. Saisissant l’opportunité offerte par les journées portes ouvertes de la prison de ce vendredi 29 avril, ces disciples du guide des Cantakuun interpellent l’autorité judiciaire en charge du dossier pour la programmation du procès dans les meilleurs délais.

Depuis la clôture des investigations judiciaires dans l’affaire Madinatoul Salam, quatre sessions de la Chambre criminelle se sont tenues à Thiès sans que l’affaire considérée ne soit enrôlée. Du côté du parquet, l’on semble avancer une raison jugée «peu convaincante», pour justifier cette «lenteur», à savoir : «la pluralité des affaires sur la liste d’attente».

Le procès des 17 Cantakuun va se tenir devant la Chambre criminelle. Les accusés y ont été renvoyés par le juge d’instruction, à la fin de l’instruction. L’accusation a conclu que les deux victimes ont été battues à mort par leurs condisciples avant d’être enterrées, sans autorisation administrative, dans une fosse commune. L’une fusillée, l’autre abattue à coup de coupe-coupe. Le Cheikh, quant à lui, n’est poursuivi que pour «complicité» car la reconstitution des faits aura permis d’amoindrir sa responsabilité directe dans les faits incriminés. Mieux, le test Adn fait sur les traces de sang trouvées sur son véhicule a conclu qu’il ne s’agit pas d’un liquide émanant d’une personne humaine, mais plutôt d’un animal.

Les accusés en liberté provisoire vont devoir retourner en prison, comme les y oblige l’article 206 du Code de procédure pénale qui dispose, en substance, que l’on ne comparait jamais libre aux Assises. Poursuivis pour «association de malfaiteurs, recel de cadavres, infraction aux lois sur les inhumations, meurtre avec barbarie, non dénonciation de crime et détention d’arme à feu sans autorisation», les accusés qui seront déclarés coupables des faits, à l’issue de leur procès, risquent la perpétuité, sans possibilité de grâce présidentielle.

 

WALF

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