TOUR DU SENEGAL -Classement final : L’Algérie ne laisse que des miettes

On peut parler de razzia en bande organisée de la part de l’Equipe nationale d’Algérie puis­qu’elle va ramener à Dakar le maillot jaune et vert en la personne de Abdellah Benyoucef, le maillot blanc avec Abder­rahmane Mansouri et le classement par équipe.

S’il reste une étape de 80 kilomètres en circuit fermé aujour­d’hui à Dakar, ce critérium ne compte pas pour le classement général. Seule la victoire d’étape et le maillot vert sont encore en jeu. Cependant, il y a peu de chance que le classement du meilleur sprinter échappe à l’Equipe algérienne. Même si Benyoucef perdait son maillot, se serait au profit d’un autre de ses coéquipiers.

Une domination sans partage (ou presque)

A ce jour, les Fennecs du cyclisme ont remporté quatre des cinq étapes de ce Tour. Hier, c’était Azzedine Lagab, le chef de route, pas encore à l’honneur sur la , qui a franchi la ligne d’arrivée en tête. Dire qu’ils n’ont laissé que des miettes à leurs adversaires n’est pas exagéré puisqu’un seul coureur belge, Rutger Roelandts, a réussi à renverser la tendance. Les formations déçues ont encore une chance de sauver leur tour aujourd’hui à Dakar.

En ce qui concerne le classement général, les jeux sont faits puisque l’étape de demain n’est pas comptabilisée pour le maillot jaune. L’Equipe algérienne ne laisse qu’un autre coureur intégrer le top 5 en la personne de Aadel Reda de la formation continentale Al Marakeb. Les quatre premières places sont occupées, dans l’ordre, par Abdellah Benyoucef, Abderah­mane Medhi Hamza, Abderrah­mane Mansouri et Azzedine Lagab. «Une belle performance et une première à l’étranger», révèle le quatrième du général. «On n’a jamais fait les quatre premiers dans le général à l’étranger», ajoute son coéquipier Mansouri. Le reste du top 10 est complété par le Tunisien Ali Nouisri, sixième, les Allemands Florian Obersteiner et Dominik Roels respectivement septième et huitième, le Belge Guy Smet, neuvième et le Hollandais Roel De Vries. Le leader sénégalais, Bécaye Traoré, n’est que douzième à 9’06 du vainqueur.

«On a travaillé ensemble»

L’Algérie aura porté le maillot jaune du début à la fin du Tour et si c’est Benyoucef qui monte sur la plus haute marche du podium aujourd’hui. C’est bien la performance collective qu’il s’agit de saluer ici. Au début du Tour, il n’y avait d’ailleurs même pas de leader désigné. Lorsqu’on les interroge, tous les membres du team sont unanimes, c’est le travail ensemble qui a payé. D’ailleurs, à les voir se prendre en selfie sur le podium d’arrivée, on comprend que la cohésion du collectif a dû jouer un grand rôle dans la victoire finale.

«Au début, on a cru qu’il y avait vraiment des grandes équipes et au final il n’y avait pas un niveau trop haut. On a pu travailler ensemble», confie Abderrahmane Mansouri, un des jeunes de l’équipe, 21 ans. Il est l’incarnation même de la fraîcheur que représente cette Equipe d’Algérie avenante dans le cyclisme africain. Vingt-et-unième du classement Uci Africa tour, il espère gagner le Championnat d’Afrique un jour et «même passer professionnel, être dans une bonne équipe comme Data». Le meilleur jeune de ce Tour est aussi le champion d’Algérie en titre.

«On est une équipe de jeunes avec deux coureurs expérimentés : Azzedine Lagab et Abdellah Benyoucef qui gèrent et relancent les jeunes», résume le coache Djamal Tamanite, qui semble lui-même ne pas avoir vu trop de printemps. C’est la première fois qu’il coache l’équipe et il donne déjà rendez-vous pour le Tour de Tunisie, ainsi que l’année prochaine «pour gagner». L’équipe qu’il a accompagnée a brillé par son équilibre : trois espoirs et trois vieux routiers. «On prend de l’expérience», affirment les premiers. «On a l’expérience pour diriger l’équipe», expliquent les seconds. Cette «équipe de petits jeunes» était là pour s’entraîner et «faire la promotion du Tour du Sénégal» pour reprendre les mots de Mr Fezouine, président de la Fédération algérienne de cyclisme. Il révélait même qu’une discussion était en cours pour une association entre les deux pays afin que l’Algérie apporte son aide organisationnelle l’année prochaine.

C’est une victoire qui fait le jour sur un cyclisme algérien très prometteur. Le directeur sportif, Djamal Tamanite, disait hier au journal Le Populaire qu’en Algérie, «les méthodes d’entraînement ont changé et le cyclisme est un sport plus ouvert. On commence à avoir une meilleure hygiène de vie et il nous manque peut-être des jeunes qui ont de la patience. Nos coureurs sont talentueux, mais manquent d’expérience. Je crois que tout ce travail va payer d’ici deux ou trois années». Tous les coureurs ont travaillé dur pour gagner ici et selon Azzedine Lagab, «c’est une belle progression pour l’Algérie et une belle avancée pour le cyclisme algérien».

Lequotidien

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