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Moussa NIANG égorge la coépouse de sa mère et écope 20 ans de travaux forcés

Outre le fait de jeter dans le ventre de l’océan des jeunes à la recherche d’un meilleur avenir, l’émigration a ceci de particulier qu’elle en installe certains sur le chemin du crime. Moussa Niang, reconnu coupable d’assassinat sur la coépouse de sa tante, en est un cas pathologique.

Le 16 mars 2014, vers 20h 45, l’infirmier-chef de poste de Sam Yabal informait les éléments de la Brigade de gendarmerie de Darou Mousty de l’acheminement dans ses services du corps sans vie de la dame Fatou Diop. Le transport effectué sur les lieux révélait qu’il s’agissait d’un homicide commis par le nommé Moussa Niang, fils de sa coépouse. Le certificat de genre de mort, établi le 17 mars 2014, par Dr Mamadou Diongue, médecin-chef du district sanitaire de Darou Mousty, faisait état de la présence de deux plaies : «Une pénétrante, hémorragique de la base gauche du cou de 3 cm de long et de 6 cm de profondeur avec section de la veine gauche jugulaire et fêlure de la sixième vertèbre cervicale.» Le certificat de genre de mort constate, par ailleurs, «une seconde plaie hémorragique de l’épaule gauche à la face antérieure du deltoïde de 3 cm de long et de 3 cm de profondeur». L’homme de l’art de conclure à une «mort par hémorragie externe faisant suite à un traumatisme ouvert du cou».

Les faits ci-dessus relatés font suite à une tentative de voyage qui a échoué. En effet, selon Cheikh Niang, époux de la victime et père de l’accusé, celui-ci avait un projet de voyage en Espagne. Mais, ce voyage n’a pu réussir. Alors, il reporta le tort sur sa tante, la dame Fatou Diop, qu’il accuse de l’avoir marabouté. Quant à la maman du mis en cause, elle soutient que, la nuit des faits, son fils a surpris sa coépouse couchée pour lui asséner un violent coup avec une arme qu’elle n’avait pu identifier.

Quant à Absa Fall, épouse de l’accusé et Ousmane Niang, fils de la défunte et demi-frère du mis en cause, ils soutiennent qu’ils n’étaient pas présents au moment de la commission des faits. Mais, élément important, Ousmane Niang précise que, un jour, son demi-frère était parti au poste de santé de Sam Yabal pour une consultation. Et que, à son retour, il avait déclaré que sa maladie ne peut être soignée par l’infirmier car c’est une personne habitant avec lui qui en était responsable sans, pour autant, citer de nom.

Interpellé à la suite d’une cavale de huit jours, Moussa Niang passera aux aveux. Il explique que, le jour des faits, saisi d’une colère noire, il s’était emparé d’une hache pour en administrer plusieurs coups à sa tante. Mais, devant la barre, les yeux croisés sur le dos, vêtu d’un caftan de couleur vert olive, Moussa Niang change de stratégie. Il opte pour l’amnésie. Niang déclare avoir oublié tout ce qui s’était passé ce jour-là. L’intention de s’ouvrir une brèche pour bénéficier de l’article 50 du Code pénal est claire. Elle n’échappe pas au procureur qui, malgré le désistement des enfants du mis en cause et les dénégations à l’audience des parents de l’accusé, démonte le système échafaudé par Moussa Niang. Dans son réquisitoire, le représentant du ministère public, après avoir rappelé les aveux faits par l’accusé aussi bien à l’enquête préliminaire qu’à l’instruction, évoque la préméditation avec l’élément intentionnel vu que la matérialité des faits ne fait pas l’ombre d’un doute. Pour le procureur, les parties vitales visées, la violence du coup, l’arme utilisée, le moment choisi laissent entrevoir une préméditation qui conduit inéluctablement à l’assassinat. Aussi requiert-il 20 ans de travaux forcés.

Dans sa plaidoirie, après avoir reconnu la matérialité des faits, la défense s’attaque au manque de preuve, à l’imputabilité de l’infraction. Une stratégie qui n’aura pas fait mouche auprès de la Chambre criminelle qui, comme l’a requis le Parquet, a condamné Moussa Niang à 20 ans de travaux forcés pour avoir volontairement, sans force extérieure, attenté à la vie de sa tante, Fatou Diop.

Ibrahima ANNE  (WALF quotidien)

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