Le Fmi confirme les 6,5% de croissance en 2015

Après avoir rencontré des membres du gouvernement, des partenaires techniques et financiers du Sénégal, une mission du Fmi qui  séjourne à Dakar du 1er au 14 mars a confirmé le taux de croissance de 6,5 %. Elle ajoute que les perspectives économiques restent favorables à court terme avec un taux de croissance projeté de 6,5 % en 2016.

Une mission du Fonds monétaire international qui séjourne au Sénégal a confirmé le taux de croissance du gouvernement pour 2015. « Les résultats macroéconomiques en 2015 ont été solides et la croissance s’est établie à 6,5 % pour la première fois en douze ans », a déclaré Ali Mansoor, chef de mission. « Ces résultats s’expliquent notamment par le lancement de projets liés au Plan Sénégal émergent et par le dynamisme de l’agriculture, lui-même attribuable à des conditions climatiques favorables et la productivité accrue de ce secteur », a-t-il ajouté.

Selon Ali Mansoor, la mise en œuvre de l’Instrument de soutien à la politique économique (Ispe) continue d’être satisfaisante. « Tous les critères quantitatifs et la plupart des objectifs indicatifs pour 2015 ont été tenus, y compris l’objectif de déficit budgétaire », s’est félicité M. Mansoor. Il a indiqué que les perspectives économiques restent favorables à court terme avec un taux de croissance projeté de 6,5 % en 2016. « L’équipe du Fmi salue la détermination des autorités à continuer à mener une politique budgétaire appropriée en maintenant l’objectif adopté de déficit budgétaire de 372 milliards de FCfa (4,2 % du Pib) », a affirmé le chef de délégation du Fmi.

Ali Mansoor a salué l’esprit d’ouverture qui a animé les entretiens avec les autorités sénégalaises, soulignant que les échanges ont mis l’accent sur les politiques économiques et les réformes structurelles qui devraient permettre au Sénégal de maintenir le taux de croissance à son niveau actuel à l’horizon du Plan Sénégal émergent, c’est-à-dire en 2035. En décembre 2015, lors d’un passage à l’Assemblée nationale, Amadou Bâ, le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan annonçait un taux de croissance de 6,5 % en 2015 contre des prévisions de 5,4 % alors qu’un rapport du Fmi évalue la croissance à 5,1%.  La différence des chiffres avait créé une vive polémique entre le pouvoir et l’opposition ainsi qu’une partie de la société civile. Cela avait obligé Boileau Loko, le représentant-résident du Fmi à Dakar de sortir de sa réserve, en expliquant que le décalage entre les chiffres du Fonds et ceux du gouvernement est lié à une différence de période passée en revue.

Lors de son séjour au Sénégal, la mission a rencontré les ministres de l’Economie, des Finances et du Plan, du Budget, de l’Agriculture et de l’Equipement rural, de l’Enseignement supérieur, de la Fonction publique. Elle a également rencontré le directeur national de la Bceao, des partenaires techniques et financiers du Sénégal. Le conseil d’administration du Fmi a prévu d’examiner le rapport sur la 2e revue de l’accord appuyé par l’Ispe en mai 2016.

L’ETAT INVITÉ À POURSUIVRE LES RÉFORMES SUR LA GOUVERNANCE ÉCONOMIQUE

Ali Mansoor, le chef de la délégation de la mission du Fmi au Sénégal a salué les politiques économiques mises en place ces dernières années. « La mission salue la ferme volonté des autorités de renforcer les finances publiques en mobilisant davantage de recettes et en rationalisant la consommation publique pour doper le financement des investissements publics et des dépenses sociales », a-t-il déclaré. Toutefois, il a appelé le gouvernement à poursuivre les réformes dans la gouvernance économique pour maintenir le taux de croissance actuel à l’horizon du Plan Sénégal émergent, c’est-à-dire en 2035. « Il faudra, pour cela, maintenir un dispositif macroéconomique solide et notamment mettre en œuvre, de manière résolue, les réformes destinées à réduire la recherche de rentes et à ouvrir l’espace économique aux Pme et aux investissements directs étrangers afin de créer ainsi des débouchés économiques pour tous », a dit Ali Mansoor.

Selon M. Mansoor, l’accent doit être mis sur les Pme, sur les entreprises en difficulté en formalisant le cadre d’intervention. De plus, le gouvernement est invité à signer des contrats de performance avec toutes les entreprises qui bénéficient d’un appui financier de l’Etat.

M. G.

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