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Quais de Ngaparou et Pointe Sarène : Vers l’amélioration des conditions de débarquement et de conditionnement

Deux quais de pêche aux normes de l’Union européenne sont en train d’être construits à Ngaparou et à Pointe Sarène dans le département de Mbour. Réalisées dans le Projet pour la promotion de la cogestion des pêcheries par le développement de la chaîne de valeurs (Procoval) financé et exécuté par la Jica, ces infrastructures vont améliorer les conditions de débarquement et de conditionnement des ressources halieutiques.

Pointe Sarène, dans le département de Mbour, sur un flanc de la berge où viennent s’échouer les vagues d’une mer calme en cet après-midi, une bâtisse est en train de sortir de terre. A première vue, la structure est achevée aux deux tiers. Des ouvriers sénégalais, sous la direction d’une équipe de l’Agence internationale de la coopération japonaise (Jica), s’activent. Entamés en décembre 2015, les travaux du quai de pêche sont bien avancés. Construite selon les normes de l’Union européenne dans le Projet pour la promotion de la cogestion des pêcheries par le développement de la chaîne de valeurs (Procoval) financé et exécuté par le Japon à travers la Jica, l’infrastructure  disposera d’une salle de débarquement, de deux autres salles, l’une de traitement et de conditionnement des gastropodes (poulpe, seiche, etc.), l’autre de stockage de glace, d’un bloc administratif, d’un parking, de chambres de repos pour les chauffeurs de camions frigorifiques, un système d’alimentation électrique alimenté en partie par des panneaux solaires, précise Serge Claude Ndong, point focal du Procoval au ministère de la Pêche et de l’Economie maritime. Ce quai de pêche moderne devrait être réceptionné en mi-juillet, précise Marc Emilien Coly, le chef du Service départemental des pêches et de la surveillance de Mbour. Un autre quai de pêche avec les mêmes caractéristiques techniques est en construction à Ngaparou, selon Alioune Ndiaye, l’ingénieur en charge de la coordination des travaux. Les deux infrastructures ont coûté 413 millions de FCfa.

Valorisation des produits de mer
A Pointe Sarène, ce quai de pêche, une fois fonctionnelle, permettra une meilleure valorisation des produits de la mer et contribuera à l’amélioration des conditions d’hygiène et de salubrité et donc de la qualité des produits. En effet, dans la plupart des quais de pêche, en dehors de ceux de Joal et de Mbour, les conditions de débarquement, de conservation et d’acheminement des ressources respectent peu les normes d’hygiène et ne permettent pas d’avoir des certifications pour leur exportation dans la zone de l’Union européenne et au Japon. « Avec ces deux nouveaux quais, les débarquements se feront désormais dans des conditions d’hygiène, de qualité réglementaire et acceptable. Cela facilitera la certification et la traçabilité des produits. Pour exporter un produit vers le marché européen, il faut qu’il soit débarqué dans un quai agréé. C’est pourquoi l’Etat est en train de multiplier les quais agréés au niveau national », explique M. Ndong. Ces deux quais serviront de modèles et pourront accueillir les captures des pêcheurs dont les ports d’attache ne disposent pas de quais de pêche.

Profiter du marché japonais
Pour Mbaye Sarr, coordonnateur du Conseil local de pêche artisanale (Clpa) de Sindian Sud qui regroupe des localités de Mbaling, Warang, Nianing et Pointe Sarène, il ne fait aucun doute que le projet Procoval, à travers ses différentes composantes, contribuera à augmenter les revenus des pêcheurs. « Avec ce projet, notre slogan, c’est pêcher moins, gagner plus. Ici, plus de 75% de la population vivent de la pêche et avec la rareté de la ressource, on ne peut plus pêcher comme auparavant. Il faut s’adapter et changer de pratique. C’est toute l’importance du Procoval », dit-il.

Dans ce quai de pêche, le développement de la chaîne de valeur du poulpe aura toute son importance car le marché japonais où cette espèce est exportée, est très exigeante en qualité. A l’instar du Maroc et de la Mauritanie qui ont gagné des parts de marchés importantes au pays du Soleil Levant, le Sénégal devrait en profiter, estime Marc Emilien Coly. « Il y a quelques temps, les pêcheurs ne s’intéressaient pas à la pêche du poulpe. Mais avec le marché japonais, ils s’y intéressent davantage parce qu’il rapporte beaucoup d’argent. Ils peuvent gagner plus mais faudrait-il que les conditions d’hygiène et de conditionnement de ce produit soient améliorées. D’où l’importance d’avoir ces quais », souligne-t-il.

Le département de Mbour est une des zones du Sénégal où la pêche est très dynamique. On y capture jusqu’à 10.000 tonnes de produits de la mer par mois, soit 42% des débarquements à l’échelle nationale, selon le chef du Service départemental des pêches et de la surveillance.

Elhadji Ibrahima THIAM


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