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L’Etat recouvre 17 milliards de FCfa sur Karim Wade

Selon un communiqué de la présidence de la République reçu hier, les quatre avocats de l’Etat, déroulant la chronologie des faits devant les journalistes, durant deux tours d’horloge, « ont été brillants et clairs». Ils ont peint l’affaire Karim Wade de « gigantesque hold-up mafieux organisé par un ancien ministre sénégalais ».

Le communiqué note qu’au cours de leur face à face avec la presse nationale et internationale basée à Paris, les avocats de l’Etat du Sénégal ont insisté sur « ce gigantesque hold-up mafieux organisé par un ministre sénégalais qui s’est servi de sa position et de celle de son père pour détourner, à son profit, l’argent appartenant aux citoyens sénégalais ; des sommes colossales qui auraient pu servir à créer des unités de soin, des écoles, etc. ».

Ainsi, des chiffres de ce détournement des biens publics de l’Etat ont été donnés et les montants déjà recouvrés en France sont estimés à plus de 17 milliards de FCfa, soit 27 millions d’euros. En plus, les avocats ont remis un dossier de presse dans lequel figuraient les photos de l’Eden Roc, ainsi que les procès-verbaux, les commissions rogatoires, les relevés de comptes bancaires et les transferts de fonds. Les journalistes ont beaucoup étudié le contenu des dossiers de presse.

Prenant la parole, Me William Bourdon a affirmé : « Nous parlons ici de hold-up mafieux d’un délinquant qui a volé des milliards de FCfa ». Me Bourdon ajoute : « on parle ici d’un voleur qui a trompé le monde médiatique par une désinformation sans précédent ». « Cela a failli être un braquage parfait », a-t-il estimé, mettant en avant « l’habileté de Karim Wade et de ses mandataires à utiliser les instruments financiers les plus complexes ». « Nous avons bon espoir de remettre la main sur une bonne partie du magot », a-t-il ajouté. Pour l’avocat qui a reconnu qu’ils n’ont jamais communiqué sur cette affaire, « il était temps et le Sénégal peut s’honorer d’avoir mené à bien ce procès pour corruption organisée. C’est une grande première en Afrique, le procès d’un dirigeant africain sur le sol africain. C’est une grande avancée démocratique à laquelle je suis fier d’avoir participé ».

Bonne gouvernance

De son côté, le bâtonnier Moussa Félix Sow a tenu un discours sur le thème de la bonne gouvernance qui est désormais en vigueur au Sénégal. Alors que Me Simon Ndiaye  a souligné que « les magistrats sénégalais avaient travaillé en toute indépendance dans un temps très court, en toute transparence ». Il a ajouté qu’en tant que Sénégalais, il était « très fier d’avoir aidé à mettre en lumière une corruption organisée par un homme, Karim Wade, qui était censé servir l’Etat et qui, au contraire, s’est servi de l’Etat à son profit personnel ». Antoine Diome s’est chargé, quant à lui, de donner les montant précis, preuves à l’appui et avec beaucoup d’humour : « En France vous aviez le fils de… que l’on avait surnommé « papa m’a dit », au Sénégal nous avons eu le fils de… que l’on a surnommé « papa m’a donné » ». Il a révélé que 24 comptes bancaires logés à Monaco, totalisant onze millions d’euros, ont été bloqués et d’autres biens immobiliers font l’objet d’une procédure de saisie, notamment deux appartements dans le XVIe arrondissement de Paris. Karim Wade, fils de l’ancien président (2000-2012) Abdoulaye Wade, a été condamné en mars par la justice sénégalaise à 6 ans de prison et à plus de 210 millions d’euros d’amende par la Crei. Il était accusé d’avoir illégalement acquis un patrimoine estimé à 178 millions d’euros (sociétés au Sénégal et à l’étranger, comptes bancaires, propriétés immobilières, voitures…).

M. S. DIAKHATE

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