Senejournal - Toute l'actualité du Sénégal

THEATRE : Xaar Yalla, les réalités sociales mises à nu

Dès samedi, le Marché des arts et du spectacle africain (Masa) ouvrira ses portes dans la capitale ivoirienne. Dans la catégorie théâtre, les comédiens de la plateforme Fotti représentent le Sénégal avec la pièce Xaar Yalla (En attendant Dieu) créée par le défunt comédien et metteur en scène Younouss Diallo et le rwandais Dorcy Rugamba. Les jeunes acteurs espèrent revenir au pays avec un prix. En prélude à ce voyage, les comédiens ont restitué devant le public du Grand Théâtre de Dakar la nouvelle formule de Xaar Yalla en compagnie de Dorcy Rugamba. Résolument engagée, la pièce est un concentré de sujets de société qui interpellent plus d’un.

Sur une scène au décor sobre et selon le sujet traité, les acteurs passent un à un pour égrener leurs problèmes du quotidien. Les scènes se passent dans le quartier Khar Yalla de Dakar. Tous les habitants semblent se connaitre. Chacun avec son lot de difficultés. C’est le jeune Kroutchev qui est le maillon principal dans Xaar Yalla. Il est victime d’une curieuse tradition de la société sénégalaise. Alors qu’il est sans un sou, il tient à sacrifier un bélier pour célébrer la naissance de son fils. Cette quête du bélier va l’emmener vers d’autres jeunes comme lui, qui eux aussi subissent le poids de la société, sans toutefois avoir la force de changer les choses. Quand l’un d’entre eux accuse un Occidental d’être la source de tous leurs maux, ce dernier lui rétorque qu’il sert un discours post colonial. Malgré le ton sévère qu’emprunte la pièce, les monologues et certains dialogues sont ponctués d’humour.

Pour le metteur en scène rwandais Dorcy Rugamba qui porte désormais seul le projet Xaar Yalla, «c’est une pièce qui parle de la jeunesse sénégalaise partagée entre espoir et les illusions. Elle se cherche, raison pour laquelle la pièce s’appelle Xaar Yalla. Ce sont des gens qui attendent une divine providence, entre eux, il y a aussi pas mal de trahison, c’est une image symbolique pas seulement de la jeunesse dakaroise, mais de la société en générale».

Pour le Rwandais, le fait d’être sélectionné au Masa est un signe et prouve que la pièce est de qualité pour un festival recevant des productions de l’Afrique et sa diaspora. «Je crois qu’elle a toutes ses chances par rapport aux autres productions», pronostique-t-il.

Dans la nouvelle formule de la pièce, le rappeur Didier Awadi y est introduit. Une manière d’apporter, selon Rugamba un souffle urbain et musical. Le rappeur se joint aux acteurs pour des moments musicaux partagés, agrémentés de quelques scènes. Cette séquence renvoie à une autre pièce théâtrale burkinabé Nuit blanche à Ouagadougou de Serge-Aimé Coulibaly dans cette mise en scène avec le rappeur Smokey présentée au dernier Récréatrâles de Ouagadougou en octobre 2014. 

Scheina ADAYA

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.