Immigration : Djibril a vécu l’enfer de la pirogue

Djibril est guide dans la ville de Saint-Louis, au Nord du Sénégal. Il y a huit mois, ce jeune homme a tenté la traversée clandestine vers les Iles Canaries, porte d’entrée vers l’Europe pour des milliers de Sénégalais.

«Ma mère a vendu tous ses bijoux en or pour me payer le voyage», raconte-t-il.

Djibril a déboursé 300 000 francs Cfa pour monter dans une pirogue, soit une année de salaire pour un ouvrier.

«La pirogue est partie du quartier de pêcheurs de la langue de Barbarie, à Saint-Louis. Nous étions 60 personnes entassées dans une barque qui transporte habituellement dix pêcheurs. Après deux jours en mer, nous sommes tombés en panne d’essence. Nous avons dérivé pendant trois jours. Il y a eu quinze morts de déshydratation, que nous avons jetés à la mer», témoigne le guide, visiblement choqué.

«Au fur et à mesure que l’on dérivait, on voyait d’autres corps en mer, venant d’autres pirogues.»

Après cinq jours, la police marocaine intercepte les clandestins.

«J’ai été rapatrié au Sénégal. J’ai tout perdu dans cette histoire.»

Quand on lui demande pourquoi il a agi de la sorte, alors qu’il possède un travail intéressant au Sénégal, il répond:

«Il y a peu de touristes ici, et je dois faire vivre ma famille. Partir est la seule issue.»

 

 

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