MUSIQUE – Sortie de l’album «Lyricistes» : Rencontre lyrique entre le rap et le slam

Les membres du duo Ceptikalif viennent de lancer leur nouvel album. «Lyricistes» est un condensé de 17 sons que ses auteurs veulent fédérateurs.

Le verbe d’abord. Les membres du duo Ceptikalif en ont fait une maxime qui sous-tend toute la philosophie de leur nouvel album. Lyricistes, leur album de 17 titres et qui a été lancé hier, est le résultat d’une expérience cumulée de 40 ans que les deux artistes ont mis en commun dans le cadre de ce projet. «On avait un challenge, c’est faire un album moitié français moitié wolof, mais aussi concilier le rap et le slam», explique Kalif. L’ancien du groupe Under­shifaay souligne que «l’essence du projet c’est de fédérer». Pour Ceptik qui est un des fondateurs du collectif «Vendredi slam», cet album s’attache avant tout à «conscientiser». Il indique : «Nous sommes beaucoup dans la conscientisation, l’élévation et la spiritualité». Et il prévient qu’il ne faut pas s’attendre à des rythmes et de la danse dans cet album.


Lyricistes est ainsi un dialogue entre deux puristes, nostalgiques des beaux textes qui ont fait la réputation du rap sénégalais à ses débuts. «L’écriture est très importante, mais le message est relayé au second plan maintenant», se désole Kalif. D’ailleurs, celui-ci est reconnu pour la teneur de ses lyrics. Dans son premier album Taaru mbind, il invitait ses pairs à rehausser le niveau des productions aussi bien dans le fond que dans la forme. Avec cette collaboration, les écrits sont au centre du projet. Les deux artistes viennent en effet d’univers différents, le rap pour l’un et le slam pour l’autre, mais restent parallèles et complémentaires. «Nous avons pas mal de ressemblances dans nos façons d’écrire», souligne Ceptik, tandis que Kalif explique que la ligne directrice pour naviguer du français au wolof, voire au pulaar, reste la logique. Aux côtés des deux artistes, de grands noms du rap, comme Kanibal, Dj Leuz ou Nitdoff ont participé à l’album.


Depuis deux ans qu’ils collaborent à cet album, Ceptik et Kalif en ont profité pour repenser les façons de faire. L’album est vendu en Cd digipak et en e-album. Pour sa première semaine, il n’est disponible que sur la plateforme Musik bi avant d’intégrer près de 250 plateformes digitales dans le monde. L’album se présente ainsi sous la forme d’une carte à gratter. C’est ce code fourni par le distributeur qui permet de télécharger l’album sur le site de streaming. Selon Pape Moussa Ndiaye de Musik Bi, ce type de service a déjà fait ses preuves avec d’autres musiciens comme Dip Doundou Guiss. «Nous sommes des distributeurs, mais pour avoir quelque chose à distribuer, il faut accompagner les artistes. Nous essayons de les aider au maximum pour au final mettre en place une chaîne de distribution», explique le promoteur de Musik Bi.


Cette façon 2.0 de penser l’économie de la musique n’exclut pas la mode non plus. Ainsi, la marque Cova accompagne le projet avec des produits dédiés. Pape Moussa Ndiaye est convaincu que c’est ce qui va participer à développer l’écosystème de la musique au Sénégal. Lyricistes n’est pas seulement un album. C’est un projet plus vaste dont les prochains jalons seront des concerts à Dakar, mais aussi des ateliers d’écriture en direction des jeunes dans le pays et la sous-région.


mamewoury@lequotidien.sn


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