Ouza Diallo tire sur les politiques, les marabouts, les griots…

«L’heure est grave. Le Sénégal est sens dessus dessous et les responsabilités sont partagées entre les politiciens, les marabouts, les griots.» Ouza Diallo fait ce constat dans un entretien accordé au journal La Cloche.

L’artiste-compositeur déplore «le niveau des débats des politiciens à la radio ou à la télévision».

«J’ai quelque fois honte si je ne suis pas hors de moi. Il n’y a pas d’élégance dans leurs discussions et pas plus d’intelligence dans leurs échanges, pointe-t-il. S’ils ne s’injurient pas, à la limite, ils versent dans les humiliations personnelles ou des attaques honteuses contre le camp adverse. Leurs discours sont souvent vides de sens et leurs interventions ne sont pas constructives.»

Ouza n’a pas manqué d’égratigner le camp présidentiel. Sa cible : l’entourage du chef de l’État, «surtout ses jeunes camarades» : «Il suffit qu’une personne dise le contraire de ce que croit Macky ou l’Apr pour les voir partout en train de répondre ou donner des leçons. Et, le plus souvent de façon maladroite, discourtoise et quelque fois choquante. Non, ce n’est pas cela la politique.»

Certains chefs religieux en ont pris pour leur grade. «On n’a presque plus des régulateurs sociaux. Les descendants (des fondateurs des confréries au Sénégal) ne soutiennent plus le travail de leurs aïeux, ils se servent de leur aura. Non, cela n’est pas l’attitude d’un homme de Dieu.»

Certains griots n’ont pas été épargnés dans le sévère réquisitoire d’Ouza. «La génération actuelle de jeunes griots a même oublié la noblesse de sa fonction dans la société. Les griots étaient des conseillers de la Cour, des musiciens, des chanteurs de louanges et même des conteurs. (Mais ceux) d’aujourd’hui ont failli à leur responsabilité. La majeure partie ne veut rien apprendre ni comprendre. La seule chose qui les intéresse, c’est les émoluments provenant des élus.»

Seule la Première dame trouve grâce aux yeux d’Ouza : «Voilà une dame qui ne s’accommode pas de protocole à la toubab. Non, elle est naturellement sénégalaise et, avec fierté, le montre. Voilà pourquoi, elle est à l’aise partout. Je la considère comme la plus grande Première dame du Sénégal. Marième Faye Sall est riche d’elle-même, elle est une aubaine pour le président de la République.»


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