SCANDALE DES AUDIENCES FICTIVES À LA COUR D’APPEL : Les derniers aveux de Amadou Lamine Diagne

Renvoyé devant le tribunal correctionnel dans l’affaire dite des audiences fictives, Amadou Lamine Diagne a encore fait de terribles aveux devant le magistrat instructeur.

SCANDALE DES AUDIENCES FICTIVES À LA COUR D’APPEL : Les derniers aveux de Amadou Lamine Diagne

Libération révélait que Amadou Lamine Diagne avait été renvoyé devant le tribunal correctionnel dans le cadre de l’affaire dite des audiences fictives. Il n’est pas le seul agent de la Justice à être impliqué dans ce sordide scandale.
Selon nos informations, un autre agent en service au Palais de Justice était aussi impliqué dans le scandale.
Commis d’administration de son état, Habibatou Gaye a été renvoyée en jugement à l’image de Amadou Lamine Mbaye. Et ce, au même titre que Issakha Lakhoune, Moussa Ndiaye – les deux intermédiaires – Aliou Tall, Sarotte Sow, Jacinta Anéne et Ndèye Sokhna Samba.
Par contre, le doyen des juges a décerné un non-lieu en faveur de Lala Boundaw Ndiaye, Diarra Sène et Aïssata Dianké Kanté. Amadou Lamine Mbaye, qui avait fait déjà des aveux lors de l’enquête préliminaire a encore « pris ses responsabilités » devant le magistrat instructeur en se livrant, une fois de plus, à une grande confession.
Il a tout reconnu, sauf l’établissement d’ordres de mise en liberté, avouant qu’il procédait à l’enrôlement des affaires sur la base des dates retenues par le Procureur général prés ladite Cour et à l’envoi des « avertissements à prévenu » (ndlr, acte de procédure par lequel le ministère public informe la personne poursuivie de la date à laquelle sa cause sera appelée) pour les détenus et des citations pour les parties civiles et les prévenus non détenus.
Pire, le mise en cause présumé ajoutait que ces avertissements étaient envoyés via les adresses e-mail des Maisons d’arrêt et de correction du Sénégal. Il s’occupait de l’envoi, à la cave, des co- pies des feuilles d’audiences déjà remplies et signées par l’Avocat général audiencier dont il apposait les cachets sur lesdits documents.
L’inculpé a soutenu en outre que pour donner à ses actes une apparence d’authenticité, il utilisait les signatures de trois avocats généraux partis à la retraite, étant entendu que ces signatures étaient enregistrées par les informaticiens dans les ordinateurs du parquet général. Aussi, avec les références des dossiers fournis par les parents de détenus par l’intermédiaire de Issakha Lakhoune et Moussa Ndiaye, il s’activait pour les pour les « libérer ». Amadou Lamine Diagne confesse avoir libéré une quinzaine de détenus sur la base de faux documents et une dizaine à la suite de ses interventions auprès de présidents de chambre.
Pour les détenus ayant régulièrement interjeté appel et dont il avait réussi à obtenir frauduleusement la libération, Diagne déclare que si l’affaire était retenue à l’audience réelle, il ne transmettait pas de résultat, quel qu’il soit à la Maison d’arrêt et de correction.
Enfin, il précise agir pour les dossiers dans lesquels il n’y avait pas de constitution de partie civile et pour lesquels les peines étaient inférieures ou égales à deux ans.
Quant à Habibou Gaye, il a contesté les faits, reconnaissant juste que Aliou Tall l’avait mis en 
rapport avec Modou Diouf dont le dossier avait été transmis au Parquet général en lui envoyant la somme de 50.000 FCFA à titre de « cadeau » offert pendant le mois de Ramadan et à cet instant le dossier était encore au tribunal de Grande instance de Dakar où il n’a interpellé personne pour une quelconque diligence.
Aliou Tall a pour sa part reconnu seulement l’acte matériel de recevoir la somme de 100.000 FCFA de la part de Founé Ndiaye à titre de récompense pour des diligences effectuées pour retrouver un acte d’appel établi au nom de Mamadou Diouf ; et il a ajouté avoir partagé la somme avec Habibatou Gaye en raison de 50.000 FCFA chacun.
Mais voilà, à titre de témoignage, Ramatoulaye N., secrétaire au Parquet général de la Cour d’appel de Dakar soutenait que Habibatou Gaye l’avait plusieurs fois sollicitée pour qu’elle intervienne auprès de magistrat pour un dossier concernant Pape Mor Kandji. Ce qu’elle n’a jamais fait pour des raisons de prudence.
Les deux intermédiaires sont aussi passés à table face au magistrat instructeur. Issakha Lakhoune déclarait avoir connu Amadou Lamine Diagne pour l’avoir aidé à faire libérer un détenu à la Maison d’arrêt et de correction de Mbour.
C’est ensuite qu’il l’avait mis en rapport avec les parents d’un détenu du nom de Samba Diallo pour la libération de ce dernier qu’il a obtenu en échange de 225.000 FCFA.
De son côté, Moussa Ndiaye confiait avoir reçu 300.000 FCFA remise à Amadou Lamine Diagne pour la libération de détenus.
 


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